Archives mensuelles : janvier 2011

La Balade des Sens Janvier 2011

Il est encore temps de vous souhaiter une année 2011 belle et lumineuse, qui saura tenir vos sens en éveil, riche en parfums comme en émotions. La météo fut un peu plus clémente en ce début d’année et quelques petites balades ont été réjouissantes. Je vous entraîne !

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Timeless by Alain Divert

Commencez l’année par faire une pause au cœur de ce rude hiver et détendez-vous. Vous n’avez plus à courir car tout est là, en un même lieu. 250 m² d’élégance, de technologie et d’esthétisme : Timeless n’est ni un salon de coiffure ni même un institut. Il est tout à la fois, réunissant les techniques cosmétiques les plus innovantes. Lumière pulsée pour l’épilation, méthode Kuma Shape pour la silhouette et Cosmetic Bright pour la blancheur des dents, dermolissage et panneaux lumineux pour une peau de bébé : tout se présente à des prix abordables. Si vous avez envie de changement en ce début d’année, Alain Divert, dont la réputation n’est plus à faire, créé des soins smoothies pour les cheveux avant de vous proposer coupes, couleurs et extensions. Mêlant science, confort et beauté, Timeless est LE bon plan de ce début d’année !

57, avenue Franklin Roosevelt, Paris 8° – 01.45.61.08.09 – www.timelessaesthetic.fr

 

clip_image002Chanel en XXL

2011 revoit ses classiques et met à l’honneur une icône du parfum, le N°5 de Chanel, sur l’un des plus beaux édifices parisiens : le Musée d’Orsay. Cet absolu de séduction signa les débuts de la parfumerie moderne en 1921 et demeure un mythe vivant. Ainsi, tel un étendard de 260m² brodé de 1200 sequins assemblés à la main, l’inoubliable flacon s’est déployé du 6 au 21 janvier sur la façade du célèbre Musée.

 

clip_image001Un nouveau-né chez Kibio : c’est une fille !

Kibio est heureux de vous présenter l’Emulsion Démaquillante à l’Eau, benjamine de de sa gamme de soins accessible et écologique. Onctueuse, elle exhale un frais parfum de fleur d’oranger dont les propriétés reconnues éveillent les sens comme le teint. Graines de coton et huile végétale de jojoba complètent ce soin aux vertus apaisantes, hydratantes et rafraîchissantes. L’Emulsion Démaquillante à l’Eau se marie parfaitement aux autres soins de la gamme Kibio, pensés et conçus pour offrir une peau plus saine.

Emulsion Démaquillante à l’Eau, tube de 125ml, sans étui (écologique) = 13.50 €

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« OH, MY GOD ! » PORTRAIT OF A LADY et GÉRANIUM POUR MONSIEUR by Jean-Luc Suchet

portrait of a lady A presque un an d’intervalle, Dominique Ropion a composé ces deux fragrances insolites pour Les Editions de Parfums Frédéric Malle. L’une n’étant pas le contraire de l’autre. Monsieur va bien avec Madame, dans un genre very british, plutôt high society que middle class. A vrai dire, chez notre dandy parfumeur, gentleman Malle, il n’y rien là de bien étonnant. Au diable, chez lui, les parfums dictés par des tests, adieu au consensuel et au banal, aux « parfums de coiffeuses », place à l’élégance innovante, à l’inattendu, pour le plus grand plaisir des nez bien élevés.

Cette lady là n’a rien de gaga, exit aussi Madame Beckham et toutes les autres cruches du même tonneau. Le propos de la dite Lady évoque la grande élégance, au sens littéral du mot, un heureux mixte entre tradition et extravagance, celle qui se sent plus qu’elle ne se voit. Idem pour son compagnon, il n’est pas du genre pilier de pub, à se gratter le costume trois pièces, en public. Tout ce beau monde sait se tenir, non sans ironie et audace.

