Archives mensuelles : septembre 2008

Roadster de Cartier

CARTIER-08 Au commencement, se trouvait cet homme brûlant sa vie à grande vitesse et qui recherchait une matière procurant des effets physiques. Un dandy, libre et affirmé dans ses goûts. Un hédoniste qui a le goût soigné de l’inédit par ce besoin ardent de se faire une originalité. Cet homme inimitable pilote sa vie avec le plaisir pour horizon. Une insoumission perpétuelle qui devait s’incarner dans un parfum ayant une signature en carats de lumière. Ce sillage au goût de gifle tonique et souriante révèle la menthe, traitée en solitaire. Cette fois, la menthe ne se couche pas dans Roadster. Elle est force et choisit le premier rôle. Elle brise les codes et instaure un nouvel ordre en parfumerie.

Mathilde Laurent, parfumeur du sur-mesure chez Cartier, a achevé  l’odeur initiale que la nature avait donnée à la menthe, lui a taillé la senteur, l’ a montée sur le chaton, afin d’en  faire valoir toutes les facettes. Cette menthe est épurée de son accord croquant et végétal. La bergamote vient l’éclairer et la rendre rieuse. La menthe crépue et la menthe poivrée, habillées de notes vertes, ne forment plus qu’un bloc de fraîcheur, puissant et présent. Le petit-grain bigaradier lui apporte de la véracité. Quelques axiomes de calone rendent la menthe aqueuse, la rapprochant de sa véritable nature. Elle devint plus blanche que verte, glaciale et vigoureuse. La tête du parfum donne à son cœur le plaisir de respirer ce que la nature sait faire. Un miracle permanent qui se minéralise dans un parfum.

Ce coup de fouet fut enserré dans une matière ronde et sensuelle, un rien enfantin. Une douceur musquée rendue par un bois irisé, qui laissait apparaître le confort doux et rassurant de la menthe. Ce bois de Cachemire poudré par l’iris chauffe la peau de l’homme et le patchouli donne de la consistance à l’harmonie générale. Un effet de mousse, dont le ciste labdanum ambré et vanillé en prolonge la virilité raffinée.

Cet accord Fougère, le préféré des dandies du XIXème siècle, est revisité avec irrévérence talentueuse par Mathilde Laurent. Un parfum de joaillier qui a pour écrin un flacon fuselé et racé, s’étirant à l’horizontale de ses lignes aérodynamiques. Un flacon hyper profilé qui s’inspire de la montre Roadster, dont il emprunte la carrosserie de choc, l’effet d’optique de la loupe et la puissance du remontoir cabochon. Un design au masculin qui additionne aussi les prouesses techniques et rassemble des matériaux d’ultraprécision et d’audace conjugués.  De quoi réjouir bien des amateurs d’élégance et de sensualité !

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Portrait d’une "Beauty Profiler" : Odile Polette / BEAUTY STORIES

Odile Polette voulait être avocate ! Dans ce but, elle prépare à Assas un DEA de Droit Privé. Mais le hasard va s’occuper de son avenir et sa cause à elle va devenir celle de la beauté  ! Elle entre chez Helena Rubinstein pour un stage au marketing international . Et là … vrai coup de foudre pour les cosmétiques , qui réjouissent tous les sens : passion des textures, odeurs divines, aspect gourmand, toucher délicat , légèreté d’un voile sur le visage … elle est conquise au point de renoncer à passer son examen pour être avocate. « Le stage » va durer plus de 8 ans !

Une période passionnante car la marque venait d’être rachetée par l’Oréal , qui voulait la repositionner. Odile doit travailler sur un nouveau territoire stratégique, la rénovation entière de l’univers de marque, la mise en place d’une politique très haut de gamme, la restructuration complète du catalogue, le lancement de produits (plus de 40 , dont certains à forte valeur d’innovation, dont Intercell, le 1er produit à se positionner sur la communication intercellulaire. Un parcours se finissant par 2 ans comme directrice marketing France, soit de l’opérationnel riche d’enseignements mais pas assez stratégique à son goût.

Elle entre alors dans une 2ème marque à forte histoire affective: Carita (groupe Shiseido), comme responsable du marketing international, où elle y découvre, en plus de magnifiques textures, les autres facettes de la beauté que sont l’institut et la coiffure. Elle y développe de nombreux produits et créé de nouveaux axes solaires et maquillage.

