novembre 27, 2009

L’Eau par Serge Lutens

 

Portrait Serge Luten Cette fois-ci, Serge Lutens ne nous attendait pas au Palais Royal. Il avait à nous raconter une histoire, ailleurs et autrement. Une histoire d’eau pour nous déboucher les narines, polluées par un univers trop parfumé. Serge Lutens avait donc choisi de nous recevoir au “15, square de Vergennes” à Paris XV, dans l’atelier Barillet construit en 1932 pour le maître verrier Louis Barillet, par l’architecte Rob Mallet Stevens. Ce bâtiment industriel, magnifique témoin du style  “Art Déco”, graphique, épuré et d’une lumière résolument moderne fut le cadre parfait pour présenter cette nouvelle rupture, voulue par Serge Lutens. De même que les vitraux blancs inventés par le maître-verrier fut un tournant dans la profession,  l’anti-parfum de Serge Lutens est ce qu’il faut pour oxygéner notre monde, prendre l’histoire de la parfumerie a contrario. Une manière d’être et de vivre, à laquelle Serge Lutens nous a habitués.

Portrait Serge Lutens Souvenez-vous : Nombre Noir, inspiré par l’armoire à poisons de Catherine de Médicis, tordait le cou en habits noirs de la tête aux pieds aux présentations tapageuses et criardes, trop dorées, trop sophistiquées des parfums des années 80.  De même, Féminité du Bois en 1992 balayait les “soupes populaires” des années 90. Depuis, les Salons du Palais Royal continuent de décliner une parfumerie à matières, propre à Serge Lutens, à laquelle il croit et avec laquelle il s’amuse à nous enchanter sur d’autres rives olfactives. L’idée a fait bien des petits chez les voisins… ” L’inceste n’était plus possible” dit Serge Lutens, qui décide de s’imposer une nouvelle rupture, par rapport à lui-même.

L'eau Serge Lutens Cet anti-parfum, qui fait appel aussi à la mémoire, Serge Lutens l’a commencé il y a 15 ans, peu de temps après Ambre Sultan. Il est un frisson, un sommeil parfait, une chemise propre, une page blanche qui s’envole vers l’avenir. Il s’appelle L’Eau, comme “le chat s’appelle le chat!”. Cette eau est une réaction , afin de trancher avec la fausse odeur qui règne partout. Davantage qu’une eau de Cologne qui se contente, avec bienfaits, de nous rafraîchir, l’Eau de Lutens donne une impression de netteté qui poursuit l’après-bain et le confort donné par le linge frais.  D’une ténacité remarquable, elle est “le savon le plus cher du monde”, s’amuse à dire Serge Lutens,  qui revendique l’odeur de la “crasse”, derrière celle de la somptuosité des soieries damassées et des manteaux d’hermine. Cette histoire culturelle toute française le ramène aux Rois et Reines de France, qui le font rêver et qui s’ imposèrent dans toute sa parfumerie.

L'Eau Serge Lutens Après ce frisson royal, il revient à la partie propre de la parfumerie. Un parfum blanc comme la neige, un duvet d’oie, une alcôve qui protège le sommeil du Dauphin de France. L’Eau de Lutens, comme toutes ses oeuvres précédentes, reste un parfum d’accords. On est fouetté par quelques zestes d’agrumes qui passent, en volant vite. On s’enfonce dans l’épaisseur des pétales propres du magnolia, qui nous offrent le côté paraffine de la fleur. La sauge salvatrice nous offre les vapeurs propres d’un linge blanc. Reste cette sensation spatiale, pure, diffusante et lumineuse qui s’enfonce dans la peau. Une empreinte oxygénée, qui touche à la notion du plaisir et du luxe : “Le luxe qu’on s’accorde ne peut être qu’à la première personne. Je dirais que la propreté est le départ du luxe. Porteriez-vous des bijoux sales ?” plaisante Serge Lutens. Alors, vite un peu d’Eau de Lutens pour créer cette saine rupture, entre la crasse royale française et la fraîcheur de l’oreiller du Dauphin.

novembre 20, 2009

Exposition Brigitte Bardot jusqu’au 31 janvier 2010

affiche BB Brigitte Bardot portait dans sa jeunesse “L’Heure Bleue “de Guerlain ! Un détail qui ne m’a pas échappé et que nous révèle la magnifique autant qu’ émouvante exposition Brigitte Bardot “Les années insouciance”, qui se tient actuellement à l’Espace Landowski à Boulogne Billancourt jusqu’au 31 janvier. Organisée et mise en scène par Henry-Jean Servat, écrivain – journaliste et grand ami de l’actrice, elle est plus qu’ une exposition, c’est un hommage à une figure de légende autant qu’ une page vivante d’Histoire de France.

