Archives de Catégorie: Notes de coeur

Ce que j’aime

Bienvenue au Paradis, nommé La Prairie !

 

« Souvent, le paradis est une vaste prairie aux fleurs d’or« , écrivait Angelo de Gubernatis dans sa Mythologie des Plantes en 1878.

boutique-la-prairie-st-honore En tous les cas, le paradis a aujourd’hui une adresse sur terre, à Paris, c’est celle de La Prairie. Cette élégante boutique, où règne une harmonie virginale a créé « The art of Beauty », un ensemble de soins d’exception prodigués dans un univers de luxe, de détente et de plaisir absolu. J’ai testé la totale sophistication des Soins Cellulaires Suisses et je me suis abandonnée aux mains expertes de la charmante Rachel pour une méthode de soins exclusive et des techniques de massage personnalisées. Telle une fée, Rachel vous ressuscite la peau et l’esprit en quelques heures. C’est inouï mais cela marche vraiment car les solutions sont adaptées aux besoins de notre peau qui souffre trop souvent de notre vie trépidante.

600_x_400_LaPrairie-Boutique_3 Tout commence par un diagnostic de la peau, où va vous être proposé le soin pour le visage ou pour le corps adapté à vos besoins. Pour moi, ce fut « Beauté Parisienne », dont le nom seul est déjà une promesse. C’est le soin personnalisé par excellence. Experts dans la lutte anti-âge, les laboratoires La Prairie ont créé ce soin global visage et corps associant le pouvoir rééquilibrant des extraits de platine pur à une expérience de bien-être ultime. Je constate que j’ai finalement le même goût en joaillerie qu’en cosmétique et c’est parti pour ce transport voluptueux vers la planète Bien-être.

img_20150120_210957 La cabine est spacieuse, accueillante, bienveillante. Tout est douceur, chaleur et confort. La lâcher-prise a commencé. Rachel commence par me masser le dos, les épaules et les cervicales avant de passer aux soins du visage. C’est délicieux de sentir mes traits se délier, mes raideurs se détendre et mes nœuds se dénouer. Ma peau devient réceptive et chaque partie du soin est un cheminement vers la sérénité dans cet univers feutré. Mon visage se détend, se lisse et l’éclat revient peu à peu. Lorsque le masque est posé, Rachel vient me détendre les pieds par un long et profond massage. Je ronronne, je somnole avant que ce protocole de pur plaisir ne s’achève par les derniers soins posés sur la peau : sérum cellulaire platine rare, crème cellulaire platine rare tant pour le visage que pour le contours des yeux. Au final, une brume du fluide perfecteur or pur vient illuminer mon teint. Je me réveille détendue comme jamais, émerveillée et encore sur ce petit nuage, d’un raffinement inégalé.

m11841239_PRAIRIE_logo3 J’avais appris que la quête d’une beauté intemporelle avait été au commencement la principale mission de la Clinique la prairie, à Montreux en Suisse, aux pieds des Alpes majestueuses et au bord du lac Léman, ainsi que l’inspiration de leurs formules révolutionnaires. J’ai pu vérifié que leurs soins ont cet intelligence obtenue par la parfaite combinaison entre science et techniques, art et matières rares, plaisir et luxe. La plus précieuse des ressources est bien le temps et on le gagne grâce à La Prairie mais sans « la peau de chagrin » !

La Boutique La Prairie. 199, rue Saint-Honoré – 75001 Paris

Tél : +33 (0)1 42 21 18 72

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La collection des Essences d’Elie Saab

clip_image002[4]Le jour était enfin arrivé, celui de découvrir dans la boutique Elie Saab la nouvelle collection exclusive des Essences. Sur le Rond- Point des Champs-Elysées, j’entre dans la boutique Elie Saab et je me retrouve dans un havre de paix. Je vais vivre une invitation au voyage vers un pays rêvé, où les femmes sont reines, magnifiées par la vision d’un créateur, qui sait les aimer et les respecter.