Appelée ensuite par un membre de sa famille, elle participe à une nouvelle aventure, toujours cosmétique, mais cette fois – ci dans la presse et pour les dermatologues et pharmaciens : le lancement du magazine Cosmétologie au sein du groupe Quotidien de Philippe Tesson.  Elle prend ensuite la direction du marketing international de Jeanne Piaubert, autre marque historique, qu’il s’agissait là aussi de repositionner et de développer.

après la naissance de sa fille, elle préfère voler de ses propres ailes, d’un projet de salon du parfum à une marque suisse de renom. En 2007 , elle crée BEAUTY STORIES, une structure de conseil qui accompagne les marques dans leur stratégie et développement, avec un angle spécifique : s’inscrire dans l’histoire de la marque avec une logique de pérennité . Mieux que personne, Odile sait vous raconter de belles histoires qui ont du sens.  Beauty Stories analyse le patrimoine de la marque pour dégager des pistes de réflexion et des axes de développement (en fonction des évolutions socio -culturelles et des valeurs de marque). Odile crée ainsi  des concepts sur mesure, et elle met en mots , avec un parti pris de « parler vrai », tout le langage de la marque, sa saga, ses produits (noms, argumentation, textes marketing, presse et formation, en passant par l’accompagnement dans le développement des formules et textures ). Bref, de véritables profils de beauté sur mesure pour les marques, comme par exemple :

– la création et l’ argumentation d’un concept de cryo- cosmétique (produits + appareil),

– l’analyse et les voies d’évolution en termes de territoire, d’histoire et d’offre produits d’une grande marque de luxe,

– l’analyse, le repositionnement et le développement d’une marque historique de dermo-cosmétique.

Mais Odile est surtout une épicurienne, pour qui la beauté est une politesse et l’amitié une valeur. Face au miroir, elle se dévoile à vous !

  1. Le principal trait de votre caractère ? La fiabilité
  2. Votre rêve de bonheur ? Celui de ceux que j’aime, dans un lieu chargé d’histoire, autour d’une grande table, où fuse l’humour.
  3. La musique qui vous transporte ? La Norma
  4. Votre couleur préférée ? Prune, dans toutes ses variations
  5. Vos héros ou héroïnes dans l’histoire ? Toutes celles et ceux qui en écrit une page heureuse et les visionnaires .
  6. Vos héros ou héroïnes dans la fiction ? Toutes celles et ceux qui me font rêver, rire, ou qui sont dans ma mémoire d’enfant
  7. Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle ? Mon mari, ma fille et mes soeurs.
  8. Le lieu qui vous ressemble ? Ma maison de famille en Dordogne.
  9. Un accessoire qui parle de vous et dont vous ne vous séparez pas ? Mon agenda et des photos
  10. Un livre que vous ne quittez pas ? Belle du seigneur d’Albert Cohen
  11. Votre peintre préféré ? La toile qui vous emballe ? Monet pour ses paysages, Renoir pour ses portraits, Matisse pour ses couleurs, Klimt pour sa grâce , et proche de la peinture , un buste de petite fille sculpté par Rodin.
  12. Le plus délicieux moment de la journée ? Le petit déjeuner au lit avec livre et journaux.
  13. Votre repas idéal ? Dans un jardin ensoleillé avec des amis, des enfants, des rires, un menu italien (risotto) ou périgourdin (foie gras et truffes fraiches).
  14. Votre boisson favorite ? Du Bordeaux et du thé Earl Grey
  15. Avez-vous un parfum fétiche ? L’eau au thé vert de Bulgari, un délice d’été…
  16. Votre première rencontre avec un parfum ? L’Air du Temps à l’adolescence , suivi de longues périodes Yves St Laurent Rive Gauche , puis Chanel Monsieur
  17. De quel(s) parfumeur(s) admirez-vous le style ? Francis Kurkdjian pour sa créativité
  18. Jean Patou disait: « Ne faites rien de laid, on pourrait vous l’acheter », qu’est-ce que vous en pensez?

J’en pense que si l’on fait du beau, on l’achètera aussi , et que faire du beau rend fier et donne du bonheur..

  1. Votre devise ? « Compte sur toi », et « le futur s’écrit avec la mémoire ».
  2. Etat présent de votre esprit ? Ouvert et déterminé.

contact : beautystories@aol.com

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GUERLAIN : SHALIMAR (1925)

 

TN_Shalimar_2004 Shalimar … « Demeure de l’amour » en sanscrit, huit lettres qui rendent hommage à l’amour immortel et plongent les femmes dans le plaisir d’un parfum de légende.

