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Portrait d’une coloriste : Catarina Lopes

 

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Avec ce Printemps éclatant, qui prend les allures d’un été s’invitant en avance, je fus prise d’une furieuse envie de mettre de la lumière dans mes cheveux. Il me fallait absolument un coup d’éclat, afin d’en virer le “terne” hivernal, mais en  en donnant une belle illusion du naturel, tout en nuances. Le bouche à oreilles étant toujours de bon conseil, je suis allée de bon matin à « L’Atelier des Couleurs », un espace dédié à la coloration et aux soins du cheveu, dont je suis heureuse de vous présenter la créatrice et maîtresse des lieux.

Catarina Lopes ouvre les portes de son « atelier écrin », un havre de paix et de sérénité, à toutes celles qui souhaitent une couleur la plus naturelle possible et sans fausse note. « Mon désir est d’offrir aux femmes un travail sur mesure avec des produits et des soins de qualité. J’adapte la couleur à chaque type de visage, en me basant essentiellement sur la pigmentation naturelle de la peau et des yeux. Cela permet de respecter scrupuleusement la qualité du cheveu et de garder une parfaite harmonie entre la couleur des yeux et de la peau », dit Catarina. Et elle dit vrai ! 

Après deux ans passés chez Carita, Catarina Lopes entre chez Christophe Robin où elle est reste 11 ans (elle a 32 ans). Créative, passionnée par les arts plastiques, les couleurs et les mélanges, elle  a une vision de la coloration qui se rapproche du make up. Un art bien à elle, qu’elle a décidé depuis peu de vivre à sa manière et de le partager avec toutes celles ou ceux qui lui feront confiance. Et on le peut !

Abrité dans un élégant appartement parisien, L’Atelier des Couleurs, c’est  un lieu chaleureux, sublimé par le talent de Catarina et de ses collaborateurs, des produits de coloration doux (antioxydant, sans ammoniaque, sans silicones) et des soins musclés (produits Christophe Robin), alliés à un savoir – faire unique pour répondre aux demandes et exigences d’une clientèle avertie. Le résultat est spectaculaire mais surtout en toute discrétion. Je suis sortie, les cheveux brillants, soyeux et lumineux … et le sourire aux lèvres. Comble du raffinement, ce joli appartement est un cocon parfumé, où les plantes et les fleurs s’épanouissent agréablement, éclairées par de jolies bougies, quand ce n’est pas le soleil, venu en hôte, leur caresser les feuilles. Tout en s’occupant de vos cheveux, on vous sert un thé délicieux de votre choix ou autres douceurs de votre goût. Alors, on se laisse aller, on prend le temps de vivre, qui finit enfin par suspendre son vol.

 ©gilles Serrand-VO-IMG_1174 copie Ce lieu ressemble à sa créatrice !

  1. Le principal trait de votre caractère ? la générosité
  2. Votre rêve de bonheur ? de partir de Paris pour aller vivre à la campagne, entourée de rosiers et de soleil
  3. La musique qui vous transporte ? Imany « you will never know »
  4. Votre couleur préférée ? le rouge
  5. Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? Marilyn Monroe
  6. Vos héros ou héroïnes dans la fiction ? Une héroïne d’un roman de Marvel (j’ai un fils de 4 ans)
  7. Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ? ma mère
  8. Le lieu qui vous ressemble ? Couto, mon village au Portugal
  9. Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas ?
  10. Un livre que vous ne quittez pas ? Les quatre accords Toltèques
  11. Votre peintre préféré ? La toile qui vous emballe ? Picasso, son tableau « Dora Maar au chat » me transporte
  12. Le plus délicieux moment de la journée ? chaque fois que je retrouve mon fils, en général en fin de journée.
  13. Votre repas idéal ? un plat bio : du poisson grillé, des tomates et des courgettes
  14. Votre boisson favorite ? le champagne rosé
  15. Avez-vous un parfum fétiche ? Jo Malone « Amber & lavander »
  16. La matière première naturelle qui vous inspire le plus ? le curcumin
  17. Votre première rencontre avec un parfum ? De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style ?
  18. Votre palette idéale ? un parfum floral ou vert
  19. Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez? ce qui est laid pour quelqu’un ne l’est pas forcément pour un autre
  1. Etat présent de votre esprit ? heureuse

L’Atelier des Couleurs

4, rue Bérenger – 75003 Paris

Du lundi au jeudi de 10h à 19h sur rendez-vous : 01 44 61 19 89

Nocturne le vendredi jusqu’à 22h

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Portrait d’un parfumeur : Bertrand Duchaufour

 

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Bertrand Duchaufour est un épicurien sage et attentif. Il a intégré depuis Mai 2008 l’équipe de la Grande Boutique de l’Artisan Parfumeur et a en charge la création des parfums sur mesure ainsi que d’autres projets olfactifs pour la marque. Il garde cependant une activité de parfumeur indépendant.