Mais, vous allez me dire, qu’est-ce que ça donne du côté olfactif ? De l’original, du bien foutu, du bien maîtrisé un peu déjanté. Les deux fragrances partagent une base de musc, de benjoin, de cannelle, de santal, de patchouli et d’encens. Inutile d’énoncer qu’elle ait des plus désinvoltes. C’est plutôt hot. Sur le masculin, elle est nettement plus en sourdine, car elle pourrait défriser la gent masculine aussi facilement qu’un jour de pluie en Cornouaille. Pour qu’elle leur aille ou du moins à ce qu’il fasse avec, la composition fait entrer en piste un cœur de géranium Chine et une absolue de menthe. Ce qui donne un côté à la fois frais et savonneux, qui pourrait sembler classique mais qui ne l’est pas du tout. En vérité, très chewing-gum.

geranium pour monsieur 100ml Etant mon propre cobaye et n’étant pas réfractaire aux essais, j’étais persuadé que j’allais me l’approprier aussi vite qu’un t-shirt de bonne qualité bien coupé. Ô rage, ô désespoir, sur moi, c’était aussi agréable qu’une friction de Synthol, ça faisait plus de mal que de bien. Question de peau, question de goût, que sais-je… Quelques temps plus tard, j’ai eu le plaisir de croiser Frédéric Malle, ce jour-là, il portait Géranium pour Monsieur. Sur lui, c’était parfait, ça lui allait comme le bleu va à la grande bleue. En fait, c’est un parfum qu’on enlève bien ou pas du tout, qu’on aime ou qu’on déteste. Un peu dérangeante pour certains, emballante pour d’autres, cette belle création, comme toute véritable création, n’est pas faite pour plaire à tout le monde frisé ou pas. Elle est à mes yeux une alternative aux fougères aromatiques, dans un genre moins bêtement viril, mais néanmoins furieusement masculin.

image Portrait of a Lady est un pur bijou olfactif. Le charme et l’arrogance à l’état pur, avec un zeste d’innocence. Aurait-il été composé pour la future princesse de Galles, Kate Middletown, ou bien alors pour l’Anglaise la plus chic au monde, Lady Yehudi Menuhin, ou certaines Kent. En tout cas, ça sent furieusement bon. Ici, la base commune donne toute sa vertigineuse ampleur, une persistance incommensurable. Il est fortement probable que le patchouli et, surtout, un dosage massif de muscs blancs, y sont pour quelque chose. Pourtant, ce que l’on garde de cette belle fragrance à vue de nez, c’est la rose. Essence et absolue de Rose Turque sont posées là comme sur un coussin de velours. Elles dévoilent mille et un sortilèges qui vont de la rose fraiche au départ, à un bouquet ultime des plus capiteux, sans tomber dans la confiture. Ce n’est ni Paris de YSL, ni Trésor de Lancôme. C’est tout autre chose, infiniment délicat mais, au final, un monstre de sensualité. Bravo !

Géranium pour Monsieur, EDP 50ml, 95€ ; Portrait of a Lady, EDP 50ml, 145€. http://www.editionsdeparfum.com

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Jeux de Peau de Serge Lutens

image Dans ces jeux de peau, Serge Lutens s’amuse avec des jeux de mots et de matières à une troublante transmutation. Cette nouvelle « petite madeleine » a le goût et l’odeur du pain sorti du four, le souvenir d’une mission de haute importance confiée à un enfant. Celle de rapporter le pain à la maison que l’on mange en partage : une offrande.