1925, Paris vit au rythme fou de l’Exposition internationale des Arts Décoratifs. La parfumerie est consacrée par cette manifestation parmi les plus importantes industries du luxe. Un parfum de légende y représente une des plus prestigieuses maisons françaises de parfumerie presque bicentenaire : Shalimar de Guerlain.

Guerlain, une maison déjà mythique, fondée en 1828 par le fils d’un artisan potier d’étain, Pierre-François-Pascal Guerlain. Après avoir étudié la médecine et la chimie en Angleterre, il revient en France et s’installe au rez-de-chaussée de l’hôtel Meurice à Paris. Décidé à consacrer tout son savoir, sa ténacité et son audace au service du monde des parfums et de la beauté, il énonce un axiome qui est encore de nos jours la règle d’or chez Guerlain :  » Faites de bons produits, ne cédez jamais sur la qualité. Pour le reste, ayez des idées simples et appliquez-les scrupuleusement. »

L’avenir lui donnera raison. « Parfumeur sur mesure » des personnalités de son époque comme Honoré de Balzac ou Lord Seymour, célèbre dandy appelé aussi Milord l’Arsouille, il compose des harmonies d’odeurs pour ces têtes célèbres titrées ou couronnées le temps d’un soir, l’espace d’un parfum.

La consécration arrive en 1853, lorsque Pierre-François-Pascal Guerlain offre à l’Impératrice Eugénie L’Eau de Cologne Impériale, dans son célèbre et splendide flacon dit « aux abeilles », emblématique de l’Empire et par la suite de la Maison Guerlain. Il obtient alors le titre très convoité de « Fournisseur de l’Empereur », qui lui ouvre la porte des Cours Européennes, dont il devient le parfumeur attitré.

Ses fils reprennent le flambeau en 1864 : Gabriel s’occupe de la gestion et du développement commercial et Aimé s’installe derrière l’orgue à parfums pour nous offrir en 1889 un parfum révolutionnaire à plus d’un titre, marquant ainsi les débuts de la parfumerie moderne : Jicky. Démarrant sur l’accord bien connu de la vénérée et vénérable Eau de Cologne, Jicky s’achève sur des accents inconnus et profonds à l’animalité chaude et tenace.

Les femmes s’affolent, les dandies en raffolent et adoptent ce parfum qui introduit pour la première fois dans sa composition une association de produits de synthèse, la coumarine et la vanilline alliée aux essences naturelles. Aimé engagea le fils de Gabriel, Jacques, qui devint à seize ans l’héritier spirituel et artistique de son oncle et le créateur de parfums magnifiques comme « Après l’Ondée »( 1906), L’Heure Bleue,(1912), Mitsouko (1919), Vol de Nuit (1933), Liu (1929), Ode (1955).

jardin Shalimar Dès 1921, commence la genèse de Shalimar, parfum mythique rendant hommage à une légende orientale. Paris s’enfièvre des rythmes endiablés du charleston. La ville-lumière rassemble toux ceux ayant engendré le temps et prend des allures cosmopolites et élitistes. L’engouement pour l’Orient et l’exotisme en général y est incroyable. Jacques Guerlain se met à rêver à un parfum ancré dans son époque, où flotte un air de liberté et de folie.

shali C’est alors qu’un maharadjah, rencontré à Paris, raconta à Jacques et Raymond Guerlain l’histoire de l’amour immortalisée par le Taj Mahal et les jardins de Shalimar, unissant l’empereur Shäh Jahän et son épouse vénérée Muntaz Mahal. Ce parfum serait l’ultime présent que l’Empereur aurait créé pour sa bien-aimée au milieu des senteurs exotiques des jardins de Shalimar. L’Orient et le romanesque se croisèrent donc pour que jaillisse de l’imagination créatrice de Jacques Guerlain, un des plus beaux parfums de tous les temps.

L’accord principal fut trouvé en un instant par une impulsion soudaine : Jacques Guerlain jeta dans un flacon de Hicky une bonne dose d’un nouveau produit de synthèse : l’éthylvanilline, à la note de vanille puissante à la fois crémeuse et douce, qui ajoutait quelque chose de merveilleusement érotique à un parfum. Cela fit de Shalimar , dit-on chez Guerlain, « une robe du soir outrageusement décolletée » !