289843-henri-jean-servat-a-l-exposition-637x0-3L’exposition s’ouvre en plongeant dans la folie Bardot, où l’on revit l’hystérie que déchaina la star, les drames et les élans de passion, les polémiques et les censures : entre “bardolâtrie” et “bardot-phobie”, nos premiers pas sont une immersion dans le phénomène Bardot. Le constraste entre sa vie et son époque est d’autant plus fort, que l’on revoit la France de René Coty austère et conservatrice, dans laquelle grandit la jeune BB. Sa jeunesse est évoquée par des objets personnels et documents de la collection familiale. “Cette sacrée gamine” reçoit une éducation stricte et bourgeoise et aime à la passion la danse et la mode. Les premières photos dans le magazine Elle qui la révèle et sa chambre de jeune-fille reconstituée et parfumée nous la montrent charmante, fraîche et châtain clair !

03925511brigittebardotposters En 1950, elle rencontre l’assistant de Marc Allégret, Roger Vadim, qu’elle épouse en 1952 et ce sera le choc de Et Dieu créa la femme. Devenue lumineusement blonde, elle incarne Juliette Hardy que Vadim définissait ainsi : “Je voulais à travers Brigitte, restituer le climat d’une époque. Juliette est une fille de son temps, qui s’est affranchie de tout sentiment de culpabilité, de tout tabou imposé par la société et dont la sexualité est entièrement libre.” Ce fut exactement aussi la vie de Brigitte Bardot, qui fit voler en éclats le corset de la société de son époque. Comme le dit Henry-Jean Servat : “Brigitte Bardot n’est pas convenable. Elle ne l’a jamais été (…) elle ne s’en soucia comme d’une guigne et choisit de vivre pieds nus en portant des carreaux Vichy”  L’ exposition met magnifiquement en lumière la vie libre et sans contraintes qu’ elle a toujours  choisie. On y comprend l’explosion médiatique sans précédent, au travers de  l’assaut incessant de journalistes et de photographes autour de la star. On évoque ses conquêtes : ses quatre maris, nombreux amants, multiples amis qui font de BB un Dom Juan au féminin ! On y voit la Madrague, qui devint grâce à Brigitte Bardot un endroit de légende. On revoit ses innombrables films, émissions de télévision et campagnes de publicité pour lesquelles elle a posé. On l’admire en train de danser : danseuse classique ou danseuse sauvage, Bardot évolue avec tant de grâce et de sensualité. Elle chante plus de 80 chansons, dont celles écrites par Serge Gainsbourg, elle joue de la guitare qui la suit sur tous ses tournages de films ou chevauche une Harley Davidson. Ses talents sont uniques et multiples.

 2Brigitte Bardot instaure la BB attitude : une moue ravageuse, les pieds nus et les yeux étirés d’eye liner noir, une cascade de cheveux blonds, souvent rassemblés en choucroute. Une allure qui devint un style : un corsaire avec des ballerines Repetto, la taille marquée et les jupes crayons, le bikini et le vichy. On a toutes quelque chose de Bardot ou on rêve de l’avoir ! Véritable icône de mode et symbole de la féminité, elle inspira et continue d’inspirer les grands couturiers, les jeunes filles de l’époque,  les actrices et les mannequins. En 1970, elle devient la Marianne et représente la France dans toutes les mairies, par un buste sculpté par Gourdon Aslan.

En 1962, elle entame son premier combat pour défendre les animaux en dénonçant publiquement les méthodes d’abattage des animaux de boucherie. En 1968, BB crée sa fondation à Saint-Tropez. En juin 1987, pour obtenir les 3 millions de francs exigés par la législation française, elle vend aux enchères objets, bijoux et effets personnels. Reconnue d’utilité publique par le Conseil d’état depuis 1992, la Fondation Brigitte Bardot rassemble aujourd’hui 60.000 donateurs de plus de 20 pays. Loin d’être une pause de petite fille gâtée ou de femme illuminée, l’engagement de BB pour la cause animale est le révélateur de cette personnalité entière, qui aime et respecte depuis l’enfance les animaux. Ils représentent pour elle à la fois la paix et le refuge. Elle l’exprime avec sincérité en préface du catalogue qui est consacré à l’exposition : “Et puis un jour, j’ai quitté ce monde, comme on quitte un amant avant qu’il ne vous quitte ! et j’ai donné le meilleur de moi-même, mon expérience, ma célébrité, ma fortune et surtout mon amour aux animaux.”

