Archives mensuelles : juillet 2008

Portrait d’un designer : Henry de Monclin

 

henry2bw Henry de Monclin est un esthète atypique, raffiné et policé. Sous sa discrétion apparente, se cache une personnalité déterminée et inspirée qui réussit ce twist intéressant autant qu’ amusant, entre une éducation française mâtinée de bonnes manières et une culture américaine performante et innovante.  Issu d’une famille de verriers, il termine aux Etats-Unis ses études de commerce international en 1989, avant de rejoindre la même année la filiale américaine des Verreries Pochet et du Courval, leader mondiale du flaconnage pour la parfumerie de luxe. En 1997, il revient en France et intègre Les Ateliers Dinand, studio de design spécialisé en parfumerie et cosmétiques, dont il prend la direction artistique. Il crée le verre olfactif « Monclin » pour Jean Patou et son bar à parfum. En 2003, Les Ate:iers Dinand remportent à New York l’Oscar du design décerné par la Fragrance Foundation pour le flacon Vera Wang. Toujours entre Paris et New-York, Henry de Monclin travaille aujourd’hui sous sa propre signature et participe à la création et au développement de lignes parfum pour des marques telle que Dolce & Gabbana, Valentino, Gucci, Jean Patou, Escada, Ann Taylor et Guess. Il réfléchit à de nouveaux concepts et travaille à des lignes de mobilier et de luminaire. Une autre passion dictée par son instinct de créateur.

 

HENRY 1/ Le principal trait de caractère ? Une volonté d’acier.

2/ Votre rêve de bonheur ? Avoir des enfants.

3/ La musique qui vous transporte ? Les musiques rythmées : Les quatre saisons de Vivaldi, ou l’« Electro/dance » lorsque je fais du sport.

4/ Votre couleur préférée ? Le bleu – Pantone 2925C

5/ Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? André Citroën – La Croisière Jaune

6/ Vos héros ou héroïnes dans la fiction ? Les aventuriers : les héros de Jules Vernes, ou encore Indiana Jones.

7/ Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ? Aucun.

8/ Le lieu qui vous ressemble ? New York – Chelsea

9/ Un accessoire qui parle de vous et

dont vous ne vous séparez pas ? Ma Rolex vintage.

10/ Un livre que vous ne quittez pas ? Le théâtre de Molière.

11/ Votre peintre préféré ? Matisse

12/ le plus délicieux moment de la journée ? Le coucher de soleil vu de ma maison de campagne. Les bleus, roses et gris sont magiques.

13/ Votre repas idéal ? Chez moi à la campagne, avec les gens que j’aime.

14/ Votre boisson favorite ? Un verre de Pouilly Fuissé ou un grand verre d’eau grande source. Le tout à la température de la cave…

15/ Avez-vous un parfum fétiche ? L’eau de toilette Diptyque -Philosycos

16/ Votre première rencontre avec un parfum ? L’eau de Cologne de ma grande mère paternelle. Quel sillage… On la suivait à la trace !

17/ De quel (s) parfumeur (s) admirez-vous le style ? Serge Lutens pour sa simplicité et Blaise Mautin pour sa sincérité. Ce sont des passionnés.

18/ Jean Patou disait : « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter »

La notion de Luxe au sens vrai du terme a malheureusement été galvaudée par trop de marques dites de  « prestige ». Beaucoup sont aujourd’hui sous l’emprise du « masstige ». La création, c’est avant tout ne pas accepter les compromis, garder ces valeurs, son âme.

19/ Votre devise ? Ne pas avoir peur, oser.

20/ Etat présent de votre esprit ? Songeur.

Contacts : Henry de Monclin

HDM Design Lab.