Il est l’auteur inspiré de créations chez l’Artisan Parfumeur (Méchant Loup, Patchouli Patch, Poivre Brûlant, Piment Brûlant, Dzongkha, Timbuktu) chez Comme des Garçons (Calamus, Mint, Sequoia, Avignon, Kyoto, Harissa, Cinnamon, Peppermint, Rhubarb), chez Eau d’Italie (Bois d’Ombrie, Eau d’Italie, Paestrum Rose) et chez Acqua di Parma (Acqua di Parma Assoluta, Cipresso di Toscana).

clip_image004 Je vous avais présenté sa très jolie collection Mon Numéro pour l’Artisan Parfumeur, dans une précédente ballade des sens. J’avais été aussi touchée par sa sensibilité de parfumeur et l’authenticité de sa démarche. Bertrand Duchaufour avait alors accepté de se soumettre au questionnaire de Proust !

Le principal trait de votre caractère ? la patience

Votre rêve de bonheur ? vivre intensément le présent

La musique qui vous transporte ? David Sylvian, Nils Petter Molvaer, Radiohead, Trentemöller, Unkle, Massive Attack, Portishead…

Votre couleur préférée ? ??? toutes !

Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? Alexandre le Grand, Napoléon, Ghandi, Jesus Bouddha

Vos héros ou héroïnes dans la fiction ? Corto Maltese

Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ? Je n’en ai pas

Le lieu qui vous ressemble ? mon appartement

Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas ? mon appareil photo et mon carmet à dessins

Un livre que vous ne quittez pas ? un livre sur l’art primitif africain

Votre peintre préféré ? Jérome Boch et Francis Bacon La toile qui vous emballe ? Le jardin des délices

Le plus délicieux moment de la journée ?

Votre repas idéal ?

Votre boisson favorite ? un bon vin ( bordeaux )

Avez-vous un parfum fétiche ? plus maintenant

La matière première naturelle qui vous inspire le plus ? l’iris ? le vétiver ? l’angélique ?

Votre première rencontre avec un parfum ? 19 de Chanel

De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style ? Roudniska, Ménardo

Votre palette idéale ? le plus de produits possible dans tous les camaïeux possibles

Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez? Que c’est bien, c’est éviter de vendre son âme au diable

Quelle est votre vision du parfum de demain ? Il pourrait être mystérieux et minimaliste en même temps, il pourrait être autre chose

Votre devise de parfumeur ? spontanéité et lenteur se complètent bien

Etat présent de votre esprit ? en état de palpitation et d’effervescence incessantes … !

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Rencontre avec BEN GORHAM, le créateur des parfums Byredo. Un parfum d’innocence… par JL Suchet

 

PORTRAIT BEN GORHAM J’ai découvert Ben Gorham, grâce à Lili Barbery, une consœur journaliste à Vogue et, surtout, une grande amie. Elle l’avait rencontré à Stockholm au cours d’un voyage de presse et m’avait fait part de ses impressions, plutôt bonnes, sur ce jeune homme et ses créations olfactives. Quelques temps après, je me suis rendu Au Bon Marché où il a un stand à son nom afin de me faire une petite idée sur le sujet. J’avais trouvé l’ensemble intéressant, bien ficelé et très attractif sur le plan visuel, les senteurs, elles, ne m’avaient pas particulièrement bouleversé, mais, je dois dire, que j’étais allé un peu vite pour humer ces huit eaux de parfum. Il y a maintenant près d’un mois, son attachée de presse parisienne me contactait pour m’inviter à le rencontrer lors de son prochain passage à Paris. J’acceptais bien volontiers, et rendez-vous fut pris pour un après-midi de mai au bar du Lutétia.

C’est un grand garçon au physique très avantageux, au regard clair et doux, aux tatouages impressionnants sur les bras et le torse (il n’était pas torse nu, sa chemise était entrouverte), qui m’attendait ce jour-là. Contact simple, direct, sans chichi, et conversation en anglais. La France étant le pays du parfum, du moins le reste-t-elle pour l’instant, je me demandais ce qu’un suédois pouvait bien avoir à me raconter et à me prouver, mais son charme et sa séduction naturels m’avaient déjà fait faire un bout de chemin ou tout au moins un pas dans sa direction. Je l’écoutais, attentif, avec plaisir et intérêt.

byredoshop_1_2_small Le nom de sa marque Byredo demande une légère explication. C’est la contraction de by redolence qui, en français, signifie par le parfum ou par ce qui embaume. Plutôt une bonne idée car son nom de famille sonne moins bien et fait un peu indien, et pour cause! C’est aussi, probablement, une façon de ne pas trop se mettre en avant. Son père est suédois, sa mère, indienne, bienheureuse mixité ! Enfance entre le Canada et la Suède, où il vit actuellement, une formation à l’Ecole des Beaux Arts de Stockholm, un diplôme de design intérieur, un passé de basketteur professionnel, rien qui ne laisserait présager une addiction quelconque au monde des senteurs. De plus, il m’avoue n’avoir aucune culture olfactive, donc pas de Guerlain, de Chanel ou de quoi que ce soit d’autre, dans son rétroviseur. Alors, pourquoi s’adonner aux parfums? Sa réponse est nette, pour lui, cette addiction est comme une psychanalyse, et un moyen également d’évoquer ses émotions, sa sensibilité, ses idées, ses envies, son univers intime, de raconter des histoires, de voyager dans l’imaginaire, et de partager idéalement. Sans être autiste, Ben Gorham aime et préfère s’exprimer par le langage des odeurs. En le regardant, je ne doute pas un seul instant qu’il a du goût, un sens esthétique et artistique aigu. De là à créer des parfums et à les vendre avec un succès certain… Je pense qu’il faut aussi un peu de chance et avoir quand même un nez à l’affut. Il me raconte avoir rencontré Pierre Bourdon à ses tout début en 2006, ce qui est déjà un heureux présage, mais cela ne fait pas un cursus. Décidément, cette aventure est peu commune. Ben respire le frais, l’honnêteté et l’innocence, la clarté, le bien foutu ; des qualités que ses parfums reflètent parfaitement. Pas prétentieux pour un sou, pas comme tous ces jeunes parfumeurs assoiffés de reconnaissance qui composent sans cesse des ritournelles lassantes, en criant au génie.