image La boutique est vaste, infinie dans ses lignes droites et pures. La clarté des lieux en accentue davantage encore l’épure. Le monochrome de marbre beige, propre à la Maison, est ponctuée des couleurs dégradées des créations d’Elie Saab. L’œil du créateur est dans chaque détail, afin de toucher au plus près l’excellence. Sa vision est flamboyante. L’élégance suprême nait de ce raffinement qui mêle couleur et lumière, volume et transparence. Le savoir-faire et l’expertise de cette belle Maison de couture, qui se partagent entre Paris, Beyrouth et Genève, se devinent aisément et m’enchantent. Une impression de transparence unique s’en dégage. J’aime l’aspect poudré et la fluidité des robes, toutes en mouvements gracieux, en ondulation lente. Chaque accessoire, sacs, minaudières, gants, chaussures, étoles de fourrure, bijoux participent à cet univers de féérie douce.

ll  eimagest temps à présent de découvrir la collection des essences. Mes sens sont éveillés, mes narines en alerte. Le cérémonial peut commencer, précieux et délicat, emprunté au monde confidentiel de la Haute-Joaillerie. La conseillère de vente avertie me raconte l’histoire de cette collection d’essences, tout en enfilant ses gants avant de toucher les flacons. Cette dimension précieuse n’est pas inaccessible. Les quatre flacons de verre épais, facetté et cristallin, laissent découvrir la couleur de chaque fragrance. Le bouchon noir laqué brille, semblable à de la belle bakélite. Aimanté, il claque quand on le referme sur le flacon et fait contraste avec l’étiquette mate. Un chic que l’on retrouve dans la couture Elie Saab également. Les matières premières les plus nobles ont été sélectionnées, travaillées en superposition pour créer du volume et de la texture. L’impatience me gagne de découvrir cette collection exclusive d’essences, qui incarnent l’âme du monde parfumé d’Elie Saab. Je parcours rapidement tout d’abord chacune d’entre elles, juste assez pour sentir les formules précises, denses et bien texturées. Tant de volume et de transparence à la fois ! Il est temps de les essayer une à une, d’entrer dans la matière comme on revêt une robe. Délicatement, je les ajuste sur ma peau afin de les sentir et mieux encore les ressentir.

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La rose se présente à moi en premier, voluptueuse, enveloppante. Je visualise une robe fluide tout en voiles, qui épouse les formes du corps. Un souffle de roses, poudrées, mauves, aux reflets bleus jusqu’à la profondeur. Dans une douceur exquise, la rose de mai et de Damas s’allient et se dégradent dans une note de violette, savoureuse, ponctuée de vanille et de cèdre. C’est une divine esquisse de fleurs fraîches, cueillies à la main, dont je sens le velouté des pétales caresser ma peau.

Dans une douceur nacrée, le gardénia se profile en hommage à l’art du trompe l’œil olfactif. Cette fleur blanche et charnue, au feuillage vert dense est pourtant muette. Elle ne livre rien de son flegme olfactif, dont il faut reconstituer la senteur dans un parfum. Cette essence est une sculpture, basée sur la dualité d’un bois crémeux et d’ une tendresse florale, aux accents verts et blancs. Un sillage élégant ciselé de jasmin sambac d’Egypte, de beurre d’iris et de santal. J’imagine une robe blanche, sur laquelle seraient posées des fleurs en tissu, rehaussées de perles et de broderies. Cette senteur est une dentelle, qui vous couvre en apesanteur.

L’éclat radieux de l’ambre m’illumine l’odorat et m’enlumine le cœur. Cet accord mythique de la parfumerie né en Orient, aime la chaleur de la peau et la douceur des étoffes les plus précieuses. Sa lumière vient de la profondeur, d’où surgit une robe brodée de cristaux, irradiante, dégageant les épaules dans un décolleté éblouissant. Les matières légendaires de la parfumerie en ourlent tous les contours : vanille, opoponax et patchouli resplendissent. Le santal à la fois sec et lacté devient éblouissant. Cette essence est une harmonie de notes sensuelles, qui m’enrobe et m’entraîne dans une valse étourdissante. Cette ivresse des sens est tellement agréable, que je n’arrive pas à la quitter.

image C’est au tour du Oud de me jouer avec virtuosité sa variation autour du noir. Ses volumes sont puissants, les textures sont métissées, juxtaposée et étirées pour dessiner une silhouette architecturée et androgyne. C’est un smoking olfactif à même la peau, qui joue de ses nuances intrigantes pour créer le mystère. Le poivre noir ouvre la marche, suivi par les courbes onctueuses du benjoin. Bois d’agar et vétiver achève cette ode à la profondeur, à la sensorialité absolue qui ne souffre aucun compromis avec soi-même.