Une fois la signature donnée à Shalimar par cette note puissamment vanillée, l’équilibre restait à trouver pour parfaire ce qui allait devenir un chef d’oeuvre olfactif. La note de tête est fraîche grâce aux notes hespéridées et à la puissante concentration de bergamote. Puis le coeur prend toute son ampleur avec des accors irisés enveloppants et poudrés qui préparent le sillage sensuel exacerbé par la vanille et auréolé de notes balsamiques. Ce parfum veut transcrire l’Orient en quelques secondes, avec tumulte, passion, puissance et sensualité.

L’un des plus jolis compliments et des plus beaux hommages vint d’Ernest Beaux, créateur du célèbre N°5 de Chanel (1921) :  » Si j’avais utilisé autant de vanille, j’aurais juste été capable de faire un sorbet ou une crème anglaise, alors que lui (Jacques Guerlain) en fit un chef d’oeuvre, Shalimar !  » disait-il émerveillé.

shali flacon Alors il fallut habiller ce parfum merveilleux et Raymond Guerlain lui tailla une robe somptueuse et éternelle. L’inspiration du dessin du flacon lui vint de l’art stupa, caractéristique de l’Inde mogole, qui représente des bols remplis de fleurs et de fruits gravés sur la pierre ou brodés sur les tapis. Le bouchon bleu saphir en forme d’éventail était inspiré d’une pièce d’argent appartenant à la famille Guerlain. Un flacon de luxe fabriqué chez Baccarat qui demeure une pièce d’art pour les collectionneurs.

Souvent imité mais jamais égalé, Shalimar, reste un parfum-symbole des parfums orientaux, renouant ainsi avec les racines de la parfumerie, vers l’Orient où le parfum naquit. Inspiré par une légendaire histoire d’amour, Shalimar est devenu à présent sa propre légende.

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L’EXPO A NE PAS MANQUER

Grassse 003 Vous faites un tour en Grasse ? C’est l’occasion de visiter le  Musée Provençal du costume et du bijou de Fragonard.

Fans de mode,  d’histoire, de la région, ou simples curieux ?  C’est pour vous.  
Gratuite, cette expo nous replonge dans l’histoire de la Provence  d’après la Révolution Française. Vous découvrirez  l’importance économique de cette région à cette époque et durant  deux siècles :  il n’existe alors pas une, mais de multiples  Provence.
OU ? L’exposition, gratuite, se trouve dans  l’hôtel particulier 
de Clapier-Cabris, aux portes du centre historique de Grasse.
Dès l’entrée, la demeure nous renvoie plus de deux siècles en 
arrière : à la réception, un mur d’une vaste pièce aux plafonds 
hauts dévoile une inscription d’un tribunal révolutionnaire. Ce 
bel édifice fut en effet le lieu choisi par les cocardiers pour juger 
13 aristocrates…
Le ton est donné et le voyage peut commencer.
Grassse 004 SUIVEZ LE GUIDE… Tout au long de la visite, l’esprit curieux  découvre les  vêtements et bijoux portés par les femmes du peuple  de la première moitié du 18e s. à fin 19e,, avec un descriptif 
détaillé pour chaque objet. Au-delà de simples «chiffons», il  s’agit là d’une belle leçon d’histoire.
Le vêtement y démontre des fonctions cachées : durant ces 150 ans,  il suffisait d’un coup d’œil à la tenue pour déterminer  l’origine sociale et géographique. La Provence étant alors une 
vaste province recelant des caractéristiques géographiques et  culturelles très diverses.
Grassse 010 Ainsi sont expliquées les coutumes vestimentaires des femmes de la  petite bourgeoisie, mais aussi celles de la bastidane, soit  l’habitante d’une bastide, grande maison dans la campagne, où  travaillaient plusieurs employés. Femme d’un propriétaire foncier,  celle-ci était assez aisée, et ses vêtements se devaient de traduire cette richesse.
L’artisane, encore privilégiée quoique moins fortunée, portait  elle des vêtements copiés sur ceux de la bastidane, mais avec des  tissus de qualité inférieure.