BB Brigitte Bardot a inspiré et illuminé son époque. Elle, dont Jean Cocteau disait : “Elle vit comme tout le monde en n’étant comme personne.”, a été photographiée et immortalisée par les plus grands artistes de son temps. Bien plus qu’une icône ou qu’une légende vivante, elle est un mythe,  incarnant dans un corps sublime les forces invisibles et les désirs de son temps. De son vivant, elle est entrée dans l’éternité ! Ne vous privez surtout pas de ce beau moment en sa compagnie !

Lire aussi : Henry-Jean Servat : “Bardot, la légende”. Ed. Hors Collection, septembre 2009

novembre 15, 2009

J’Adore de Dior a 10 ans !

j'adore pub « La nef où elle se tenait, comme un trône bruni, brûlait sur les eaux ; la poupe était d’or battu ; pourpre les voiles, et si parfumées que les vents en défaillaient d’amour. » (William Shakespeare)

 

Il en est des parfums comme des êtres, certains ont la vocation du bonheur. Créé en 1999, J’adore est un parfum joyeux qui a l’odeur de l’allégresse. Le bouquet floral est le genre idéal pour incarner la féminité irradiante et heureuse, cette déesse moderne au teint d’or et à la chevelure dénouée dont le corps souple ondule avec charme. Le premier grand floral du siècle à la fois très fleuri, très fruité et très musqué brille des notes de tête aux notes de fond. En 2008, il est n°2 des meilleures ventes de parfums féminins. Il se taille la même année  une robe du soir ou plutôt un absolu et une concrète. François Demachy, le parfumeur-créateur de Dior a ciselé cet accord lumineux pour mieux révéler de nouvelles intensités florales et susciter des variations dans la gestuelle du parfumage.

Par cette eau de Parfum infiniment raffinée, J’Adore incarne le triomphe de la Haute Parfumerie, qui sait exprimer la noblesse des matières premières d’exception et qui s’appuie sur une expertise séculaire, celle de l’extraction, découverte au cours du XIXème siècle. De cette précieuse matière, aux allures de cire odorante et que l’on appelle la concrète, le parfumeur obtient une substance liquide, l’absolu. Cette expertise ne fait pas que s’apprendre, elle se vit au cœur de la fleur et au flair du parfumeur. François Demachy, enfant de Grasse, connaît bien ce procédé qui a fait la réputation de sa ville et il a choisi de mettre en avant quatre fleurs, parmi les matières premières les plus nobles de la parfumerie : l’Ylang-Ylang, la Rose Turque, le Jasmin Sambac et la Tubéreuse.

Dans l’Absolu de J’adore, François Demachy exalte le cœur précieux des fleurs. Plus riche et moins volatil que l’essence, l’absolu capte la facette la plus secrète et insoupçonnée de la fleur. Ainsi, le jasmin Sambac révèle son double visage : délicat à la manière de la fleur d’oranger mais aussi sauvage et animal. La tubéreuse délivre la senteur voluptueuse et enivrante de sa note fruitée. L’Ylang-Ylang exprime son visage tropical dans la beauté de son composant épicé, si rare dans l’univers floral. Quant à la reine des fleurs, la rose turque, elle vibre en rondeur d’un piquant irrésistible.

p_j-adore-de-dior-le-parfum_2869 Pour habiller et parer de mille feux ce parfum, le flacon est fidèle à la tradition Dior et a les allures de l’amphore, taillée chez Baccarat. Le col, comme un cou de femme, est paré d’or. Une inspiration qui fut tirée de la Collection Couture Massaï de John Galliano. Le flacon de l’Absolu est coiffé d’ un or légèrement rouge, afin d’exprimer la quintessence de la fragrance. Une gestuelle nouvelle est également introduite en 2008 avec le boîtier précieux, qui renferme la concrète et qui invite à un rituel délicat, nomade et contemporain.  J’Adore n’est-il pas comme une femme : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre ?