Quelle essence choisir alors que je ne veux renoncer à aucune ! Les combiner entre elles ? Une note de fleurs et une note de peau ? La boîte cadeau se prépare et le papier de soie se froisse à l’intérieur. Une foultitude de détails pensés et délicats achève le cérémonial avant que l’on vous propose de vous parfumer. Par un geste ample, on me trace un sillage en forme de S, comme Elie Saab et je garde sur moi cette fine pluie de gouttelettes odorantes comme autant de paillettes d’or, qui restent les témoins de ce rêve de princesse, qui s’achève mais se prolonge au travers de cette collection exclusive des essences Elie Saab. Je suis comme Cendrillon, il me reste une pantoufle de vair, mon précieux flacon !

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Cartier, La Panthère

 

photo-1 « Toute femme recèle une part de félinité et toute fleur cache des notes animales en son cœur » nous dévoile Mathilde Laurent, parfumeur Cartier.

Et la panthère chez Cartier, c’est bien elle ! La panthère exprime la liberté. Elle est cet animal qui chasse en se tenant cachée et qui attire ses proies grâce à son parfum.  En effet, une tradition grecque considérait que la panthère était le seul animal à exhaler une bonne odeur. C’était ainsi qu’elle attirait ses proies par son parfum, qui exerçait un pouvoir irrésistible sur les autres animaux sauvages.

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Aristote qui rappelait que l’homme est le premier des animaux évoque ainsi le pouvoir de la panthère : « On dit aussi que la panthère, qui se rend compte que les animaux sauvages aiment sentir son odeur, se cache pour les chasser : ils s’approchent tout près, et elle prend ainsi même les biches » Aristote in Historia animalium (IX,6 612 à 614) « D’où vient-il qu’aucun animal n’ a une odeur plaisante sauf la panthère, qui est agréable aux bêtes elles-mêmes : car on dit que les bêtes sauvages la reniflent avec plaisir. » Aristote, Problèmes du Ps.-Aristote, XIII,9,4,907 b35

Puis, Théophraste continue : « « La panthère est de tous les animaux le seul qui sente bon naturellement. La panthère exhale une odeur qui est agréable à toutes les autres bêtes, c’est pourquoi elle chasse en se tenant cachée et en attirant les bêtes vers elle grâce à son parfum. » in De causis plantarum, VI, 5, 2

Ce mythe antique exprime l’ensorcellement lié au parfum, qui entretient des rapports avec la magie et la séduction. Certains de ces mythes vont être récupérés par le christianisme, ainsi celui de la panthère parfumée dont l’haleine odorante attire jusqu’à elle ses proies qu’elle dévore ensuite aisément. La réputation de la panthère gagna ensuite la fabulistique médiévale et les bestiaires, qui s’inspirent du Physiologus, texte rédigé en grec à Alexandrie au IIe siècle. Il y est dit que quand la panthère a mangé et qu’elle est repue, elle dort dans son repaire, puis s’éveille du sommeil le troisième jour et crie d’une voix forte. Et les bêtes qui se trouvent aux alentours entendent ce cri, dont s’exhale toutes sortes de parfums et arrivent attirées par l’odeur, formant un cercle autour d’elle. Ils en tirent du plaisir et repartent en joie. Ainsi, la panthère semble être l’animal le plus beau et le plus chéri de toutes les bêtes. Il n’est plus ici question de chasse mais d’attraction et d’aura naturelle de la panthère.

cartier-broche-panthere_b La panthère, passionnée et insoumise, incarne la féminité de Cartier. Elle prit les traits tout d’abord de Jeanne Toussaint, courtisane très réputée de la Belle Epoque, qui devint la maîtresse de Louis Cartier et qui dirigea à partir de 1933  le département Haute Joaillerie de Cartier pendant plus de 20 années.