Grassse 007 La paysanne avait, elle, surtout  besoin d’une tenue pratique pour travailler aux champs. Son costume  était donc simple et résistant, de couleur foncée pour éviter que  les taches ne se voient.
Ainsi, toutes ces femmes s’inspiraient de la couche sociale  supérieure, et les aristocrates les plus fortunées des seigneuries  copiaient elles-mêmes la mode en vigueur à la cour.
DES POUPEES POUR RECOPIER LA MODE DE LA COUR
A l’époque, point de magazine pour être tenue au courant de la  mode, mais des poupées qui portaient des costumes de Versailles puis  Paris circulaient en province, permettant ainsi de dupliquer les 
dernières tenues des courtisanes.Plusieurs régions affirment leur style dès le XVIIème siècle :Arles bien sûr, mais aussi Marseille et ses alentours, qui impose le  costume maritime, et Aix-en-Provence, rayonnant du Var à la haute  Provence.
Grassse 008 Au fil des pièces du musée, les tissus, eux, invitent à l’exotisme.
C’est l’époque des premiers voyages en Inde et en Orient.
Ces  voyages orientaux ont une influence  énorme, dès le XVIIIe siècle, 
sur les arts décoratifs  et la mode dans toute l’Europe, du  mobilier ou de la vaisselle aux parures et costumes. Les coquettes  provençales, déjà férues de motifs floraux, affectionnent alors 
particulièrement un tissu de coton dénommé l’ «indienne».  Ce  style de tissu imprimé s’orne de motifs cashemire et persans. Et de  façon générale, de nombreux détails fleurissent sur les tissus  provençaux : des fleurs stylisées, des cashemire, mais aussi des  oiseaux, des motifs japonisants (éventails) ou égyptiens (papyrus, 
lotus…). Au départ importé, ces tissus sont fabriqués à Marseille dès la 
fin du XVIIe. Puis, de manufactures locales produisent mousselines et 
indiennes en coton ; la laine, le chanvre, et la soie  apparaissent 
aussi pour des utilisations plus spécifiques. Parallèlement à Lyon, 
Avignon et Aix cultivent les vers à soie pour devenir de grands 
centres de production de ce tissu. Au XIXe siècle, le taffetas 
devient monnaie courante pour les costumes de ville.
LES DIFFERENTS VETEMENTS
 Grassse 006 Au fils des salles, les mannequins montrent jupes et jupons, 
composés d’une ou plusieurs épaisseurs selon la saison et la  classe sociale. Si les chemises et les corsets sont plus intemporels,  le corsage, réservé aux bastidanes et paysannes, et le fichu et le 
châle, sont l’emblème du costume provençal. Sans oublier la coiffe, qui se porte à Arles à la«chanoinesse», entourant gracieusement le visage, jusqu’à la fin de l’ancien 
régime, ou la « courduro », coiffe en tulle brodée ou simple 
percale fine, répandue dans toute la Provence. Enfin, capes et 
visites (des capes courtes à larges pans sur l’avant, pour se 
protéger du froid) sont fermées par des boucles argentées en forme 
de feuilles, fleurs ou main. La robe de mariée exposée, datant de 1843, raconte qu’à  l’époque, la promise était en vêtements de couleur. Ce jour–
là, le marié offrait à sa femme le clavier d’argent, symbole du 
pouvoir domestique, où l’on suspendait les clés de la maison. Sur 
ce clavier, la partie visible, appelée crochet de ceinture, en fer, 
laiton argent ou parfois en or, était décorée de motifs en forme de 
cœur ornés de fleurs.
  LES BIJOUX
 croix_badine_grenats Le milieu du XVIIIe voit aussi le développement des premiers bijoux 
régionaux, une caractéristique que la Provence partage avec la riche 
région de la Normandie, où montrer sa réussite est de bon ton.
Ainsi, vous découvrirez une belle collection de boucles d’oreilles 
dénommées poissardes, en or et émail de la fin 18e  Ces boucles 
assez voyantes, des anneaux  oblongs décorés d’un médaillon, 
étaient les bijoux des Marseillaises, leur nom dérivant ainsi des 
poissonnières de la ville qui aimaient montrer leurs bijoux !
Parmi les nombreuses croix exposées, certaines, comme la croix 
Capucine, avec cinq cônes creux garnis au sommet de pierres dures 
(quartz) ou précieuses (diamant), se trouvent essentiellement en 
Provence. Arles se distingue avec la croix maltaise, inspirée du 
sigle de l’ordre de Malte. Là encore, un bel exemplaire en or et 
émail se laisse admirer, parmi une multitude d’autres croix, 
boucles de cape, et autres broches. Le temps de l’exposition, on se surprend à se rêver  femme  provençale d’une autre époque.
Notre tenue ? –pourquoi pas ce jupon en boutis blanc brodé de motifs Grassse 009
animaux, avec par-dessus un  joyeux corsage aux motifs du jardin, qui 
cambre la ligne, protégé d’un fichu de mousseline, sans oublier le 
long châle en cashemire rapporté de Chine. Nos oreilles se parent 
d’une jolie paire de poissardes dorées, relevées d’émaux bleus. 
En ce temps-là, la coquetterie et le raffinement du détail 
n’avaient décidément rien à envier à notre mode actuelle !
Garance