octobre 19, 2009

Vanessa Paradis : le nouveau visage du Rouge à Lèvres Chanel

 image Déjà en 1992, Vanessa Paradis avait joué pour Chanel un conte moderne, filmé par Jean-Paul Goude, illustrant leur parfum Coco. C’était l’histoire d’un petit oiseau et d’un gros chat, un soir d’orage, dans une suite du Ritz. L’oiseau sifflait gaiement dans sa cage dorée. Allongé sur la table, le chat le regardait avec convoitise. Le frêle oiseau avait les traits, l’ovale lumineux, les yeux verts et la fraîcheur de Vanessa. Dehors l’orage grondait et on entendait “Stormy Weather…”. Vanessa Paradis, en collant de danseuse, se balançait à 15 m du sol. Pour aucune de ces scènes périlleuses elle n’avait voulu être doublée. Les Français avaient découvert la publicité, sur leur écran, après ce fût les Américains, puis le monde entier.

Vanessa Paradis déclarait alors :

Le temps passait comme dans un rêve, à tout observer, à m’intégrer de l’esprit de Coco Chanel qui représente pour moi un mythe aussi fort que celui de Marilyn Monroe ou James Dean” .

En 2003, elle est l’égérie des sacs Cambon, devant l’objectif de Karl Lagerfeld.

En 2010, “Pou, pou pi dou”  elle envoie des baisers … signés CHANEL !

octobre 14, 2009

Les Heures de Parfum chez Cartier

Cartier 2 Une heure chez Cartier n’est pas seulement celle de la journée. Elle est surtout celle de la vie. Elle rôde délicieusement, se goûte, se sent et se respire et devient sous le nez de Mathilde Laurent un parfum, ou plutôt la nouvelle collection de parfums chez Cartier. “La seule heure qui compte, nous dit-elle c’est celle de la vie !”. C’est pour cela que “Les Heures de Parfum”  se vivent comme autant de manifestes. Elles sont l’émanation d’une Maison mais aussi une manière de raconter une histoire dans sa totalité, plutôt que seulement dans un épisode. Elles offrent la possibilité à chacun de nous de se retrouver dans sa vie, comme autant de points sur un plan imaginaire. A chaque heure son parfum, à chaque instant son émotion et son souvenir, sa mémoire olfactive. Mathilde Laurent cite alors Marcel Proust :

Une heure n’est pas une heure,

C’est un vase rempli de parfums,

de sons, de projets  et de climats

Les cinq premiers parfums de cette collection sont cinq oeuvres, qui composent une véritable exposition de l’art du parfum. Ils appartiennent à cinq registres olfactifs différents et expriment à leur manière une recherche esthétique moderne et concise, au mépris des codes imposés. Mathilde Laurent aime la diversité, peu lui importe le genre ou la famille olfactive, au sens académique du terme. Elle travaille dans l’instinct, sans shéma strict mais avec l’envie chevillée au corps de rendre au parfum le premier rôle. Mathilde est comme cela, authentique et sincère, libre mais artiste engagée dans l’amour du beau olfactif. Elle pense la haute – parfumerie comme un laboratoire d’essai de la création, sur – dosant les matériaux nobles, osant de nouveaux accords, bousculant les codes, variant les plaisirs. Mathilde Laurent chasse la monotonie par des parfums architecturés et participe à l’abolition des soupes et autres purées olfactives, qui trompent notre sens olfactif et nous font oublier qu’un parfum doit être avant tout cet “acte de pensée poétique” (Edmond Roudnitska)

Cartier 1 Les flacons de verre, qui renferment ces sillages (eaux de toilette ou de parfum) sont à l’image de la Maison Cartier : purs, transparents, droits sans rigidité. Sur la surface plane, est gravé le chiffre romain qui nous donne l’heure. Pas d’étiquette, juste un titre inscrit en bas du flacon, comme celui d’un tome d’une belle histoire. Une épure qui signe le temps et vous indique la possibilité d’un sillage.Devant les mots de Mathilde Laurent, je préfère m’effacer pour vous les livrer. Ils vous racontent chaque parfum. A vous d’ouvrir le flacon pour les sentir et vivre l’ivresse !