Elle fut surnommée « la panthère », ou « Pan-Pan Toussaint » à cause de son caractère farouche et inflexible. De son surnom de jeunesse, Jeanne Toussaint tire l’inspiration de ce qui devint l’animal fétiche de Cartier : la panthère. La broche Panthère est lancée en 1949 : « campée sur un saphir cabochon de 152,35 carats, revêtu d’un pavage de diamants tachetés de saphirs calibrés, la panthère est empreinte de férocité et de sensualité. » . Les clientes les plus inconditionnelles furent la duchesse de Windsor, Barbara Hutton et Nina Dyer. La broche Panthère est devenue un emblème de la Maison Cartier .

nd.314 En 1987, Cartier lance un parfum, simplement nommé Panthère. Les femmes le portent telle une parure et son flacon est un écrin, évoquant un diamant rond de 58 facettes. Composé par Alberto Morillas chez Firmenich, ce fleuri oriental s’ouvre sur un accord pétillant de mandarine et de fleur d’oranger. Le cœur du parfum est un bouquet composé de gardénia, de jasmin et de karo karoundé. L’harmonie du sillage se conclut sur un accord de fève tonka, patchouli, labdanum et bois de santal.

nd.23295 En 2014, Cartier reprend son animal fétiche, au coeur d’un parfum et nous offre La Panthère. Un floral fauve, au pelage chaud et frais à la fois. Ce parfum très texturé n’est pas sans nous rappeler les effluves féminins d’antan, qui continuent de séduire certaines femmes qui ne craignent pas le parfum : Mitsouko de Guerlain (1919) ou Femme de Rochas (1944). Ces parfums fauves, au sens artistique du terme, explosent sur la peau, chauffent les sens et se répandent en un sillage qui capte, attire et enchaîne. Une attraction certaine, un divin enchantement.

Dans le parfum, La Panthère, Mathilde Laurent a joué de la pureté d’une fleur et de sa couleur, qu’elle pousse dans tous ses retranchements,  à sa limite animale. Le gardénia y célèbre le charme de sa Majesté la panthère, piège d’amour tendu, hypnotique. A la fois vive et tapissée de nuances chyprées et veloutées, elle incarne l’animal intelligent et épris de liberté.

Un accord en trois temps, comme une valse : chypre, fleur, musc pour un floral fauve. Le flacon cache  une panthère, sculptée avec virtuosité à l’intérieur du verre, semblant scruter sa proie. Ce flacon magique protège la fragrance, en gardienne du temple. Cette panthère fascine, son faciès facetté fait jouer la lumière solaire, une géométrie parfaite divinise sa sensualité. Clin d’oeil au cubisme pour exprimer cette félinité florale. Il n’y a plus qu’à se laisser chasser et attraper !

Eau de Parfum La Panthère, en vente à partir du 15 mars 2014

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Les Extraits des Exclusifs : 1932, Beige et Jersey

 

EXTRAITS-etuis Comme souvent, on en rêve et Chanel le fait ! Il en est ainsi de la sortie en extraits de parfum de trois formules, issues de la collection des Exclusifs : 1932, Beige et Jersey. « Rare et précieux, l’extrait concentre le parfum dans sa vérité essentielle », nous dit la Maison Chanel. Mais qu’est-ce qu’un extrait ?

Un parfum est une odeur ou plus souvent une composition odorante plus ou moins persistante naturellement émise dans la nature. Les Anciens avaient aussi coutume de dire que lorsqu’une odeur était bonne, on l’appelait « parfum ». Le sens moderne, « d’imprégner d’un parfum » date de 1528.

La notion de parfum désigne aujourd’hui le plus souvent une composition olfactive particulière, proposée conditionnée et dans une certaine concentration olfactive par une Maison de parfums. Un parfum désigne aujourd’hui le plus souvent une composition olfactive particulière, proposée conditionnée et dans une certaine concentration olfactive par une Maison de parfums. Mais aussi, par abus de langage, le mot « parfum » est utilisé  pour désigner aussi bien une eau de parfum, une eau de toilette et même une eau de Cologne

EXTRAIT-1932 Cependant, les différentes déclinaisons d’un parfum ne sont pas des dilutions de concentré dans une plus grande quantité d’alcool, mais bien des compositions spécifiques adaptées à une concentration précise. On pourrait comparer ces différentes concentrations à l’effet de zoom en photographie : le parfumeur donne de la profondeur à un parfum, met en valeur certaines matières, les écrasent ou en utilise des plus neutres, pour révéler toutes les facettes d’un accord, au travers des différentes concentrations d’un parfum. C’est un exercice artistique d’équilibre très subtil et délicat, pour rendre un parfum au travers de ses concentrations, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

En effet, en fonction de la concentration, la formulation n’est pas la même. A chaque concentration, correspond une formulation pour laquelle il n’y a pas de règles et dont les pourcentages ne sont qu’indicatifs et variables, aussi selon les époques.