Lui, définit son style comme non arrogant, non over dosé, simple en fait. J’ai envie de lui dire que la simplicité est ce qu’il y a de plus difficile. Sa franchise est désarmante. N’ayant pas fait d’apprentissages particuliers dans le domaine qui nous intéresse, il sait fort bien que là ou le bas blesse, c’est que techniquement il lui est impossible de composer, seul. Après tout, Gabrielle Chanel, Estée Lauder, Jeanne Lanvin, Yves Saint-Laurent et tant d’autres ne sont pas non plus des as de l’éprouvette, des nez de laboratoire, ce qui ne les a pas empêché de faire des fragrances pour le moins marquantes. Il suffit d’avoir du goût et un bon technicien à ses côtés. Et j’ajoute, quelques idées très sûres. Le goût ne s’invente pas, on en a ou pas, et ce n’est toujours une question de culture. Le côté technique, il le laisse à Jérôme Epinette (Robertet) qui, d’après ses directives, lui fait sentir des ébauches d’accords qui peu à peu évoluent, jusqu’à ce Ben soit pleinement satisfait. En fait, M. Epinette donne vie à son vécu, ses fantasmes, et à son imaginaire. Sentir les matières premières séparément ne l’intéresse pas, pour l’instant. C’est dire s’il ne prend pas pour un parfumeur ! Cette façon de travailler me semble avoir des limites car, quelquefois, notre beau tatoué prend des directions conventionnelles, même si elles ont de plaisants contours.

baudelaire_press bild Là où il est très fort, c’est sur le concept, la présentation, l’emballage, le choix des noms. Beaux Arts oblige, l’ensemble est absolument magnifique, d’une cohérence artistique parfaite, à la fois classique et contemporaine. Un peu comme lui. Il suffit de jeter un œil sur sa première boutique ouverte récemment à Stockholm pour s’en rendre compte. Côté parfums, au nombre de onze actuellement : Green, Chembur, Gypsy Water, Rose Noir, Pulp, Bal d’Afrique, Fantastic Man, Blanche, Baudelaire, La Tulipe, et le dernier en date, Palermo. Les messages semblent clairs et ont de quoi plaire à un public plutôt jeune, un poil hermaphrodite, fan de l’I Phone et de Face Book, et maintenant du I Parfum, qui aurait envie de se parfumer différemment et de manière plus confidentielle, de découvrir d’autres horizons sans sombrer dans l’inconnu, pour ainsi échapper à la dictature olfactive de certaines marques, plus attirantes par leur publicité que par leur jus. Il se dit moins à l’aise avec le registre floral, pourtant, sa Rose Noir en est le plus cinglant désaveu, tant elle est sombre, profonde, sans être maniérée. C’est en interprétant ou en évoquant ses émotions les plus personnelles, sans pathos, qu’il trouve sa vraie originalité : Green (son père), des notes vertes, Chembur (sa mère), un boisé sec, à mon avis les senteurs les plus réussies. Fantastic Man est aussi un beau travail autour du thème Cologne tressé de chypre. Sous des airs simples, comme La Tulipe – très intéressante car elle exhale une rosée matinale idéale -, il y a toujours d’agréables surprises dans ses créations. Comme quoi l’innocence a encore un plaisant devenir. Par avance, je m’en réjouis, en vous faisant découvrir notre questionnaire à la sauce proustienne.

image Le principal trait de votre caractère? L’humour mais en même temps les gens savent que je peux être sérieux quand il faut l’être.

Votre rêve de bonheur? Passer plus de temps avec ma famille et mes amis car mon travail m’absorbe beaucoup trop.

La musique qui vous transporte? J’écoute différentes sortes de musique, mais récemment je réécoute Otis Redding, Otis blue.

Votre couleur préférée? Je n’en ai pas.

Vos héros ou héroïnes dans l’histoire? Gandhi pour la « non coopération ».

Vos héros ou héroïnes dans la fiction? Johnny “Drama” de Entourage (Entourage est une série américaine créée par Doug Ellin et diffusée depuis le 18 juillet 2004 sur le réseau HBO).

Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle? Ma mère. Elle nous a élevé ma sœur et moi et a toujours fait en sorte que nous ayons ce dont nous avions besoin.

Le lieu qui vous ressemble? Probablement New York puisque je suis le mélange de plusieurs cultures.

Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas? Mon I phone et le vaporisateur de voyage en cuir BYREDO.