L’histoire commence dans les rues noires d’une ville sombre. L’enfant s’avance sur le trottoir. Entre chien et loup, le ciel trop bas est désespérément gris, tout comme les maisons qui bordent les rues, tout comme la vie un peu terne qui s’étire sans bonheur mais non sans petites joies. Un point lumineux attire l’enfant, qui hume l’odeur enveloppante d’une fournée, juste sortie du four. La boulangerie irradie de tous ses feux dans le quartier. La boulangère, telle une star d’Hollywood, y joue son rôle, interrompant à chaque entrée d’un client ses lectures de gazettes cinématographiques. Son dentier rutile, ses cheveux trop blonds scintillent et son tonitruant bonjour a ce je-ne-sais-quoi de trop affecté, qui impressionne l’enfant. A lui, elle condescend seulement à lui servir son pain. Mais lui n’en a que faire, il a son trésor entre les mains et il s’échappe aussi vite qu’il le peut, de cet endroit qu’il vénère autant qu’il le répugne. La mémoire s’arrête à 7 ans, nous confie Serge Lutens.

image Alors, pour se remémorer, il ouvre le flacon. Des notes chaudes et beurrées s’échappent au-dessus du goudron : une croûte un peu brûlée, de la chicorée, les prémisses d’un goûter qui pourrait aussi s’assortir de réglisse et de caramel fruité. Soudain, une fleur pointe sur le bitume dans un corps lacté de santal, qui ondule. Le ciel s’ouvre. Un enfant sourit. La mission est réussie. Complice, Serge Lutens professe : « Mangez, ceci est mon corps ». C’est alors que le miracle arrive, la transmutation s’accomplit : l’encens et la myrrhe révèlent et ourlent l’odeur dorée du blé. L’ordinaire devient spirituel. Ce pain est christique. Une autre manière d’avoir Serge Lutens dans la peau !

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LA COLLECTION COUTURIER PARFUMEUR DE CHRISTIAN DIOR : LA FIÈVRE DES COLLECTIONS par Jean-Luc Suchet

Granville-1 Après Chanel, Hermès, Guerlain, Prada, Cartier, Armani et Van Cleef & Arpels; Dior, avec un peu de retard sur cette tendance, lance sa collection de parfums luxueux et exclusifs. Une de plus. Tant mieux, peut-on s’exclamer ! D’autant plus, qu’en général, ces collections sont plutôt bien tournées. Cet épiphénomène n’a de sens, du moins au mien, que chez les parfumeurs de longue date et d’envergure, dont Dior. Encore faut-il que les histoires odorantes contées aient légitimité et vraisemblance, qu’elles ne soient pas seulement une manière de démontrer ou d’imposer un savoir-faire empreint de turpitudes existentielles, d’afficher une présence volontaire vis à vis de ses concurrents. Dans tous les cas, pas question de plaire sur le plan planétaire, ce registre se veut confidentiel et anti marketing, pour l’instant. Rien à redire puisque toutes ces créations, quelquefois mixtes, élèvent le niveau d’un univers qui flirte trop souvent avec le consensuel et la facilité.

Sur le terrain des collections, Chanel, en pionnier, avec ses Exclusifs, a tout bon. Le discours est précis, c’est original, et ça sent extrêmement bon. Du Chanel pur et dur exécuté avec élégance et sans aucun compromis. Du vrai luxe en flacon imaginé par le grand Jacques Polge. Joliment nommées, toutes les fragrances racontent avec subtilité un lieu, une adresse, un épisode, un élément clé de la vie de Mademoiselle. Intelligemment et olfactivement bien vu. Chez Hermès, les Hermessences de Jean-Claude Ellena, ou chez Guerlain, l’Art et La Matière, rendent hommage aux belles et grandes essences, à certains accords, avec grâce et exigence. C’est tout aussi bien mené. De son côté, Mathilde Laurent pour Cartier déroule ses Heures avec beaucoup d’audace et de maîtrise de son sujet. Chaque collection, diffusée avec parcimonie, est le fait d’un seul nez, d’où leur cohérence magistrale. Quant aux autres marques et collections, écrites par différents auteurs, je me demande pourquoi ils tentent cette aventure, à moins de vouloir occuper coûte que coûte un terrain sur lequel il bafouille avec plus ou moins d’aisance.