EXTRAIT-BEIGE Un extrait de parfum offre généralement une meilleure tenue, une plus belle évolution, tout en étant plus subtile et plus proche de l’idée que le parfumeur se faisait de la fragrance qu’il a créée. Il est une composition concentrée de 20 à 40% d’huiles essentielles dans l’alcool presque pur à 90° ou 95°. Il contient généralement environ 20% de notes de tête, 30% de notes de cœur et 50% de notes de fond.

C’est le luxe suprême de la parfumerie, la quintessence du parfum, sa forme ultime et absolue. Aujourd’hui, alors que le parfum s’est fortement banalisé et ne représente plus réellement un luxe, l’extrait reste fidèle durant de longues heures, plus tenace que tous les autres produits de la gamme, plus cher aussi et impliquant une gestuelle précise et éduquée. Il représente la référence du parfum, parfois composé sur mesure, et le savoir-faire suprême de la parfumerie de luxe. Peu de parfums ont leur version extrait de nos jours.

EXTRAIT-JERSEY Message précieux  de séduction, la femme en porte quelques gouttes le plus souvent au creux des poignets ou des coudes, derrières les oreilles, sur la nuque ou dans le décolleté. Une gestuelle très précise, très appliquée, à l’inverse de celle d’ une eau de toilette moins tenace et qui accompagne les différents moments de la journée.

Collier-Comete Pour l’Exclusif 1932 de Chanel, inspiré par  la première exposition de diamants de Gabrielle Chanel présentée en 1932, Jacques Polge y a révélé une interprétation inédite du jasmin, véritable diamant de la parfumerie. Son éclat est rafraîchi par un accord de poire et de pamplemousse pour irradier de tous ses feux, monté dans une quantité insolente de beurre d’iris. Elégant et racé, 1932 tutoie la perfection.

Gabrielle-Chanel-2 Beige de Chanel nous rappelle la citation de Gabrielle Chanel : « Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel ». Dans sa version extrait, Beige rend avec emphase un hommage aux reines des fleurs : l’absolue de jasmin exotique qui se mêle à l’absolu de rose de mai. Une association bien connue chez Chanel, puisque l’on retrouve les deux fleurs dans la plupart des parfums de la Maison. Ce sillage offre à Beige une nouvelle nuance, noble et intense.

Gabrielle-Chanel-1 Jersey de Chanel rend hommage à la lavande, unissant ainsi la simplicité d’un tissu à la modestie d’une fleur. En effet, ce matériau peu noble servait à confectionner les sous-vêtements masculins et Chanel en a fait une révolution de la mode en 1916. La lavande envahit armoires et produits ménagers dans le monde occidental et la Maison Chanel en a fait une merveille exclusive, au territoire ignorant le genre. Arrondie de vanille, de fève Tonka et de muscs, cette variété de lavande appelé Carla fait sortir la fleur de tous ses clichés. Dans sa version extrait, Jersey s’enrichit d’absolue de jasmin exotique, d’absolue de rose de mai sur un fond amplifié de muscs et de vanille. Onctueux et enveloppant comme la matière.

En fait, ces trois extraits des Exclusifs haussent le ton, montent les décibels olfactives, amplifient leur territoire, retiennent le temps mais avec discrétion et élégance. Un paradoxe qui caractérise un parfum de luxe.

Disponibles en boutiques depuis le 28 février 2014

Extrait 15 ml : 185 euros

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Prada Candy , l’Eau

 

Autant Prada Candy m’avait un peu (beaucoup) fait passer l’envie du sucré, autant la version Eau,  créée par Daniela Andrier, sous la direction artistique de Miuccia Prada, me donne l’humeur épicurienne à l’image de Candy, pour qui l’amour est la liberté. Une enfant de bohême très chic, très Prada, sophistiquée et explosive  !

La joie de vivre est le maître-mot de cette Eau dans laquelle cocktail de Muscs blancs, et overdose de Benjoin sont associés à un Caramel beaucoup plus addictif cette fois. L’étendue des notes olfactives semble vouloir traduire la multiplicité des traits de personnalité de  notre petite Candy, qu’incarne l’actrice française Léa Seydoux. Irrésistible et pleine de charme, l’actrice voit en Candy son alter ego.

