Archives de Catégorie: Paroles d’homme

ODE A SYCOMORE. LES EXCLUSIFS CHANEL par Jean-Luc Suchet

 

Comme tu sens bon Jean-Luc, quel parfum portes-tu? Cette question, on me l’a posé mille fois. La plupart du temps, je ne réponds pas afin de garder un soupçon de mystère et laisser le champ libre à l’imagination de tous les curieux. Plus rarement, je divulgue son nom, c’est Sycomore.

Parce que je ne suis guère amateur de vétiver, entre moi et lui, ce n’était pas gagné d’avance. Il n’est pas aisé d’analyser ses goûts et ses dégoûts, j’ai une répulsion nette envers la lavande et une attirance moins que moyenne pour le vétiver. Ces deux piliers de la parfumerie masculine ont toujours laissé mon nez en berne, c’est dire que l’avant-dernier Exclusif Chanel n’aurait eu, normalement, aucune chance de rentrer dans mon panthéon olfactif. Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Dans les grandes histoires de séduction, il faut toujours se méfier des a prioris. Les vents tournent souvent à l’avantage de celui qui a été dédaigné ou écarté injustement. Il existe des rendez-vous manqués qui peuvent tourmenter toute une vie et dont on se souvient à perpétuité avec regret. J’aurais très bien pu passer à côté de Sycomore à cause d’une idée préconçue sur le vétiver que j’avais croisé maintes fois dans des compositions classiques, un peu trop Cologne, comme celles de Guerlain ou de Givenchy; je m’étais également un peu plus attardé sur le Vétiver Extraordinaire de Editions de parfums Frédéric Malle de même qu’à Encre Noire de Lalique, sans pour autant changer d’avis en ce qui le concerne. Non, décidément, ce n’était pas ma tasse de thé.

Un coup de foudre tombe souvent sans crier gare. Et c’est ce qui m’est arrivé avec Sycomore. Je dois dire qu’il avait un petit avantage de taille puisqu’il faisait partie des Exclusifs de Chanel. Cette collection m’avait totalement emballé. Elle sentait la liberté, le luxe, n’était pas située dans un genre mâle ou femelle. Lors du lancement des dix premiers Exclusifs, je m’étais rendu compte qu’avec le talent qu’on lui connaît, Jacques Polge avait fait un coup de génie comme la parfumerie en connaît rarement (elle a d’ailleurs inspiré beaucoup de monde à court d’idée). Tout était plus que parfait, original, bien tourné, chic, élégant, sensible, composé avec des matières premières d’un faste sans égal. L’excellence est palpable de bout en bout. Dommage que la maison Chanel ne souhaite pas élargir cette collection par quelques autres créations aussi bien menées, Beige sera le dernier Exclusif, à moins que…

Sycomore, lui, est arrivé seul quelques mois après, ce qui m’a permis de le découvrir telle une pièce unique. Son nom était déjà une curiosité, autant les autres Exclusifs balisaient de près le territoire intime de Mademoiselle (Coromandel, 31 Rue Cambon, La Pausa, Bel Respiro, etc…), autant Sycomore n’évoquait pas quelque chose de particulier. Cet arbre aurait-il une odeur? Non, en fait l’idée provient d’une ébauche, un parfum de bois, que Mademoiselle avait imaginé et qu’elle avait baptisé Sycomore. Il devait rester à l’état de projet, mais à sa place légitime dans le patrimoine Chanel, même si cette histoire restait encore à écrire de façon plus précise.