I- L’Heure Promise : “L’Heure Promise ou l’heure des anges, car dans la réalité, es anges sentent vraiment comme ça.” M.L. (petit grain, herbes fraîches, iris, santal et notes musquées)

VI- L’Heure Brillante : “L’heure néon, l’heure fluorescente, qui survolte, qui exalte tous ceux en qui elle s’engouffre” M.L. (citron, linette, notes gin, aldéhydes)

X- L’Heure Folle : “La nature comme je l’aime, folle, bucolique, échevelée, bruissante, buissonnante et bourgeonnante de fruits qui ne me mûriront jamais” M.L. (groseille, baies roses, myrtilles, cassis, mûre, violette, notes de feuilles, lierre, buis, shiso, aldéhydes, polygonum)

XII – L’Heure Mystérieuse : “L’Heure Mystérieuse, une invitation au secret, une odeur de chuchotement” M.L. (jasmin, patchouli, élémi, coriandre, encens, oliban, cade)

XIII- La Treizième Heure : “Par fumée, j’entends parfum. La fumée comme une fascination, à porter comme un piège avec préméditation” M.L. (notes cuir, mate, bouleau, narcisse, bergamote, patchouli, vanille)

Mathilde Laurent, dont j’avais fait le portrait dans un précédent billetPortrait d’un parfumeur : Mathilde Laurent, a accepté de vous répondre directement sur ce blog. Si vous le souhaitez, vous pouvez lui poser des questions en laissant un commentaire. Elle vous répondra, fidèle à son engagement de témoigner et de transmettre l’amour du parfum.

septembre 28, 2009

Tyen "30 ans de création" : 29 et 30 septembre 2009 au Palais de Tokyo

visuel_1  Je sors du Palais de Tokyo, où fut inaugurée une magnifique exposition, consacrée aux 30 ans de création artistique de Tyen pour la maison Dior. Au travers de ces sublimes photos, nous assistons à la Rêve-alisation Dior in Tyen. Une mise en scène magique et magistrale, qui prouve une fois encore que Dior est passé  maître dans l’art du spectaculaire. Du magnétisme très extraverti.

 TyenA toutes les Beauty addicts, je lance l’appel : foncez sans traîner au Palais de Tokyo  : pendant 2 jours (les 29 et 30 septembre 2009), vous pourrez admirer gratuitement les plus beaux clichés de celui qui donne le ton des défilés Dior. Depuis 1979, Tyen met ses multiples talents au service du Maquillage Dior en tant que directeur artistique. Ces années d’expériences l’ont fait travailler avec les plus grands photographes de son temps, dont Richard Avedon, réputé pour ses portraits uniques de célébrités.

dia_monica4  Tyen aime à répéter  : “Ne dites jamais “comme d’habitude”"

En effet, pour Dior, cet artiste complet illumine ses modèles, jouant avec la lumière et l’intensité des couleurs. Aujourd’hui c’est son autre talent que l’on peut admirer en pleine lumière : la photographie. Son oeil alerte et averti a photographié les plus grands modèles : Naomie Campbel, Linda Evangelista, Helena Christensen, Monica Belluci. Quant à nous, on se régale  l’oeil en traversant cette rétrospective “flash” de l’artiste, qui ignore la nostalgie et on se surprend à constater que ces portraits ont imprimé notre imaginaire.
“Tyen, 30 ans de création”: les 29 et 30 septembre 2009
Palais de Tokyo, 13 avenue du président Wilson, Paris 16ème
www.dior.com

 

 

septembre 28, 2009

ELIE SAAB et BPI : nouveau contrat de licence

 

es BEAUTE PRESTIGE INTERNATIONAL et la Maison de Couture ELIE SAAB viennent de signer, pour les dix prochaines années, un Contrat de Licence pour la création et la distribution mondiale de parfums et cosmétiques portant le nom d’Elie Saab.

Cet accord témoigne de la profonde communauté de valeurs qui existe entre ces deux Maisons qui ont inscrit, dans la durée et la continuité, le style et le sens de l’excellence qui caractérisent l’approche de leur métier respectif.

Rémy Gomez : « Le choix que Monsieur Saab fait de BPI pour son premier parfum après 27 années d’existence remarquée dans la mode, réaffirme la raison d’être de BPI qui fait vivre avec succès, depuis plus  de 15  ans, la  vision  que  des  créateurs  comme  Monsieur Issey Miyake, Monsieur Jean-Paul Gaultier et Monsieur Narciso Rodriguez  ont du monde du parfum ».