Ainsi, les notes de cette Eau sont joyeuses, virevoltantes en toute féminité. La légèreté de cette fragrance pétillante est renforcée par les accords d’agrumes d’Italie, qui vivifient les sens, et s’accentue par la présence du joli Pois de Senteur, se dévoilant dans une palette lumineuse.

Optimisme, plaisir et gourmandise sont autant de sentiments qui prennent vie dans ce flacon au design vintage, que vient souligner un étui nude et or. Le cuir Saffiano, emblématique de la marque Prada, l’habille en toute élégance. Quant à l’imprimé Art déco que l’on découvre à l’intérieur de l’étui, il n’est pas sans rappeler la doublure des sacs Prada.

Avec Prada Candy l’Eau, on retournerait bien à l’âge de nos goûters d’anniversaire, aux joies de la fête et des surprises-parties, sur fond de lyrisme et de séduction ingénue, presque pas libertine !

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L’Heure Bleue de Guerlain a 100 ans !

 

120133-04-05-GUERLAIN-HauteParfumerie_02 Les parfums n’ont pas toujours cent ans. C’est même très rare. Il en est pourtant ainsi pour un parfum prodige, une des plus belles architectures olfactives de l’histoire de la parfumerie, L’Heure Bleue de Guerlain créé en 1912. Cent ans ont passé mais l’émotion est restée intacte.

Par une fin de bel après-midi de l’été 1911, entre chien et loup, Jacques Guerlain se promène avec son fils sur les berges de la Seine. L’heure est entre lumière et crépuscule, les bruits de Paris s’adoucissent, l’odeur des fleurs emplit l’air. Le ciel se teinte presque entièrement d’un bleu particulier, plus foncé que le bleu du ciel. Un phénomène physique que l’on appelle « la brunante », causé par la diffusion Rayleigh. Dans cette heure bleue, Il sembla à Jacques Guerlain que tout était en accord dans une harmonie merveilleuse. « Je ressentais quelque chose de si intense, que je pus seulement l’exprimer par un parfum », dit-il. Et ce parfum sentimental ne pouvait porter qu’un seul nom, poétique et intrigant : L’Heure Bleue. La clé du trouble laissé par ce parfum se trouve déjà dans son nom.

l'heure bleue0001-RET En effet, de cet instant de douceur et de sérénité en jaillit l’inspiration. L’esprit de Jacques Guerlain vagabondait dans ces moments de plénitude, intensément romantiques. C’était la Belle Epoque. Une période bénie de paix et de croissance qui permettait le développement d’une vie artistique foisonnante. Paris, ville urbaine et moderne, était le centre de cette vie brillante et légère. Tous les artistes s’y retrouvaient. La population optimiste et insouciante profitait de ces temps bénis, flânait dans Paris et sortait le soir : réceptions mondaines, spectacles, dîners chez Maxim’s ont façonné le mythe de la Belle Epoque. Ce XXème siècle naissant est tendre et cynique, brillant et pathétique jusque dans ses débordements. A la manière des héroïnes des romans de Marcel Proust, créatures sensuelles et vaporeuses, les femmes ressemblaient à des fleurs, perdues dans des ruches de fanfreluches. Corsetées, boutonnées, lacées, chevelure abondante, elles ont l’allure de libellules et sont les muses de cet Art Nouveau, qui les transforme en lianes diaphanes et irréelles. Leurs couturiers s’appellent Doucet, Paquin ou encore Poiret. Ils les entraînent vers des horizons lointains, vers cet Orient rêvé, où avec indolence elles s’abandonnent à une langueur certaine.

Et pourtant, la Belle Epoque s’épuise et touche à sa fin, le monde devient fou, la guerre gronde. Jacques Guerlain raconte avoir ressenti cette catastrophe imminente, dont il avait eu la prémonition. Il l’exprima ainsi : « Le soleil s’est couché, pourtant la nuit n’est pas encore tombée. C’est l’heure incertaine. Dans une lumière du bleu le plus profond, tout – le bruissement des feuilles, le clapotis de la Seine – semble exprimer un amour, une caresse, une infinie tendresse. L’homme est soudain en harmonie avec le monde des choses, dans un moment du temps : le temps d’un parfum ».