Un livre que vous ne quittez pas? La Source Vive de Ayn Rand.

Votre peintre préféré? La toile qui vous emballe ? Francis Bacon et les choses qu’il a faites à la fin des années 1940.

Le plus délicieux moment de la journée? Le petit déjeuner, le déjeuner et le diner.

Votre repas idéal? Une tagliata de bœuf et la nourriture italienne en général.

Votre boisson favorite ? L’eau du robinet suédoise.

Avez-vous un parfum fétiche? Non.

La matière première naturelle qui vous inspire le plus ? L’océan.

Votre première rencontre avec un parfum? Sur mon père, Grey Flannel de Geoffrey Beene.

De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style? Le Labo

Votre palette idéale? Je pense que j’aime les parfums boisés même si je ne connais pas encore assez les matières premières.

Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez? Je pense qu’il s’inquiétait trop de ce que les gens pensaient.

Quelle est votre vision du parfum de demain? Mon nouveau parfum, Palermo, sorti en juin.

Votre devise de parfumeur? Lutter pour l’expression unique.

Etat présent de votre esprit? Affamé.

Byredo, eau de parfum, 100ml, 115€, Au Bon Marché et chez Colette. http://www.byredo.com.

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Portrait d’un parfumeur : Christel Bergoin, créatrice de la marque "Valeur Absolue"

 

Bergoin_030G_Piel-1- Enfant, Christel Bergoin pénétrait avec délices dans les pharmacies, qu’elle aimait pour leurs divines senteurs de préparations médicinales. Elle collectionnait les flacons, les articles, les publicités à propos des parfums, et enfermait soigneusement ses trésors dans des pochettes. Dans la rue, son jeu préféré était assez singulier : deviner le parfum des passantes.  A 13 ans, comme une révélation, sa décision est prise : elle fera le plus beau métier du monde, elle sera parfumeur. Ordonnée, méthodique, douce mais déterminée, Christel suit la voie royale : elle est admise à l’ISIPCA, l’école des parfumeurs. Dès 1993, parallèlement à ses études, Quest l’accueille pour une formation. D’Ashford, en Angleterre, à Naarden, aux Pays-Bas, elle va jusqu’au bout de son envie d’apprendre et de comprendre.

En Juin 1998, à peine nommée parfumeur, elle remporte, le jour-même de son anniversaire, le Prix du Jeune Parfumeur, organisé par la Société Française des Parfumeurs. Sur le thème “Cézanne et la Provence”, elle a l’idée originale et séduisante d’un pastis bucolique, joyeux, tout enrobé de tendresse, de réglisse et de lumières.

Férue d’odeurs, elle est à l’aise dans les floraux, aime à la folie les chypres et se frotte volontiers aux orientaux. Respirer l’air du temps, se mettre à l’écoute des attentes, explorer les possibilités infinies des senteurs, elle sait que le parfum est un art qui doit plaire à ses amateurs. Aussi, elle fonde avec une autre passionnée et gemmologue Laurence Chatelain, la marque : « Valeur Absolue », à l’écart de nombreux parfums lancés chaque année et du monde marketing. Laurence Chatelain a étudié les propriétés thérapeutiques des minéraux à partir de nombreux ouvrages, français et étrangers, qui traitent de la lithothérapie et de l’énergie des pierres. Elle a l’envie de mettre à profit ses connaissances en lithothérapie. Chrystel Bergoin crée les parfums qui en exploitent les pouvoirs.

clip_image002La Marque « Valeur Absolue » est une collection unique et prestigieuse de quatre parfums aux huiles essentielles et de pierres semi-précieuses.  Quatre créations qui concilient l’aromacologie, l’art d’utiliser les huiles essentielles pour influencer les émotions, et la lithothérapie, une pratique ancestrale qui met les caractéristiques particulières des minéraux au service de l’harmonie, pour inventer une nouvelle façon de se parfumer. Quatre fragrances exclusives, aux notes inspirées et originales, qui font naître des émotions, des sensations inédites. Prenons l’ exemple du Quartz Rose qui correspond à la Famille olfactive florale musquée et qui renvoie à la séduction. L’inspiration de Christel Bergoin a été la suivante : « Le Taj Mahal, mausolée dédié à l’amour, a été édifié par Shah Jahan à la disparition de sa compagne Mumtaz Mahal. Les murs sont rehaussés de compositions florales en pierres précieuses et semi-précieuses. J’avais ces images en tête quand j’ai composé la fragrance. J’ai choisi les huiles essentielles de santal et d’ylang-ylang pour leurs effets aphrodisiaques et intensément relaxants. ». Christel compose toujours ainsi, en procédant par ces mêmes associations. A l’améthyste correspond la sérénité et la famille florale vanillée. A l’Aigue Marine, la vitalité et la famille épicée boisée. A l’Oeil de Tigre, la protection et la famille hespéridée orientale. Ces quatre parfums précieux  continuent de se charger dans leur élégant flacon, de la force des pierres semi-précieuses qui ont influencé leur composition.