Il serait totalement hors sujet de décrire Sycomore comme une eau de toilette qui mettrait le vétiver en exergue, la réalité est tellement plus exceptionnelle, plus fascinante. La première fois que je l’ai humé, je n’ai même pas reconnu les odorantes petites racines. J’avais trop en tête le vétiver maintes fois senti ici et là, un peu trop propret. Là, le vétiver de Haïti, travaillé et sélectionné avec brio, impose ses multiples facettes et son admirable complexité olfactive que j’ignorais jusqu’à présent. Balsamique et terreux ; chaud et enveloppant; radical et infiniment subtil. Cette munificence m’a subjugué. Le paradis olfactif m’était dès lors compté et ouvert en toute majesté. Par la grâce et le talent du duo Jacques Polge et Christopher Sheldrake, Sycomore se révèle être une création de très haute lignée car beaucoup plus complexe qu’elle n’en a l’air de prime à bord. Le déshabiller prend du temps et je ne suis pas sûr que cela soit utile. Pourquoi mettre à nu, devant tout le monde, quelque chose que l’on aime à la folie. Plutôt que de lui infliger un strip-tease indécent, je préfère procéder à un effeuillement en toute intimité. Exercice au demeurant périlleux en raison d’une très probable richesse d’éléments qui font dans la dentelle haut de gamme. Il est certain qu’au départ il y a un brin de pamplemousse pour donner une rapide sensation de frais. Puis, on rentre très vite dans le cœur du sujet avec un vétiver qui copule ardemment avec du bois de santal. Il est très difficile de savoir ce qui se passe vraiment en dessous. Il n’y pas de fumée sans feu… Et justement, je me pose beaucoup de question sur cette fumée, serait-ce une pointe d’encens qui annoncerait des promesses inavouables ou n’est-ce encore qu’une prouesse méconnue d’un vétiver hors norme. En tout cas, le batifolage est des plus réussis. Quelquefois aussi, j’ai l’impression de détecter d’infimes parcelles florales, jasmin, rose, iris ou ???, sans trop pouvoir l’affirmer. Comme quoi le jeu est plutôt du registre des salles obscures que des évidentes gloires estivales.

Sycomore est un parfum caméléon au sillage diablement subtil et lancinant, j’écris parfum parce que cela me semble plus élogieux qu’eau de toilette. Il n’est pas le même d’une personne à l’autre. Moi qui le porte très régulièrement, je lui découvre chaque fois des facettes cachées et le préfère sur des vêtements qu’à même la peau. Ayant fait beaucoup d’émules et l’ayant souvent offert, je n’ai toujours eu en retour que des compliments appuyés. Qu’est-ce qu’il sent bon, me dit-on avec enthousiasme. Le faire découvrir est toujours un plaisir, même si je trouve qu’il a tendance à trop séduire: les hommes surtout, les femmes aussi, les jeunes et d’autres qui le sont moins. Quelquefois ça m’agace, en songeant à le mettre à la retraite et lui trouver un successeur digne de lui.

Je crois que le plus beau compliment qu’on lui ait fait, c’est de lui dire qu’il était une belle note dans un vaste espace. Plus terre à terre, je lui chuchote qu’il a du souffle, mais quel souffle, racé et infiniment attachant comme le plus bel amour. Au moins, si vous avez un parfum à offrir, il n’est pas utile que je vous en rappelle le nom.

Bonne fête à tous les papas et à tous les hommes de goût. Et longue vie à Sycomore!

Sycomore, 200ml, 190€, disponible uniquement dans les boutiques Chanel.

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Eau Sauvage de Dior : "je me sens moi "

 

Eau sauvage Ce soir, c’ est l’ anniversaire de Guillaume. Comme tous les ans, un flacon d’Eau Sauvage se glisse au milieu des paquets. Autant pour lui que pour moi ! Mais comme la parole de mon homme vaut de l’ or, je le laisse vous expliquer avec ses mots à lui ce lien très étroit, qui l’ unit à cette senteur . Moi, je m’ en régale tout comme de l’ odeur sur sa peau !

« Mon premier parfum a été Eau Sauvage de Dior, comme une évidence. Le flacon était beau, simple et facile à tenir dans la main de l’adolescent que j’étais alors. Cela sentait bon, assez fort et il y avait je ne sais quoi de sexuel dans cette fragrance. Un envoûtement qui me transformait et me donnait confiance en moi. Cette odeur fut celle des soirées enchantées, des conversations secrètes, des premiers émois amoureux. Eau Sauvage ressortait bien sur ma peau et bien évidemment, j’en mettais un peu partout, beaucoup trop. Cette odeur semblait avoir un pouvoir aussi sur les filles et on en parlait facilement. Tout cela a fait que je suis resté très longtemps fidèle à Eau Sauvage, puis à sa formule plus condensée : en avançant en âge, on a besoin de davantage de force dans les eaux pour ressentir les mêmes choses.