Musée provençal du Costume et du bijou,
hôtel de Clapiers-Cabris, 2 rue Jean ossola, 06130 Grasse.
Tél : 04.93.36.44.65.
Jusqu’au 24 janvier 2009, exposition « des fleurs et des étoffes ».
ET AUSSI, NE MANQUEZ PAS ….
Profitez de votre passage à Grasse  pour (re-?) découvrir le Musée 
International de la parfumerie, qui ouvre ses portes, après quatre 
ans de travaux, le 18 octobre Prochain. Pour sa rénovation, le musée 
double sa surface, de 3500m2. Avec des collections d’exception, de 
l‘antiquité, du moyen-âge, et des périodes modernes et 
contemporaines : pas moins de 50 000 objets des cinq continents, dont 
le fameux coffret de voyage de Marie-Antoinette. Et aussi des mises 
en situations des diverses techniques industrielles. Ou encore une 
section du Musée qui regarde vers l’avenir. Avec un thème autour 
de la mondialisation, du marketing et des nouveaux marchés. Pour les 
historiens, et tous les amoureux du parfum.
On vous en dit plus à la fin du mois.

Garance
http://www.museesdegrasse.com

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N°5 de Chanel – Eau Première

CHANEL_01Depuis toujours, j’admire le N°5 de Chanel ! Ce parfum de caractère, enchanteur et magnétique m’attire follement , m’hypnotise même sans pour autant oser le porter ! A vrai dire et je peux vous l’avouer : il m’impressione ! Certes, je pourrais avoir envie de jouer les Marilyn Monroe et vous révéler mes « quelques gouttes de N°5 » , portées pour toute tenue de nuit. Mais non, je m’en sens indigne !! En revanche, j’aime respirer le N°5, le contempler et l’offrir aux autres femmes, comme le plus beau rituel de féminité ! Il est pour moi la « Joconde de la parfumerie  » : il possède une formule aussi énigmatique que ce célèbre sourire et tous deux continuent de fasciner le monde entier !

Mais depuis que le N°5 s’est réinventé avec audace en Eau Première, je suis sous le charme. Ma passion n’est plus platonique : cette fois-ci le pas est fait  et j’ai succombé à ce bouquet abstrait nimbé de rosée ! Epuré, clarifié et sensuel, le N°5 se livre à nous comme au premier jour. Il conjugue le froid et le chaud; la fraîcheur et la caresse tendre sur la peau, le tonique et le moelleux, en gardant cette légendaire élégance. Une réconciliation des contraires qui peint le N°5 à  la manière d’une aquarelle. On se met à rêver à cette fraîcheur polaire, qui fut le souvenir sensoriel d’Ernest Beaux et qu’il chercha à reproduire dans le N°5 en 1921.

En 2008, les notes métalliques des aldéhydes parfaitement maitrisées forment la clé de voûte de cette architecture minérale. Une brillance qui vibre en moderato. On respire toujours l’Ylang-Ylang des Comores, qui nous offre sa douceur et sa fraîcheur. Le jasmin se joue de contrastes entre opulence et transparence et s’offre un pas de deux avec la rose à peine éclose. Ce sillage aérien s’épanouit sur la peau et exalte avec douceur les notes rondes et suaves de la vanille, puissantes et charnelles du vétiver.

Un bel exercice de style signé Jacques Polge, le nez de la Maison Chanel, qui renoue avec la tradition mais conserve l’esprit du N°5 : la modernité. Ainsi, les sens nous conduisent aux souvenirs mais sans la nostalgie du passé.

L’Eau Première est disponible sur le marché à partir du 10 octobre 2008

 

 

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