Le site est : www.valeurabsolueparfums.com

J’ai rencontré Chrystel Bergoin en 2007 chez Quest, dans le cadre d’un projet de création, qui faisait intervenir différents parfumeurs. Suite à plusieurs séances de travail avec Yves de Chiris et Frédérique Walter, mon« kaléidoscope » fut constitué mi décembre 2006.  Chrystel avait ensuite été désignée pour développer mon « parfum sur mesure ». Nous nous sommes donc rencontrées à plusieurs reprises dans l’année 2007 avant les changements opérés par le rachat par Givaudan. J’avais apprécié son écoute, sa douceur et son audace, celle dont les « timides »sont capables ! Elle m’avait proposé trois pistes qui sont restées inachevées : une rose (Au nom de la rose), un iris (Iris pourpre) et une tubéreuse (Agapanthe). Elle a accepté de se livrer davantage sur elle et ses passions !

 

  1. Bergoin_004G_Piel-1- Le principal trait de votre caractère ? Timide ce qui me joue des tours, mais je travaille dessus…
  2. Votre rêve de bonheur ? Au calme sur une plage ensoleillée
  3. La musique qui vous transporte ? Leftfield ou encore la musique de La Marche de l’empereur d’Emilie Simon
  4. Votre couleur préférée ? Le beige
  5. Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? Il y a tellement de gens qui ont fait des choses héroïques
  6. Vos héros ou héroïnes dans la fiction ? Le conte de Monte Cristo ou encore les Na’vi (dire que je suis allée voir le film à reculons).
  7. Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ? Simone Weil pour tout ce qu’elle a osé faire
  8. Le lieu qui vous ressemble ? Ma maison
  9. Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas ? Mon filofax, il y a tout dedans !
  10. Un livre que vous ne quittez pas ? Ce n’est pas un mais plusieurs, ce sont mes livres de cuisine dans lesquels je puise beaucoup d’inspiration.
  11. Votre peintre préféré ? La toile qui vous emballe ? J’aurai préféré comme question « celui qui vous surprend le plus ? » et j’aurai répondu « Damien Hurst » qui fait des choses incroyables.
  12. Le plus délicieux moment de la journée ? Le matin quand mon fils vient se glisser sous ma couette
  13. Votre repas idéal ? Un repas entre amis autour d’une brouillade aux truffes
  14. Votre boisson favorite ? Un jus d’orange frais ou un verre de Gewürztraminer ! Rien à voir mais tellement bon !
  15. Avez-vous un parfum fétiche ? J’adore Stella de Stella Mc Cartney
  16. La matière première naturelle qui vous inspire le plus ? Elles ont toutes un intérêt
  17. Votre première rencontre avec un parfum ? Le parfum de ma tante a l’âge de 2 ou 3 ans. C’est en sentant des échantillons des années plus tard que j’ai compris qu’elle portait Magie Noire, un délice.
  18. De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style ? JC Ellena et C Nagel pour leur écriture simple et créative
  19. Votre palette idéale ? Une palette large olfactivement et sans limite de prix
  20. Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez? A chacun ses gouts !!!!
  21. Quelle est votre vision du parfum de demain ? Une parfumerie plus épurée et moins frileuse
  22. Votre devise de parfumeur ? Travailler et s’accrocher
  23. Etat présent de votre esprit ? Impatient !!

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Portrait d’un électron libre et expert olfactif :Pierre Aulas

Pierr Aulas 1 Excellent communicant, Pierre Aulas respire la passion de son art. Fondateur de Art of Nose, il est directeur artistique olfactif pour les marques, qui font appel à ses services pour développer un parfum, faisant le lien entre la marque et les parfumeurs, qui recevront ses directives. “J’aide à l’accouchement des notes”, dit-il. Depuis six ans, cet artiste dans l’âme a été de tous leurs lancements. Son parcours se dessine hors des sentiers battus et des voies tracées d’avance !

Enfant, il passe ses vacances au coeur de la vallée de la Tarentaise, où sa grand-mère possède une maison familiale depuis des générations. Savoyard et fier de l’être, il y apprend avec sa grand-mère le jardin : « Avant de rentrer dans la parfumerie, je connaissais vraiment les fleurs et leurs odeurs. J’ai toujours aimé ça. Je sais tailler les arbres, à quel moment il faut planter, sarcler, butter les fleurs … Il y avait des jonquilles, des narcisses, des phlox, des soucis, des pivoines, des asters, des rhusses, des roses, des tulipes et une incroyable haie d’hortensias d’un mètre cinquante de haut qui datait de mon arrière-grand-mère.” Bac scientifique en poche, il suit la filière école de commerce et s’inscrit en prépa HEC à Annecy. Il rentre à Sup de Co Dijon, où il monte un gala de fin d’année, qui depuis est devenu une espèce de festival artistique étudiant européen, subventionnée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dijon. C’est également à cette même époque que Pierre, profitant des trésors d’un région réputée pour sa gastronomie, commence à prendre des cours de cuisine et va jusqu’à participer deux années d’affilée au Concours Culinaire des Grandes Ecoles. Il y obtiendra la 4ème place du concours sur le thème des poissons et la seconde sur celui des desserts.