Elie Saab : « La création de parfum est devenue une étape essentielle dans le développement de notre Maison de Couture. Nous avons choisi avec BPI un partenaire à la hauteur de nos ambitions. Notre association va nous permettre de construire une signature olfactive et une image en adéquation avec l’ADN de notre marque ».

               Rémy GOMEZ                                               Elie SAAB

BEAUTE PRESTIGE INTERNATIONAL                   MAISON DE COUTURE ELIE SAAB   

septembre 20, 2009

Nouvelles adresses parfumées à Paris

Avis à tous les amateurs de parfums et de promenades olfactives, voici quelques nouvelles adresses, où aller humer !

FK La Maison Francis Kurkdjian est ouverte depuis le 9 septembre à Paris ! Le parfumeur s’est installé dans ses murs au 5, rue d’Alger. Une petite boutique, presque une échoppe qui rappelle celles des artisans de l’ancien temps, authentique et bien agencée. Tout commence par la vitrine intérieure imaginée par Jean-Hugues de Châtillon, comme une vision poétique et animée des toits de Paris, à la manière d’une lanterne magique .

Vitrine FK Ce décors tient à la fois des photographies de Robert Doisneau et des amoureux de Peynet. Une impression délicate, charmante et surtout raffinée d’un Noël qui durerait toute l’année. La toute petite boutique, mais qui paraît grande,  a été agencée par Yann le Coadic et Alessandro Scotto. Un écrin où l’on peut y trouver parfums, eaux de Cologne et autres merveilles parfumées, telles que de la lessive pour parfumer son linge. Un luxe très hype à réserver à vos plus beaux atours ! Quant aux senteurs, délicates et subtiles, elles ressemblent à Francis Kurkdjian et à ses créations antérieures. Elles ne réservent pas de surprise mais comblent le nez avec douceur et savoir-faire. On y retrouve la fleur d’Oranger, la rose associée au patchouli et la violette, qui portent les noms d’ Aqua Universalis, APOM (a piece of me) et Lumière Noire. Un univers olfactif qui se décline au fil des produits. On s’y promène et on y glane une fragrance, une bougie ou des encens, sous forme de papier d’Arménie et même des bulles, celles d’Agathe, parfumées à la poire, à la menthe et à l’herbe coupée et pour lesquelles on reviendrait bien des enfants. Les flacons sont sobres, inspirés de ceux que l’on emportait “pour le voyage”, coiffés d’un bouchon taillé dans un matériau emblématique de Paris : le zinc. L’écrin est précieux, en carton ondulé, recouvrant le flacon  comme le manteau habille le vêtement.  ” Une maison a une âme et une histoire, elle a ses habitants, ses amis et aussi ses enfants.”, dit Francis Kurkdjian. En quittant les lieux, j’ai bien envie de ces 24 heures parfumées proposées par Francis  et je pense à Pierre-François-Pascal Guerlain, le parfumeur sur-mesure, qui avait installé non loin de là en 1828, au rez-de-chaussée de l’Hôtel Meurice, une toute petite boutique de parfums. Souhaitons à la jeune Maison Francis Kurkdjian un destin aussi grand !

 jpg_guerlain-0de14Nouveau lieu aussi pour la Maison Guerlain qui a ouvert en septembre sa douzième boutique parisienne, 10 rue des Francs-Bourgeois, en plein coeur du Marais. Ce quartier historique mais terriblement branché a accueilli ces dernières années la fine fleur de la beauté : L’Occitane, The Body Shop, Penhaligon’s, Diptyque, L’Artisan Parfumeur, Fragonard, Mac, Bobbi Brown et Kiehl’s. Dans un style très contemporain et sur 110 m2, Guerlain a imaginé une boutique comme un loft, où plusieurs salles se succèdent, déclinant chacune leur style propre. A l’entrée, vous pouvez choisir votre maquillage en vous mirant dans une coiffeuse lumineuse, entourée de présentoirs muraux.

Nouvelle boutique Guerlain rue des Francs BourgeoisToujours des miroirs -mais cette fois noirs- tapissent les murs d’un boudoir,  consacré aux anciennes fragrances de la Maison Guerlain, présentées dans des niches lumineuses.  Cet espace de transition est merveilleux : vous vous trouvez exactement entre la tradition et la modernité. Enfin, vous parvenez dans la salle des parfums, où cônes à sentir vous révèlent la magie de leur sillage. Un “suivez-moi-jeune-homme” très attractif et qui ne demande aucune résistance : franchissez le pas pour le plus doux des vertiges !

septembre 4, 2009

Quelques plaisirs de rentrée !

