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dans les coulisses d’un lancement

Ego Facto : la symphonie parfumée de Pierre Aulas

02_Portrait_Pierre_Aulas On n’est jamais mieux servi que par soi-même :  Pierre Aulas a fait  sien ce proverbe, après des années passées au marketing, puis au  conseil olfactif de marques prestigieuses, comme les parfums Thierry  Mugler, Chloé, ou Jil Sanders…
Flash-back : Pierre  fait ses classes dans les grands groupes de  distribution avant d’affiner son nez à Grasse puis chez Firmenich. 
Il découvre toutes les facettes du métier, des senteurs pour les  gels douche à l’évaluation de futurs parfums. Avec une marraine en  or, Vera Strübi, PDG historique de Thierry Mugler parfums, qui sera  sa première fan pour Ego Facto.
« Durant mes années de conseiller olfactif, mon rôle était  de 
conjuguer la création d’un jus et sa cohérence avec les valeurs-
symboles de la marque. Après sept ans de développement, j’ai 
gardé dans les narines une foule de formules que personne n’a osé 
sortir. Et quelle frustration ! J’ai donc hypothéqué mes biens 
pour donner leur chance aux meilleurs projets, que j’ai 
retravaillés : ces sept jus sont tous mes bébés, avec un favori, « 
Prends garde à toi » ».

Cette affirmation de la belle Carmen de Bizet dévoile l’autre   passion de Pierre Aulas, la musique. Il parle ce langage si proche de  celui du parfum depuis ses débuts de pianiste, à sept ans, avant de  devenir chanteurlyrique, et d’officier six années au chœur de  l’Orchestre de Paris, en parallèle de ses partitions parfumées. Le déclic de traduire ses émotions en parfums a lieu en 2003, lors  d’une nuit l’été torride, au festival de musique de Baalbek, au  Liban : le baryton se produit justement dans Carmen ; entre deux répliques, il écoute, ému, le refrain de la habanera, dans ce  temple à ciel ouvert. Dans sa tête, le chant de la mezzo-soprano  s’entremêle avec d’autres notes, celles d’un floral aromatique  provocant. L’aventure commence, et en bon chef d’orchestre, Pierre  Aulas s’entoure des meilleurs nez pour créer des parfums à  histoire : Jean et Aurélien Guichard, Anne Flipo, Dominique Ropion,  Alberto Morillas et Laurent Bruyère sont les virtuoses de ses sept 
créations.
 prends_garde_a_toi «J’ai choisi ce titre Ego Facto car je perçois le parfum comme 
un prolongateur de la personnalité.  Chacun de mes jus affiche un  partis pris olfactif tranché, évoqué par son titre. La fantaisie  n’est pas incompatible avec le luxe !». Ainsi, Prends garde à  toi, écrit à quatre mains par les Guichard père et fils,   s’adresse à une femme insoumise. À l’accord jasmin-patchouli  s’ajoute un  zeste frondeur d’huile essentielle d’ortie, clin  d’oeil à « qui s’y frotte s’y pique », sur fond de sable  chaud, évocateur de l’arène fatale à Carmen… Les intellectuels insaisissables s’identifieront, eux, à «Jamais  le dimanche», signé Alberto Morillas : une envolée ozonique  sur  lit d’encens et de marijuana, pour un sillage subversif…Chaque parfum est théâtralisé par le titre, le parti pris olfactif,  un packaging inédit et un bouchon en cristal massif taillé à la  main.  «Pour conter une histoire parfumée, le luxe est 
indispensable, sinon, la magie n’opère pas « conclut Pierre Aulas, 
musicien des senteurs… Les sept parfums d’Ego Facto, à découvrir chez Marionnaud  fin  janvier.
Garance

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La niche, dernière terre d’aventure…

Découvrez Terra Incognita, le nouveau parfum de Jovoy 

 

 Oriental_by_Jovoy_ParisNous avons rencontré François Hénin et Henri de Pierrefeu, les heureux repreneurs de la marque Jovoy Paris, depuis 2006. Ils nous expliquent la philosophie de la marque.