 

Il commence le piano à sept ans, entre au Conservatoire, y joue les sonates de Beethoven et les impromptus de Schubert. A 23 ans, il interprète le difficile Stabbat Mater de Poulenc et découvre la puissance phénoménale et les joies intenses de chanter dans un choeur. Ce baryton basse n’a jamais cessé de chanter depuis. Pour Pierre, il existe un réel rapport entre le parfum et la musique ne serait-ce que par le vocabulaire utilisé dans les deux domaines. “En parfumerie, on parle de notes, d’accords et d’harmonie, explique-t-il. Quand je re-sens régulièrement les matières premières, je fais mes gammes. Pour moi un parfum peut être une petite musique ou d’une symphonie. Je me nourris de l’émotion de la musique pour tenter d’obtenir au final des émotions pour le parfum.

Après des stages au marketing de Danone et au sein de l’agence Shining, Pierre décroche son premier travail comme chef de produit dans la filiale française d’une grande société grecque, Famar. Son travail consiste à organiser la sous-traitance de produits cosmétiques pour les marques de distributeurs comme Carrefour, Système U ou Monoprix. Un an après, il se fait débaucher par Carrefour, où on lui confie le développement des produits du rayon hygiène beauté à marque Carrefour. En s’occupant du rayon hygiène-beauté pendant deux ans, il apprend le B.A.-B.A de son métier et depuis la fabrication d’un gel douche ou d’une crème n’a plus de secret pour lui.…A 26 ans, il gère un budget annuel de 450 millions de francs. C’est dans ce contexte que Pierre rencontre pour la premières fois des interlocuteurs du monde du parfum qui viennent lui soumettre des idées pour parfumer ses produits. La société Mane lui propose de rentrer chez eux à Grasse : “J’y ai fait mes gammes pendant six mois. Ma formation s’est déroulée d’une façon très accélérée. Il ne s’agissait pas vraiment d’une formation de parfumeur. De toute façon, on apprend beaucoup avec la pratique et au contact quotidien des nez.” En cinq ans chez Mane, il apprend les ficelles du métier de commercial Body care et réussit à gagner les compétitions de parfumage de quelques belles pour le compte de sa société. Là encore, il se fait repérer. Le géant suisse Firmenich le débauche et lui propose un poste de responsable Grands comptes en parfumerie fine. Il accepte à une seule condition: s’occuper aussi de la marque Thierry Mugler à cause de la fascination qu’Angel exerce sur lui depuis son lancement. Pendant quatre ans, il s’occupe de marques comme Lancôme, Armani, Cacharel, Burberry, Cerruti et Azzaro. De cette époque date sa rencontre avec Vera Strubi. Pierre voue admiration et respect à l’ancienne présidente de Thierry Mugler Parfums avec laquelle il a quasiment travaillé durant dix ans. Il crée sa société Art of Nose sur les conseils de Vera Strubi. Au lieu de vendre les parfums d’une seule société, celle-ci lui recommande de passer du côté client. But de la manoeuvre : mettre en compétition plusieurs nez afin de trouver le meilleur des parfums pour son commanditaire. Son slogan : “Pour que survive la parfumerie continuons à l’ancrer dans le luxe.” Dans sa bouche, cela signifie qu’il ne faut pas oublier qu’un parfum repose sur un travail d’orfèvre et que les marques se doivent de toujours offrir des produits de qualité aux consommateurs. C’est aussi pour cela qu’il crée en janvier 2009 Egofacto, dont je vous avais déjà parlé lors de son lancement. Le claim ressemble à son créateur : EGOFACTO est née de l’envie de créer haut & fort des parfums remarquables. Que l’on reconnaisse, dont on se souvienne, que l’on soit fier de porter.
Pierre Aulas 3 Je vous propose le portrait très atypique d’un « accoucheur de notes ».

  1. Le principal trait de votre caractère ? passionné, déterminé, exigeant, intuitif
  2. Votre rêve de bonheur ? j’ai cessé d’attendre le bonheur pour être heureux
  3. La musique qui vous transporte ? la voix en général, l’opéra en particulier avec un petit faible pour la mort de Thaïs de Massenet avec Renée Fleming ou les 4 derniers leader de Strauss par Jessye Norman
  4. Votre couleur préférée ? la couleur des yeux de ma moitié
  5. Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? ceux qui ont fait avancer l’histoire
  6. Vos héros ou héroïnes dans la fiction ? Rahan, Gaston Lagaffe, les Na’Vis d’Avatar
  7. Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ? je n’en vois malheureusement pas …
  8. Le lieu qui vous ressemble ? mon sac à dos
  9. Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas ? un sachet de mouillettes
  10. Un livre que vous ne quittez pas ? « Les Autres » d’Alice Ferney, les Chroniques du plateau Mont-Royal de Michel Tremblay
  11. Votre peintre préféré ? La toile qui vous emballe ? El Greco pour son avant-gardisme (le christ en croix), Turner pour ses atmosphères, Schiele pour sa réalité crue, Ingres pour ses détails, le « groupe des 7 » canadiens pour leurs paysages enneigés qui me rappelle mes Alpes ….et tant d’autres !
  12. Le plus délicieux moment de la journée ? ça change tous les jours en fonction des évènements !
  13. Votre repas idéal ? un repas partagé
  14. Votre boisson favorite ? les grands crus de Bourgogne rouge. J’ai fait mes études à Dijon et j’ai une maison près de Chablis … ça laisse des traces !
  15. Avez-vous un parfum fétiche ? Féminité du Bois et Alien
  16. La matière première naturelle qui vous inspire le plus ? pas une matière première en particulier. Ce qui m’intéresse c’est leur combinaison, leur choc, leur fusion, leur synergie.
  17. Votre première rencontre avec un parfum ? Au risque d’être un peu banal, celui de ma mère, Coriandre de Jean Couturier.
  18. De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style ? Annick Ménardo pour sa créativité, Michel Almairac pour sa parfaite maîtrise, Olivier Polge pour ses accords délicats, Olivier Cresp parce qu’Angel continue à me surprendre 17 ans après, Dominique Ropion pour sa précision, Christine Nagel quand elle ne s’adonne pas aux fruités !
  19. Votre palette idéale ? le beau, l’émotionnel, la mémorisable, le différent, l’inattendu
  20. Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez? Qu’est ce que le laid ? tout cela n’est il pas une question de jugement ?
  21. Quelle est votre vision du parfum de demain ? plus qu’une vision, un souhait cher : plus de courage et moins de test !
  22. Votre devise de parfumeur ? des idées, un peu d’inspiration, de technique et beaucoup de travail. J’aime le mot de Dali qui disait qu’il n’y a pas de chef d’œuvre paresseux !
  23. Etat présent de votre esprit ? serein