21 rue du Faubourg Saint Antoine

75011 Paris

 

 

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VERSAILLES A L’OMBRE DU SOLEIL PHOTOGRAPHIES DE KARL LAGERFELD

 

Affiche-Lagerfeld Le château de Versailles présente une sélection de photographies de Karl Lagerfeld. Un regard inédit, entre ombre et lumière, posé sur le château et les jardins de Versailles. Karl Lagerfeld avoue avoir découvert l’esprit français, en lisant la correspondance de la Princesse Palatine à la Princesse Sophie de Hanovre. Créateur de mode mondialement connu et reconnu, Karl Lagerfeld est aussi un photographe de talent qui, depuis plus de 20 ans, immortalise notamment ses propres campagnes publicitaires. Pour photographier Versailles, sa démarche fut guidée par l’instinct, le coup de foudre. La spontanéité et le hasard y jouent un rôle primordial. Pourquoi Versailles ? Pour Karl Lagerfeld, ce lieu important est propice à la création , comme «l’illustration concrète des contes de fées, un monde qui a existé mais qui parle à notre imagination». C’est une vision cinématographique de Versailles que le créateur nous offre, dans laquelle la lumière et les perspectives nous plongent dans un univers à part, presque irréel. Karl Lagerfeld et Jean-Jacques Aillagon ont sélectionné quarante photographies en noir et blanc sur papier vélin, qui sont présentés dans les Appartements de Madame de Maintenon. Karl Lagerfeld y présente ses clichés sur un tissu gris clair, sans protection vitrée, ni cadre, simplement accrochés sur le mur pour que le public puisse apprécier l’effet de matière, le grain du papier… Ces tirages, qui ont fait l’objet d’un traitement spécifique, mettent en évidence l’importance accordée par le photographe aux contrastes. Cette sérigraphie à l’ancienne donne un aspect totalement original aux photographies.
Exposition réalisée avec le soutien de CHANEL.

Jusqu’au dimanche 7 septembre 2008 dans les appartements de Madame de Maintenon (entrée incluse dans la visite des Grands Appartements). Ouvert tous les jours, sauf le lundi de 9h à 18 h 30.

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Le N°5 de Chanel (1921)

 

Gabrielle  Elle s’appelait Gabrielle.

Elle était mince, elle était brune, elle était ardente, à l’époque où les femmes étaient blondes et fondantes dans leurs rondeurs. On la remarqua.

Un jour, toutes les femmes voulurent lui ressembler. On l’appela Coco. Elle devint Coco Chanel et toutes les femmes quittèrent leurs oripeaux, plumes et afflutiaux. Elle leur enseigna les costumes Chanel, le jersey, le bon tweed moelleux, le raffinement poussé jusqu’à la simplicité discrète, tout ce qui rend jolie sans entraver. Tout un style, celui de la modernité, celui de l’indémodable, celui de l’accord entre le corps des femmes et leur envie de séduire. Elle fut la mode, elle imposait ce qu’elle aimait porter. « La mode passe. disait-elle, seul le style reste ».  Elle fit le choix avec audace de la liberté, fut à l’écoute de son époque et au coeur des tendances inventa une nouvelle allure, celle de la femme moderne.  » Mon époque m’ attendait, je n’ ai eu qu’ à venir, elle était prête » (Gabrielle Chanel)TN_Chanel07

En 1921, tout comme elle avait déjà accompli une révolution dans la mode, elle allait en accomplir une dans le parfum.

Elle était douée d’un odorat très fin.Gabrielle  Chanel prétendait sentir l’ odeur des mains qui avaient coupé les fleurs et elle avait fait sienne une phrase de Paul VALÉRY , qui affirmait qu’ une femme qui ne se parfume pas n’ a pas d’ avenir. Elle qui avait libéré les femmes du corset, ne voulait pas les enfermer dans des odeurs de fleurs, véritables carcans olfactifs rococos, qu’ elle exécrait. Non, ce qu’ elle désirait était autre : une luxueuse abstraction, si chère pour qu’ aucun autre parfumeur n’ ait l’ audace de la copier. Elle recherchait cette fleur indéfinissable, « l’ absente de tout bouquet », selon l’ expression de Mallarmé, mais qui allait appartenir définitivement à son univers. « Les femmes portent les parfums qu’on leur donne ! Il faut porter un parfum qu’on aime à soi. Quand je laisse une veste, je sais aussitôt qu’elle est à moi. » affirmait-elle.