Certes, ces deux cousins sont des familiers du monde du parfum.

On doit au premier la relance de Fracas de Piguet, précurseur du féminin autour de la tubéreuse, aidé il est vrai dans son come-back à succès par… Madonna, qui a l’a proclamé «le parfum le plus sexy du monde». Le second a, lui, parcouru le monde, notamment l’Asie, à la recherche de matières premières. Pour que l’équipe soit complète, Marie-Laure de Rodellec, la sœur de François, gère la partie artistique.
Jovoy est ressuscitée de leur envie commune de contredire la maxime de leurs parents respectifs, selon laquelle «on ne vit pas de ses passions » !

Ils se sont penchés sur la formidable aventure de la créatrice de parfums Blanche d’Arvoy, une femme audacieuse qui a marqué les années folles de son talent de parfumeuse. Installée d’abord au 15, rue de la paix, elle baptise à l’époque sa société « Jovoy paris ». Allez_HopSa première création s’appelle Allez hop !» ( 1923). BA-Gardez-moiSuivie de nombreux autres parfums aux titres provocants pour l’époque : « Toujours moi », Gardez-moi », « Quand ? » …

 

 

 

 

 

Jet_Corday Comme nombre d’autres maisons de parfum, Blanche d’Arvoy s’installe aux Etats-Unis après la seconde guerre, et n’est jamais en reste d’une idée marketing. Peu après la construction du premier jet privé, elle lance en 1956 un parfum « Jet », qui connut un franc succès, tout comme « Fame » . FameOn doit à cette innovatrice l’idée des premières cartes postales parfumées et des premiers échantillons. Autre expérience originale : elle collabora au premier « parfum à être transformé en musique » ! Le compositeur américain Leslie Baxter, et Samuel Hoffman, célèbre comme précurseur de la musique électronique, enregistrent en 1947 l’album « Perfume set to music », inspiré d’ échantillons de best-sellers de Jovoy. Le disque est toujours disponible sous ce titre !  Perfume_Set_To_music

 

Mais comme beaucoup d’autres, la marque de Blanche d’Arvoy, faute de descendants, tombe dans l’oubli dans les années 60. 

Elle laisse derrière elle 40 fragrances et une immense collection de flacons originaux, dont certains, des modèles de Baccarat magnifiques, sont très prisés des collectionneurs. 

C’est donc cette belle histoire, avec ses concepts novateurs, ses flacons uniques et originaux, et ses 40 parfums, qui a séduit les trois aventuriers du parfum. Comme l’époque est au vintage, la marque surfe sur la vague et commence en 2007 par le basique de la parfumerie, avec la déclinaison d’une gamme de sept parfums, jus, déclinés selon chaque famille olfactive

`Le poudré et l’oriental sont les plus prisés.

Fin 2008, la marque veut aller plus loin, en répondant à la demande actuelle des consommatrices perdues par l’offre pléthorique des linéaires des enseignes de parfumerie.

Poudr-_by_Jovoy_ParisPrésente aujourd’hui dans vingt points de vente, Jovoy propose un atelier olfactif d’une heure trente, pour initier à la base de la parfumerie.
Une formule qui coûte 100 €, mais qui offre à la cliente le parfum de son choix. 

La dernière création

Cette fin 2008, la nouveauté s’intitule Terra Incognita.
Terra_Incognita_1890-1920_Verrerie_de_Portieux_OriginalUn titre choisi pour évoquer l’envie de d’explorer des territoires olfactifs inconnus pour nos deux explorateurs … du parfum. Mais aussi de rendre hommage aux cartographes d’antan : le dernier territoire découvert fut l’actuel Congo, d’où des notes africaines de thé rouge Roïbos d’Afrique du Sud. Si son huile essentielle n’est pas nouvelle en parfumerie (cf. eau de Thé rouge de Bvlgari), son absolu est lui exploité pour la première fois, avec des arômes de feuille de tabac. En fond, l’absolu de Papyrus évoque bien sûr, l’Egypte, autre territoire africain. Un zeste de Gurjum, un baume d’Amérique latine cette fois, et le tout donne un féminin à l’envol hespéridé frais, mais au sillage qui laisse une signature (créé par Sidonie Levasseur de chez Robertet).