Jacques Guerlain était alors parfumeur depuis plus de vingt ans. Il admirait les peintres impressionnistes dont il collectionnait les œuvres. Comme les touches successives de couleurs varient en fonction de la lumière sur une toile impressionniste, les notes olfactives de ses parfums jouent sur la peau les mesures d’une partition singulière.

page 39 L'Heure bleue Alors qu’il sentait le trouble qui envahissait le monde, il voulut rendre un hommage vibrant à sa femme, Lily Guerlain, dont l’allure et la beauté le fascinaient et lui déclarer sa flamme par un parfum unique. Son bonheur était serein, son amour d’époux comblé par la naissance de ses fils. Il lui fallait immortaliser cet amour dans un parfum, afin qu’il dure toujours et en dépit de tout. Lily Guerlain le reçut à la manière d’une offrande, vouée au culte de la passion amoureuse. Elle porta L’Heure Bleue toute sa vie, comme sa signature invisible, son aura.

L’Heure Bleue fut en effet le dernier élan romantique de ces temps crépusculaires, le dernier parfum de la paix, qui sonna le glas d’une époque révolue, ainsi que le Titanic qui avait sombré le 16 avril 1912, emportant avec lui toute une société en déclin. Jacques Guerlain exprima sa passion au travers de ce parfum fleuri-oriental, dans la lignée du terriblement innovant Origan de Coty, créé en 1905 mais quelque peu brutal.

Avec équilibre et douceur, L’Heure Bleue allie les notes poudrées de l’iris et gourmandes de la vanille mariées au musc, à la chaleur de l’œillet et de l’anis, lui donnant un velouté sensuel très particulier. Les notes de tête, délicatement fraîches, sont un accord audacieux de bergamote et d’anis. Les notes de cœur, épicées, fleuries et grisantes, allient l’œillet, le néroli, l’héliotrope à la rose de Bulgarie et la tubéreuse. Sur ces notes nostalgiques du souvenir, persistent en fond, troublantes et poudrées l’iris, la violette, mais aussi la vanille et l’infusion de musc. Le musc est bien ce qui caractérise L’Heure Bleue et qui fait de lui un parfum de peau. Posé en proportions importantes, il lui assure un tombé charnel, une volupté particulière, celle d’un amour accompli dans la sérénité.

Ce parfum magnifiquement architecturé est aussi le premier parfum Guerlain à contenir des aldéhydes. Féminin et délicat, L’Heure Bleue est pourtant capable de se répandre avec volume et puissance. C’est bien son paradoxe, à la fois tendre et sensuel, délicat et intense, maîtrisé et bouillonnant, secret et flamboyant. Un parfum qu’il est si difficile de définir et si aisé à retenir. On ne l’oublie pas ! Désuet pour certain, moderniste pour d’autres. Thierry Wasser dit de lui aujourd’hui « qu’il a une mécanique d’une telle délicatesse, qu’il ne souffre aucune altération ». Il se compare à un velours, parant la peau d’une femme et envoûtant les hommes. Ne vous fiez pas à ses airs timides, L’Heure Bleue a des pouvoirs magiques, qui ensorcellent les cœurs !

 

ENVELOP7 7-5A la manière de l’aquarelle peinte par Clément Serveau (1886-1972) représentant les quais de Seine face à Notre Dame de Paris, qui servit à une publicité de l’Heure Bleue, ce parfum reste symbolique des temps heureux et raffinés de la Belle Epoque. La prémonition de Jacques Guerlain fut juste. La Première Guerre mondiale éclata en août 1914 et la mobilisation générale fut décrétée par le Gouvernement Français. Jacques Guerlain partit au front, dont il revint blessé à l’œil. Etait-ce lui qui avait demandé que des mouchoirs imbibés d’Heure Bleue, le parfum de sa femme dont il était séparé par la Guerre, furent distribués aux poilus des tranchées pour leur remonter le moral et leur apporter une présence féminine invisible mais réconfortante ? En tous les cas, ce talisman reste l’une des métaphores les plus poétiques de la parfumerie.

l_heure_bleue_halo GP OK Son flacon fut dessiné par Georges Chevalier chez Baccarat et appartient à l’Art Nouveau. L’épaulement curviligne du flacon aux lignes sensuelles et les virgules taillées dans le verre s’inscrivent dans ce mouvement artistique, caractérisé par la sinuosité des lignes, qui rappellent les courbes féminines. Son bouchon évidé, dit « au cœur renversé », ou encore « chapeau de gendarme », évoque le sentimentalisme de cette fin de siècle. Ce flacon fut réalisé par cinq verriers : Pochet et du Courval, Baccarat, St Gobain – Desjonquières, les Cristalleries de Nancy et les verreries de Romesnil. Il avait aussi servi aussi à contenir le parfum Fôl Arôme en 1911, comme il en était souvent l’usage à l’époque.