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AFFINITÉS OLFACTIVES : quand les nez parlent de leur odorat ….

 

Les six nez des maisons de parfums, les plus illustres, questionnent leur sens majeur, l’odorat, et nous racontent leurs addictions et leurs aversions personnelles en termes de senteurs.

Par Elisabeth de Feydeau et Jean-Luc Suchet.

JACQUES POLGE. Chanel.

jacques_polge « Privé de l’odorat, on perd le goût de la vie. Il est en cela le plus vital de nos sens et le plus animal. On sent comme on respire toutes ces odeurs invisibles. Alors que le toucher et la vue sont des perceptions plus conscientes, fondées sur des éléments palpables. L’odorat en revanche est un sens silencieux, où les mots n’ont pas la parole et laissent place à l’imaginaire. L’esthétique des parfums Chanel est en accord avec mes penchants naturels.  »

 

FRÉDÉRIC MALLE. Editions de Parfums Frédéric Malle.

FredericMalle1 « C’est le sens qui suppose le plus de « sex appeal Tout jeune, j’avais compris qu’il était un langage essentiel entre les gens, générant une impression irrationnelle, primaire, appartenant à un domaine où rien n’est intellectualisé, ni réfléchi. Il touche l’épiderme et permet d’appréhender une personne de façon instinctive. Une couleur ne m’a jamais donné autant l’envie de m’approcher de quelqu’un, qu’une odeur ou un parfum. Immédiatement, on est dans l’intimité totale d’un individu, comme un raccourci permettant de brûler toutes les étapes. »

THIERRY WASSER. Guerlain.

« ThierryWasser_MG Le nez est un instrument de mesure qui me sert à valider mes idées. Pour cela, il faut pouvoir et savoir muscler ses narines. Au fil des ans, ce sens chez l’être humain s’est un peu atrophié à l’inverse des autres sens que les contextes urbains sollicitent davantage. Il privilégie l’émotionnel et laisse la place à tous les possibles. Le nez a ainsi une sensibilité à géométrie variable, qui dépend à la fois des lieux et de l’époque.  »

SERGE LUTENS. Salons du Palais Royal Shiseido.

serge-lutens-1-new-size_jpg « Originellement, l’organe sert à appréhender et à se méfier. Le sens, lui, est éduqué pour des raisons sociétales et culturelles, à qui on impose des règles de bonne conduite, compartimentant le mal et le bien. Heureusement, quelquefois, il se viole lui-même, se surpasse et accède alors à un niveau supérieur hors des normes édictées. Comment définir ce qui sent bon ou mauvais quand on ne peut pas définir la beauté. Ce sens est personnel, de l’ordre de l’intuition, de l’initial.  »

JEAN-CLAUDE ELLENA. Hermès.

« JC-Ellena-Wallpaper Quand je pense à cette organe, me reviennent en mémoire la phrase de Nietzsche « Toute mon intelligence est dans mon nez » et celle de Sollers « Les affaires de désir ont lieu dans le nez », qui attestent son importance. Aimer, rejeter est une affaire de nez non exprimée. Un non dit merveilleux qui nous détourne des autres en silence. Pensez à la désapprobation que souligne un regard ! Se boucher le nez est moins évident que de fermer ses paupières ou ses oreilles.  »

FRANCOIS DEMACHY. Christian Dior.