Après, on aime ou… moins, mais le propre de la parfumerie d’auteur est justement d’oser prendre des risques et gageons que l’on retrouvera bientôt un absolu de thé rouge ou de papyrus dans un féminin moins confidentiel !

La tradition Jovoy d’un flacon «qui raconte une histoire» est aussi perpétuée. Le flacon de Terra incognita est la version moderne d’un authentique « flacon d’alcool de bouche » ayant appartenu à Blanche Arvoy, de ceux dont on se servait à cheval pour le fameux « coup à l’étrier », soit un remontant caché dans sa botte !

Vous pouvez admirer l’original : un autre voyage au temps où les flacons étaient de véritables bijoux uniques. Celui-ci fût l’œuvre des verreries Portieux, de Lyon, au tout début du 20 ème siècle.

Alors, souhaitons bonne route à ces explorateurs … pour continuer à nous faire voyager par le bout du nez !

Garance

Pour en savoir plus : www.jovoyparis.com

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L’EXPO A NE PAS MANQUER

Grassse 003 Vous faites un tour en Grasse ? C’est l’occasion de visiter le  Musée Provençal du costume et du bijou de Fragonard.

Fans de mode,  d’histoire, de la région, ou simples curieux ?  C’est pour vous.  
Gratuite, cette expo nous replonge dans l’histoire de la Provence  d’après la Révolution Française. Vous découvrirez  l’importance économique de cette région à cette époque et durant  deux siècles :  il n’existe alors pas une, mais de multiples  Provence.
OU ? L’exposition, gratuite, se trouve dans  l’hôtel particulier 
de Clapier-Cabris, aux portes du centre historique de Grasse.
Dès l’entrée, la demeure nous renvoie plus de deux siècles en 
arrière : à la réception, un mur d’une vaste pièce aux plafonds 
hauts dévoile une inscription d’un tribunal révolutionnaire. Ce 
bel édifice fut en effet le lieu choisi par les cocardiers pour juger 
13 aristocrates…
Le ton est donné et le voyage peut commencer.
Grassse 004 SUIVEZ LE GUIDE… Tout au long de la visite, l’esprit curieux  découvre les  vêtements et bijoux portés par les femmes du peuple  de la première moitié du 18e s. à fin 19e,, avec un descriptif 
détaillé pour chaque objet. Au-delà de simples «chiffons», il  s’agit là d’une belle leçon d’histoire.
Le vêtement y démontre des fonctions cachées : durant ces 150 ans,  il suffisait d’un coup d’œil à la tenue pour déterminer  l’origine sociale et géographique. La Provence étant alors une 
vaste province recelant des caractéristiques géographiques et  culturelles très diverses.
Grassse 010 Ainsi sont expliquées les coutumes vestimentaires des femmes de la  petite bourgeoisie, mais aussi celles de la bastidane, soit  l’habitante d’une bastide, grande maison dans la campagne, où  travaillaient plusieurs employés. Femme d’un propriétaire foncier,  celle-ci était assez aisée, et ses vêtements se devaient de traduire cette richesse.
L’artisane, encore privilégiée quoique moins fortunée, portait  elle des vêtements copiés sur ceux de la bastidane, mais avec des  tissus de qualité inférieure.