L'heure bleue Gripoix_120133-03(106) De même, comme deux apostrophes autour de la Première Guerre Mondiale, le flacon de l’Heure Bleue servit aussi à Mitsouko en 1919, qui fut quant à lui le « parfum de la paix retrouvée » ainsi que celui des Garçonnes. En 2012, son flacon emblématique est revisité en toute modernité. Il contient l’effluve bien parisien de la Petite Robe noire et les flacons des éditions spéciales, célébrant son centenaire.

Depuis, sa légende fit son chemin, inspira des artistes et fut porter par les plus belles femmes du monde, qui avouent facilement s’adonner avec fidélité à L’Heure Bleue : Catherine Deneuve, Julia Roberts, Clotilde Coureau, Mylène Farmer, Jade Jagger, Lou Doillon, Patricia Arquette parmi tant d’autres anonymes, qui n’échangeraient jamais ce parfum devenu leur premier vêtement de peau, leur pantoufle de vair, celle qui transforme vos rêves en réalité. Françoise Hardy en chanta un air, tout comme Jean-Louis Aubert.

Pour ma part, je continue de l’aimer comme au premier jour, comme la toute première fois où je l’ai porté, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Mais je fais un vœux : que l’on puisse retrouver ces bonnes vieilles teintures de musc animal, qui faisait qu’un parfum tenait si bien à la peau. Si la fée bleue pouvait m’entendre ! …

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Le Réveil de la Maison Oriza L. Legrand

legrand Lorsqu’une belle endormie se réveille et révèle aux yeux du monde ses charmes oubliés, la magie de ce passé restauré opère en nous. L’histoire de la Maison Oriza L. Legrand commence en 1720, sous Louis XV et gravit les siècles avec panache et élégance, de créations inspirées en innovations techniques, se plaçant ainsi au cœur de l’histoire de la parfumerie.

Le fondateur appartenait à la brillante famille Fargeon, parfumeurs originaires de Montpellier. Il prétendait tenir ses recettes de parfums et de cosmétiques de Ninon de Lenclos, célèbre courtisane morte en 1705, dont la beauté et l’éternelle jeunesse continuaient d’être enviées par toutes les dames de la cour de Louis XV. Sa renommée était faite et la légende de la Maison Oriza était en route.

relique Ses successeurs – Antonin Raynaud et L. Legrand – entretiendront cet héritage, en le faisant entrer dans les temps modernes, ceux de l’industrie, des progrès scientifiques et des produits toujours plus nouveaux. De simples artisans et boutiquiers, ils deviennent de puissants industriels, transmettent leur savoir avec l’intelligence de la main et du nez, afin d’orienter le parfum vers la sensualité et le luxe. Ils sont devenus des maîtres de leur art. En consultant les archives de la Maison Oriza L. Legrand, on comprend combien la création olfactive porte en elle l’intuition des changements sociétaux à venir.

pub Ainsi, c’est notre histoire qui se déroule à nos narines, en ouvrant l’un des flacons Oriza L. Legrand. L’émotion est intacte, tant le parfum a cette capacité de réveiller en nous ce qu’il y a de plus intime, de plus incontrôlable, la mémoire. Celle des êtres et des lieux, des moments échappés à jamais, des sensations perdues et que l’on retrouve par la puissance d’un parfum.

Je souhaite de tout cœur que la Maison Oriza L. Legrand continue sa brillante course dans le XXIème siècle avec succès et que ses nouvelles créations apportent beaucoup de bonheur à ceux qui les porteront.

Pour ceux qui souhaitent découvrir les parfums Oriza L. Legrand, ils seront en vente dès vendredi 28 septembre 2012 chez Jovoy (4, rue de Castiglione. 75 001 Paris), chez Marie-Antoinette (Place du Marché Sainte Catherine. 75 004 Paris) et au Salon du Vintage des Blancs-Manteaux dans le Marais les 29-30 septembre 2012.

Et tout savoir sur l’histoire et sur l’actualité, dans le moindre détail, de cette très belle maison de parfumerie : http://www.orizaparfums.com

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