Francois_Demachy_003 « Curieusement, c’est le seul organe dont les cellules se renouvellent tous les 20 jours de la naissance à la mort. C’est également le seul à posséder des neurones en contact direct avec l’extérieur. Le nez est à vif mais son fonctionnement reste mystérieux et insaisissable. Est-ce pour cela que l’on tarde à mieux l’analyser ? Pourtant, respirer des senteurs n’est pas toujours un acte innocent. »

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Portrait d’ une créatrice d’ émotions : Alexa Boden Reider

 

Alexa Des flacons de parfums pour Boucheron ou Lancôme, un concept, « la Cuisine de la beauté » pour les Galeries Lafayette, des communications événementielles pour Louis XIII de Rémy Martin et bien d’autres, Alexa Boden Reider se définit comme designer au sens premier du terme. Rencontre au coeur des savoir-faire d’exception. Le design est avant tout une démarche qui met en adéquation les moyens et les besoins d’une marque que ce soit pour un produit, une communication, ou même un environnement. Elle se veut en quelque sorte le révélateur d’ un potentiel contenu dans l’histoire de la marque, aux frontières de la magie !  » L’essentiel, dit-elle, est de faire rêver qui est toujours la plus belle récompense de notre métier » Elle passe d’une marque à une autre, sur des projets très différents (architecture, flaconnage, graphisme, packaging), en appréhendant  la marque, son histoire, ses états d’âmes. Ensuite, elle cherche à exprimer sa personnalité tout en respectant ses caractéristiques, écrivant un nouveau chapitre de son histoire.  Elle s’ inscrit dans une démarche de respect et de valorisation, s’effaçant devant l’ héritage que sont ces marques, afin de la révéler tout en l’inscrivant dans un futur.

C’est finalement un travail de metteur en scène qui l’oblige à faire cohabiter des aspects créatifs et techniques liés au développement sans oublier la notion de plaisir, très importante dans son travail. Cette passion pour la création lui vient d’ un mix de son caractère d’éternelle insatisfaite en quête de perfection et de son histoire familiale. Son grand-père architecte, passionné de design, crée à 95 ans toujours des meubles. Il n’hésite pas à contacter le VIA en se proposant comme jeune designer. C’est une vraie philosophie de vie!

« Créer, c’est vivre et offrir du plaisir aux autres, comme en cuisine! J’aurais tout autant pu être chef! Je rêve d’ailleurs de l’ambiance parfois martiale qui règne en cuisine. L’enjeu du dépassement de soi est aussi une motivation forte : oser casser pour re-créer. En création, chaque projet est un défi à relever en équipe. » dit-elle. Le talent ne lui fait pas oublier le travail et elle a créé NEO, comme une cellule de design plus qu’une agence. C’est une plateforme de rencontres autour d’une passion qu’est le design. Chaque membre est surtout une personnalité qui rejoint une équipe autour d’un projet commun. Chacun dispose de liberté pour définir son poste et son évolution à une seule condition : que l’exigence soit au rendez-vous.

Son équipe est aujourd’hui très cosmopolite puisque elle est accompagnée par des designers et autres créatifs venant du Japon, de Chine, d’Allemagne, de Corse ou d’Aveyron. Je rêve de prendre encore plus de recul pour conseiller les marques. Ça se traduit avec NEO par le développement d’un vrai pôle tendances / direction artistique pour pouvoir intervenir en amont des problématiques de marques et les aider dans leur démarche de création et d’innovation. Son futur, elle aime le rêver dans l’ accompagnement quasi exclusif d’ une marque sur une durée suffisamment longue afin d’apporter sa vision globale sur la Direction Artistique des produits et de la communication, de créer ainsi un univers fort et cohérent pour pouvoir offrir aux consommateurs le rêve qu’ils sont en droit d’attendre. Mais en attendant de trouver la marque idéale, elle plusieurs projets personnels entre mode et mobilier et a répondu au questionnaire de Proust.

  1. Le principal trait de votre caractère ?

    Sensible et obstinée

  1. Votre rêve de bonheur ?

    Un carnet, un crayon, des projets

  1. La musique qui vous transporte ?

    BO « Le temps des Gitans » de Goran Bregovic

  1. Votre couleur préférée ?

    Le violet à la fois majestueux et mystérieux

Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? Le Roi Arthur et sa légende

  1. Vos héros ou héroïnes dans la fiction ?

    La fée Morgane, fascinante et ensorceleuse

  1. Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ?

    Les perfectionnistes passionnés, comme Karl Lagerfeld ou tant d’autres

  1. Le lieu qui vous ressemble ?

    Un cabinet de curiosité

  1. Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas ?

    Un homme… le mien!

  1. Un livre que vous ne quittez pas ?

    « L’ensorcellement du monde » de Boris Cyrulnik

  1. Votre peintre préféré ? La toile qui vous emballe ?

    Le Caravage pour ses contrastes, sa sensualité

  1. Le plus délicieux moment de la journée ?

    Un café matinal au soleil

  1. Votre repas idéal ?

    Un œuf et une truffe

  1. Votre boisson favorite ?

    La part des anges, l’âme du Cognac

  1. Avez-vous un parfum fétiche ?

    Chergui de Serge Lutens

  1. Votre première rencontre avec un parfum ?

    La fourrure de mes chats, des abyssins au parfum fortement animal.

  1. De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style ?

    Serge Lutens, pour sa personnalité unique et son désir d’excellence

  1. Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez?

    Tellement vrai mais terriblement pessimiste. Je préfère la version optimiste de Raymond Loewy, père du design : « La laideur se vend mal »…

  1. Votre devise ?

    L’excellence ne connaît pas la paresse

  1. État présent de votre esprit ?

    Donner vie à mes envies et idées…

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