Grassse 007 La paysanne avait, elle, surtout  besoin d’une tenue pratique pour travailler aux champs. Son costume  était donc simple et résistant, de couleur foncée pour éviter que  les taches ne se voient.
Ainsi, toutes ces femmes s’inspiraient de la couche sociale  supérieure, et les aristocrates les plus fortunées des seigneuries  copiaient elles-mêmes la mode en vigueur à la cour.
DES POUPEES POUR RECOPIER LA MODE DE LA COUR
A l’époque, point de magazine pour être tenue au courant de la  mode, mais des poupées qui portaient des costumes de Versailles puis  Paris circulaient en province, permettant ainsi de dupliquer les 
dernières tenues des courtisanes.Plusieurs régions affirment leur style dès le XVIIème siècle :Arles bien sûr, mais aussi Marseille et ses alentours, qui impose le  costume maritime, et Aix-en-Provence, rayonnant du Var à la haute  Provence.
Grassse 008 Au fil des pièces du musée, les tissus, eux, invitent à l’exotisme.
C’est l’époque des premiers voyages en Inde et en Orient.
Ces  voyages orientaux ont une influence  énorme, dès le XVIIIe siècle, 
sur les arts décoratifs  et la mode dans toute l’Europe, du  mobilier ou de la vaisselle aux parures et costumes. Les coquettes  provençales, déjà férues de motifs floraux, affectionnent alors 
particulièrement un tissu de coton dénommé l’ «indienne».  Ce  style de tissu imprimé s’orne de motifs cashemire et persans. Et de  façon générale, de nombreux détails fleurissent sur les tissus  provençaux : des fleurs stylisées, des cashemire, mais aussi des  oiseaux, des motifs japonisants (éventails) ou égyptiens (papyrus, 
lotus…). Au départ importé, ces tissus sont fabriqués à Marseille dès la 
fin du XVIIe. Puis, de manufactures locales produisent mousselines et 
indiennes en coton ; la laine, le chanvre, et la soie  apparaissent 
aussi pour des utilisations plus spécifiques. Parallèlement à Lyon, 
Avignon et Aix cultivent les vers à soie pour devenir de grands 
centres de production de ce tissu. Au XIXe siècle, le taffetas 
devient monnaie courante pour les costumes de ville.
LES DIFFERENTS VETEMENTS
 Grassse 006 Au fils des salles, les mannequins montrent jupes et jupons, 
composés d’une ou plusieurs épaisseurs selon la saison et la  classe sociale. Si les chemises et les corsets sont plus intemporels,  le corsage, réservé aux bastidanes et paysannes, et le fichu et le 
châle, sont l’emblème du costume provençal. Sans oublier la coiffe, qui se porte à Arles à la«chanoinesse», entourant gracieusement le visage, jusqu’à la fin de l’ancien 
régime, ou la « courduro », coiffe en tulle brodée ou simple 
percale fine, répandue dans toute la Provence. Enfin, capes et 
visites (des capes courtes à larges pans sur l’avant, pour se 
protéger du froid) sont fermées par des boucles argentées en forme 
de feuilles, fleurs ou main. La robe de mariée exposée, datant de 1843, raconte qu’à  l’époque, la promise était en vêtements de couleur. Ce jour–
là, le marié offrait à sa femme le clavier d’argent, symbole du 
pouvoir domestique, où l’on suspendait les clés de la maison. Sur 
ce clavier, la partie visible, appelée crochet de ceinture, en fer, 
laiton argent ou parfois en or, était décorée de motifs en forme de 
cœur ornés de fleurs.
  LES BIJOUX
 croix_badine_grenats Le milieu du XVIIIe voit aussi le développement des premiers bijoux 
régionaux, une caractéristique que la Provence partage avec la riche 
région de la Normandie, où montrer sa réussite est de bon ton.
Ainsi, vous découvrirez une belle collection de boucles d’oreilles 
dénommées poissardes, en or et émail de la fin 18e  Ces boucles 
assez voyantes, des anneaux  oblongs décorés d’un médaillon, 
étaient les bijoux des Marseillaises, leur nom dérivant ainsi des 
poissonnières de la ville qui aimaient montrer leurs bijoux !
Parmi les nombreuses croix exposées, certaines, comme la croix 
Capucine, avec cinq cônes creux garnis au sommet de pierres dures 
(quartz) ou précieuses (diamant), se trouvent essentiellement en 
Provence. Arles se distingue avec la croix maltaise, inspirée du 
sigle de l’ordre de Malte. Là encore, un bel exemplaire en or et 
émail se laisse admirer, parmi une multitude d’autres croix, 
boucles de cape, et autres broches. Le temps de l’exposition, on se surprend à se rêver  femme  provençale d’une autre époque.
Notre tenue ? –pourquoi pas ce jupon en boutis blanc brodé de motifs Grassse 009
animaux, avec par-dessus un  joyeux corsage aux motifs du jardin, qui 
cambre la ligne, protégé d’un fichu de mousseline, sans oublier le 
long châle en cashemire rapporté de Chine. Nos oreilles se parent 
d’une jolie paire de poissardes dorées, relevées d’émaux bleus. 
En ce temps-là, la coquetterie et le raffinement du détail 
n’avaient décidément rien à envier à notre mode actuelle !
Garance