Puis j’ai changé, afin de découvrir d’autres odeurs, avoir d’autres impressions, faire d’autres expériences. Lorsque je porte à nouveau Eau Sauvage, c’est un enchantement renouvelé, une ivresse qui me rappelle des bons souvenirs, une odeur familière qui m’habite. Je me sens moi. »

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HE WOOD, première fragrance masculine de la marque DSQUARED².

clip_image002[6]Thierry Massée

Chef de Projet Formation ISSEY MIYAKE – BPI

J’ai eu envie de vous présenter un parfum découvert lors d’un voyage à Rome, en novembre 2007.

HE WOOD, première fragrance masculine de la marque DSQUARED².

 

clip_image002[8]Depuis leurs débuts en 1983, les jumeaux canadiens Dean et Dan Caten célèbrent une masculine nouvelle, sexy à outrance, 100% urbaine.

A chaque collection, son lot de cow-boys racoleurs, de dandys raffinés et de bad boys au torse scuplté.

Aussi, quand la marque se met au parfum, on s’attend à une débauche olfactive, un parfum tapageur à la sensualité bien marquée.

L’ultime accessoire « branchouille », dans la continuité de la mode DSQUARED².

Surprise ! HE WOOD est aux antipodes de tout cela.

Fermez les yeux et sentez la forêt boréale… made in Canada, bien sur !

Dans ces étendues revisitées par Daphné Bugey (Firmenich), souffle une brise d’ambre et de musc. Un air sensuel qui flirte avec l’eau, légère et délicate, gorgée de violette. Icône de toute forêt, au cœur de la fragrance : le bois. Un bois viril et majestueux, empreint de vétiver et de santal.

Finalement, HE WOOD est une arme de séduction subtile.

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Un charisme naturel, construit autour de notes sensuelles, aériennes et fraîches .

Un hommage à la nature canadienne, à porter en pleine jungle urbaine.

Un jus boisé dont le flacon n’est pas en reste. Capitalisant sur un design minimaliste, le bois canadien y est de nouveau à l’honneur.

Atypique. Masculin. Sobre. Elégant. Moderne. Branché.

HE WOOD : à découvrir de toute urgence !

 

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Bois d’Encens Armani

« Paroles d’homme » est une tribune réservée aux hommes pour s’exprimer sur un parfum ou une question de parfumerie. Un homme vous livre ses secrets, préférences, doutes, certitudes et bonheurs olfactifs. Pour l’inaugurer, j’ ai invité Jérémy Carles qui travaille chez Robertet (maison de création olfactive et de matières premières). Il a choisi de parler d’un parfum qui l’a ému. Je partage son choix et je trouve son témoignage aussi pudique que sensible. Merci Jérémy !

Bois d’Encens – Collection privée Armani.

clip_image001Mélangeant sobriété et sensualité, ma rencontre avec Bois d’encens de la collection d’Armani Privée, s’est distinguée des autres.

Ce parfum aux facettes raffinées et viriles donne la vision de l’homme d’aujourd’hui et de demain. Il représente pour moi, l’infini masculin.

Il est charismatique et détient en son corps de somptueuses matières premières qui dévoilent un accord parfait de notes poivrée, épicée et encens.

C’est d’ailleurs cette note d’encens en fond, qui harmonise chaque nuance et fait de ce parfum une divinité qui réveille mes souvenirs d’enfance entourés de bois chaud et rassurant d’une maison de campagne proche de la région marseillaise.

Subtilement chic, il est tendrement raffiné.

Un alliage de finesse et de puissance. Il est beau dans sa totalité : Le flacon, en bois de Kotibé, est simplement luxueux. Épuré de toutes complexités futiles, dans le style de son créateur, il jongle sur la simplicité pour donner l’essentiel en quelques lignes.

Il n’est pas étonnant que le maître parfumeur Michel Almairac, connu pour ses qualités de compositeur de formules courtes, mais efficaces, ait parfaitement traduit cette vision.

J’adore ce parfum. Il est cette trace de moi, originale et mystérieuse.

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