En 1920 , au cours d’ un voyage sur la Côte d’ Azur , terre d’ élection des fleurs et des arômes , elle rencontre le parfumeur Ernest Beaux qui rêve aussi de transformer les règles traditionnelles de la création olfactive.  Gabrielle Chanel le charge de « composer un mélange abstrait , unique et somptueux ».  Dans le laboratoire de créations de parfums, à La Bocca près de Cannes, elle est séduite par les innombrables flacons d’ essences rares que lui montrait Ernest BEAUX, tout en lui expliquant comment il arrivait à partir de toutes ces essences à réaliser des mélanges harmonieux.

Ernest Beaux imagine alors cinq variantes, d’ une fragrance totalement originale. Puisque outre le jasmin , elle emploie quelques 80 composants et pour la première fois recourt ouvertement aux aldéhydes .

Il présente deux séries à Mademoiselle CHANEL : la première , numérotée de 1 à 5 , et la seconde de 20 à 24. Elle choisit la cinquième, mais il fallut encore l’enrichir en jasmin de Grasse, matière noble et onéreuse.

Une révolution olfactive : une composition aldéhydée

Ernest Beaux raconte que la création du N°5 remonte précisément en 1920 à son retour de la guerre : « J’ ai été amené à faire une partie de campagne dans une région septentrionale de l’ Europe, au-delà du Cercle Polaire à l’ époque du soleil de minuit, où les lacs et les fleuves exhalent un parfum d’ une extrême fraîcheur ».

Il garde cette note en lui et la réalise, quelques temps plus tard, grâce aux aldéhydes.

La réussite d’ Ernest Beaux fut d’ arriver, grâce à l’ emploi de doses massives d’ essences nobles, dans ses complexes aldéhydés, à obtenir une note parfaitement équilibrée. La note aldéhydique associée aux notes fleuries (jasmin de Grasse et rose de Mai) dominait, donnant une puissance telle qu’ une atmosphère de « sillage » se dégageait derrière « la femme N°5 ».

Une présentation d’ une révolutionnaire sobriété

TN_Chanel5_2003_orange Coco CHANEL choisit de garder cette dénomination de laboratoire. Le N°5 est précisément son chiffre porte-bonheur : de nature superstitieuse, elle présente toujours sa collection de couture le cinquième jour du cinquième mois de l’ année !

Quant au flacon qui renferme le jus elle décide de lui tailler une robe de cristal dont la ligne s’ inspire des flacons de voyage issu d’une trousse de toilette masculine signée par le joaillier parisien Charvet.

Le résultat était d’ une sobriété peu courante à l’ époque, présentant une allure de fioles de laboratoire : une simple flasque de cristal aux formes géométriques , aux arêtes nettes, comme pouvaient l’ être aussi les flacons de voyage. Le flacon porte sur une étiquette simplement imprimée et non gravée , le nombre magique inscrit en noir : N°5 de CHANEL. Son coffret était aussi très simple mais revenait fort cher précisément en raison de sa qualité et de la pureté de ses lignes.

Fragrance mythique, le « parfum du siècle » eut un succès instantané. La légende raconte qu’ elle le testa immédiatement dans un restaurant de Cannes où elle s’ amusait à le vaporiser dès qu’ une élégante passait à proximité. L’ effet était radical : surprise et ravissement. Puis, elle l’ offrit à ses clientes en leur donnant les recommandations suivantes : « Vaporisez sur tous les endroits où vous risquez d’être embrassée. Toute femme qui en abuse n’ a pas d’ avenir dans la vie car elle ne fait qu’ offenser ses amis et ses admirateurs ».

Devenu au fil du temps plus qu’ une légende, il est un mythe vivant, une construction de l’ imaginaire collectif , un support intemporel et universel de rêve qui cristallise les désirs. Le N°5 est un parfum opulent, qui parle de luxe et d’ élégance avec une audace en rupture avec les codes traditionnels.

MMMarilyn Monroe en tomba amoureuse et le monde entier, suspendu à ses lèvres charmantes, succomba en 1954 à cette réplique fameuse :

 » Que portez-vous le matin? » lui demanda-t-on.

« Une blouse et une jupe », répondit-elle.(…)

« Et la nuit ? »

« Cinq gouttes de N°5 »

Un luxe, que vous apprécierez !…


 

 

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