C’est la rentrée et comme toutes les femmes, je rêve de prolonger le joli hâle de l’été, cette belle mine de vacances qui donne des ailes le matin pour toute la journée !  Et quand les soins de peau s’adressent aussi à l’odorat, je ne résiste pas à l’envie de vous en toucher un mot et de partager avec vous quelques petits trucs qui me font du  bien ! “L’être commence par le Bien-Être” affirmait Gaston Bachelard et il avait cent fois raison ! Voici un plongeon dans la sensorialité et le plaisir totalement BIO !

 

kibio 001 kibio 003Pour la marque Kibio, les senteurs sont essentielles dans tous leurs produits. Touches d’amande amère ou d’orange douce, de vanille sucrée ou de menthe poivrée, les odeurs sont l’expression des parfums des ingrédients naturels contenus dans leurs soins. En l’absence de tout parfum de synthèse, ce sont les huiles végétales ou essentielles et les autres extraits végétaux qui confèrent aux crèmes leur senteur 100% naturelle.  Ainsi, le fluide apaisant et hydratant à base de lin, coton et schisandra (appelé “fruit de l’amour”) en plus de combler votre peau de confort, répand de doux effluves d’amande amère. Un bonheur pour les peaux sensibles et les nez délicats ! Une fois la peau traitée avec douceur, la crème teintée hydratante la colore en transparence, éclaire les traits avec légèreté et surtout sent l’orange douce et la verveine calmante et adoucissante.  Voici une journée qui commence bien !

-me_Resplendissante_1-1Le soir, les soins de peau deviennent des rituels, depuis que j’ai adopté la marque Aïny, qui développe les pouvoirs de jeunesse des soins aux plantes sacrées ! Son fondateur, Daniel Joutard a partagé son temps pendant huit ans entre l’Amérique Latine, où il a travaillé avec les peuples autochtones au sein de projets de développement et Paris, où à sa sortie de l’ESSEC, il entame une carrière de consultant en stratégie. Autant vous dire qu’il connaît son sujet et qu’il a à coeur de valoriser la diversité des cultures, des végétaux et des sciences.

Les_Achuars La philosophie de la marque Aïny se base sur l’enchantement, l’exigence et la qualité, la rigueur scientifique. La marque identifie les plantes sacrées avec l’aide des peuples autochtones et des chamanes du Pérou et de l’Equateur, qui les connaissent pour les utiliser dans leurs rituels de protection et de guérison. Ainsi, le pouvoir des plantes et l’importance de l’harmonie entre l’homme et la nature sont chantés lors des cérémonies dirigées par la femme chamane de l’Amazonie Péruvienne,  Herlinda Augustin.  A partir de ce savoir, Aïny développe des produits biologiques labellisés Cosmébio et certifiés par Ecocert. Plus de 99 % des ingrédients sont d’origine naturelle et 100% des actifs végétaux sont issus de l’agriculture biologique.

Cobertura fotográfica del Molle en el distrito de Pisac, aprox 3000msnm. Perú, Junio 2008/Fotografía/Daniel Silva Le parfum de tous les produits est aussi 100% naturel et élaboré à partir de l’huile essentielle de Schinus Mollé, arbre originaire des Andes Péruviennes, appelé “arbre de vie”. Quant aux noms des produits, ils annoncent  le programme et ne mentent pas sur leurs promesses. Le sérum D’un Luxe Miraculeux apporte nutrition et éclat. La crème Âme Resplendissante hydrate et harmonise la peau. Ils ont une texture fondante, d’une sensorialité inédite et dégagent une senteur de sève authentique et saine. D’autant plus que la marque Aïny  allie les savoirs botaniques ancestraux et les technologies de pointe de la chimie verte occidentale. Mais Aïny est aussi une marque engagée, qui respecte le savoir des peuples en développant avec eux une alternative à la biopiraterie. Aïny établit des partenariats avec les organisations autochtones et s’engage à reverser 4% de son chiffre d’affaires aux peuples du Pérou et d’Equateur comme droit d’utilisation de leur savoirs traditionnels.  Une marque qui porte vraiment le respect des êtres au coeur de ses valeurs. Depuis septembre, nous les trouvons au Beauty Monop.