NewLook Qu’en est-il pour Dior? Depuis Miss Dior (1947), cette grande maison fait partie des parfumeurs de haute volée, liés aux froufrous de la haute couture. Au fil du temps, les grandes créations se sont enchaînées avec succès, notamment : Eau Sauvage, Poison et J’adore. Depuis quelques temps, cette Maison est atteinte de collectionnite aigue, Les Poisons, Les Escales, et maintenant La Collection Couturier Parfumeur avec dix références, dont sept nouvelles composées par François Demachy. Pourquoi pas. Cette nouvelle collection reprend en son sein trois précédentes créations bien ficelées: Eau Noire, Bois d’Argent et Ambre Nuit. Tout comme Chanel avait inclus dans ses Exclusifs des compositions de jadis : Bois des Iles, Cuir de Russie, N°22, Gardénia. Une cohabitation, qui, dans ces deux cas là, me semble pertinente afin de pouvoir faire vivre ensemble le patrimoine d’hier et d’aujourd’hui. Dior a également choisi de calquer les noms de certaines créations sur les évènements, les lieux, les gens, qui ont rythmé la vie du grand couturier : New Look 1947, Granville, Milly La Forêt, Mitzah. Une sorte de repère géographique tendre et intime de l’univers de Monsieur Dior, à qui l’on rend ainsi un ultime hommage. Quitte à faire ou à suivre – de loin – un peu Chanel. De même, le bouchon aimanté des flacons n’est pas sans rappeler celui des Exclusifs. Les coïncidences et les comparaisons s’arrêtent là, afin d’éviter toute ressemblance fortuite ou voulue. La bienheureuse différence est dans le registre olfactif. Chez Chanel, on jouait surtout celui de la beauté simple et vraie, alors que Dior fait plutôt dans le grand genre et l’opulence. La distinction est de taille et mérite d’être soulignée.

Mitzah Ne pouvant passer en revue toute la collection Dior, j’ai choisi d’évoquer quatre créations singulières dont les noms seuls ne suffisent pas à les appréhender réellement. Je laisse de côté : Cologne Royale, Vétiver, Milly La Forêt et Ambre Nuit. Ce dernier a, d’ailleurs, fait ici l’objet des mes commentaires en mars 2010. New Look 1947. Ce somptueux bouquet floral ne vient pas d’un quelconque fleuriste mais plutôt de chez Lachaume. Il est, paraît-il, construit autour de la tubéreuse. Personnellement, je ne la perçois pas. Et pourtant, elle n’est pas du genre à jouer les timides, à s’effacer devant ses compères. Au fond de cette immense corbeille de fleurs composée également de roses qui pointent leur nez, de jasmin sambac et d’ylang ylang, il y aussi une brassée de bois (benjoin) et de vanille pour arrondir les angles. Pas de facettes fraîches. C’est du Dior d’une certaine époque. Mitzah. Derrière ce prénom, se cache Madame Bricard, la muse follement élégante de Monsieur Dior. Pour elle, François Demachy a composé un étrange opus à la gloire de l’hyper féminité. En fait, un oriental floral (rose) et ambré, mystérieux, velouté et élégamment enlevé. Granville. Le lieu de naissance de Christian Dior. Ambiance plus masculine. Il peut faire penser à Eau Sauvage, mais avec plus de puissance.

LeatherOud Très citronnée, aromatique (thym et romarin), riche en en absolu de pin, cette création n’est pas si simple qu’elle n’en a l’air de prime abord. Elle a du coffre, voire une profondeur, un vrai sillage grâce à la touche, au final, de santal. Leather Oud. Il devrait plaire aux deux sexes. C’est le bois de Oud qui mène la danse avec ses facettes si complexes, si denses, légèrement baumées. L’impression cuirée (essence de bouleau) est assez réservée. L’Ambrox, lui, vient à point nommé afin d’emmener la fragrance vers une voie plus sensuelle, plus mode aussi.

La Collection Couturier Parfumeur est disponible en trois formats, vapo de 125 ml, 150€ ; 250 ml, 225€ ; 450 ml, 330€.

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