Morrocan_Rose_Sugar_Scrub_bd Comme le corps ne doit pas être en reste, surtout au retour des vacances, faire un gommage prolonge toujours le hâle. Celui que je préfère sent la rose de Damas et le sucre de canne de la marque de soin anglaise REN. Je peux vous affirmer qu’une odeur suave envahit la salle de bains et que la Reine de Saba n’est alors pas ma cousine, tant le toucher volupteux qu’il  laisse sur la peau vous enivre. Gorgé d’huiles d’Amande et d’Olive, il est un pur plaisir d’Odalisque ! Il suffit de le prolonger avec la crème pour le corps aux vitamines A/C/E , toujours de la marque REN, qui sent l’orange de Calabre et l’encens pour vous sentir déesse. Ces petits bonheurs sont au Printemps Haussmann.

HF120 Rien ne vous empêche aussi d’avaler une gélule d’acide hyaluronique pur (120mg de la marque Biocyte), pour repulper et hydrater la peau en profondeur et en améliorer l’élasticité ! Un geste de beauté qui n’a pas d’odeur mais dont les résultats sont probants, je vous le promets ! Parole de femme !

août 1, 2009

Bois d’Orange de Roger et Gallet

 

syrie mars 2009 091 Les histoires d’eaux n’ont guère de secrets pour Roger et Gallet ! Depuis 1862, nous les partageons grâce à cette belle Maison, héritière de la formule authentique de l’Eau de Cologne créée à la fin du XVIIème siècle. Tant de pérennité fait rêver et confère une belle authenticité à son expertise. En 2000, la Maison Roger et Gallet lance des eaux parfumées : Thé Vert, puis Gingembre en 2003, Lotus Bleu en 2006.

En 2007, Roger&Gallet renouvelle sa vision du raffinement de la Cologne et du parfum en s’associant avec le designer Martin Szekely, proposant de nouvelles gammes aux lignes pures et contemporaines pour “parfumer délicatement la vie”. Cette alliance entre parfum et design invite à de nouveaux voyages olfactifs au cœur des jardins privés les plus lointains avec Cédrat de Calabre, Rose du Bengale. En 2009, Bois d’orange s’inspire de la beauté des jardins de l’Alhambra, qui abritèrent dans les temps anciens les parfumeurs arabes et qui étaient, comme tous les jardins dans la tradition musulmane, une vision du paradis. 

“Les compagnons de la droite
- Quels seront les compagnons de la droite ? -
Ils se tiendront au milieu de jujubiers sans épines,
et d’acacias bien alignés.
Ils jouiront de spacieux ombrages,
d’une eau courante,
de fruits abondants
non cueillis à l’avance, ni interdits.
Ils se reposeront sur des lits élevés.”

Coran, Sourate 56, versets 27 à 34

syrie mars 2009 092 Mon été est ainsi parfumé et c’est effectivement divin ! La promenade commence à l’ombre fraîche des orangers,  l’esprit s’ apaise dans le bruissement des fontaines qui chargent l’air de mille et une senteurs délicates. Les sens sont comblés par cette nouvelle eau, qui joue sur les différentes facettes de l’oranger : fraîcheur de la feuille et du fruit, suavité de la fleur, profondeur des notes boisées. Ce thème hespéridé boisé convient autant aux hommes qu’aux femmes, se porte au soleil et renouvelle la tradition avec un vrai savoir-faire. L’essence de mandarine fuse, rencontrant l’accord basilic-verveine. En coeur, se trouve l’orange mêlant le néroli à la fleur d’oranger. Un subtil équilibre entre l’amer et la douceur, l’épice et le fruit. En fond, les bois (palissandre et cèdre de l’Atlas) s’allient à la chaleur musquée d’un ambre clair.

syrie mars 2009 090 Et pour davantage apprécier ce plaisir olfactif, la gamme de Bois d’orange est une merveille de textures et de parfums : savon ou savon liquide, gel bain douche, lait hydratant ou crème très onctueuse pour le corps, déodorant. Mais point d’orgue et délicatesse ultime : la bougie fraîcheur parfumée qui enivre votre salle de bains et prolonge la rêverie.

Ayant parmi mes “petites madeleines”, les petits savons ronds de cette vénérable Maison,  j’aimerais saluer Roger et Gallet qui sait maintenir sa tradition tout en la conjuguant avec innovation. Un bel exemple à suivre !