Musée provençal du Costume et du bijou,
hôtel de Clapiers-Cabris, 2 rue Jean ossola, 06130 Grasse.
Tél : 04.93.36.44.65.
Jusqu’au 24 janvier 2009, exposition « des fleurs et des étoffes ».
ET AUSSI, NE MANQUEZ PAS ….
Profitez de votre passage à Grasse  pour (re-?) découvrir le Musée 
International de la parfumerie, qui ouvre ses portes, après quatre 
ans de travaux, le 18 octobre Prochain. Pour sa rénovation, le musée 
double sa surface, de 3500m2. Avec des collections d’exception, de 
l‘antiquité, du moyen-âge, et des périodes modernes et 
contemporaines : pas moins de 50 000 objets des cinq continents, dont 
le fameux coffret de voyage de Marie-Antoinette. Et aussi des mises 
en situations des diverses techniques industrielles. Ou encore une 
section du Musée qui regarde vers l’avenir. Avec un thème autour 
de la mondialisation, du marketing et des nouveaux marchés. Pour les 
historiens, et tous les amoureux du parfum.
On vous en dit plus à la fin du mois.

Garance
http://www.museesdegrasse.com

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UN PARFUM DE GRAND HOTEL…

 

Bristol vitrine  Jean –Michel Duriez, nez de la maison Patou depuis onze ans, a créé une fragrance sur-mesure pour l’hôtel le Bristol, à Paris. Cette fragrance est diffusée dans le hall de l’hôtel, et des bougies et vaporisateurs sont en vente à l’Hôtel.

Jean Michel Duriez nous raconte son inspiration :

« Ce parfum reflète la dualité entre la fraîcheur du jardin intérieur et la chaleur des boiseries et du mobilier.

Le Bristol J’ai imaginé une tête vive, ouverte, avec un mélange floral, vert et aqueux, qui évoque la lumière des lieux, l’espace, et la verdure de la terrasse.

Ici, nul besoin de notes de cœur, puisque l’on veut une première impression de générosité et de bien-être, et ensuite un fond rappelant l’élégance de l’endroit.
Pour évoquer cet univers raffiné et d’époque, j’ai imaginé des bois nobles, avec un accord bois de Gaïac, santal, bouleau ».

salon Bristol Ce parfum reflète le paradoxe entre la vie bouillonnante du palace et son atmosphère feutrée. Ma devise est :  mieux vaut chercher d’odeur que la subir », donc la diffusion est discrète.

-Où le sentir ? Offrez-vous le luxe d’un verre au bar de ce palace (un café à 9 €, ou pour les plus fortunés une coupe Laurent Perrier à 24 €).

Arrêtez-vous alors dans le hall de l’hôtel pour humer ce chaud froid subtil. Vous êtes séduit ? Achetez la bougie, elle donnera à votre propre intérieur un air de palace !

Garance

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MON COUP DE CŒUR : Ombre rose, de Jean-Charles Brosseau, parfum culte et visionnaire.

 

 Ombre_Rose J’aime les parfums très identifiables, et qui ont une histoire. Ombre rose en est un parfait exemple, créé en 1981 par Jean Charles Brosseau, spécialiste d’accessoires de mode et de chapeaux. C’était, rappelons-le, les prémisses de l’époque des « parfums de designers ». Le modiste imagine alors une fragrance à la fois luxueuse et simple, à l’image de ses créations. Pour cela, il fait appel à Pierre Bourdon et Françoise Caron.

Ombre rose naît, à contre-courant total des parfums « post- hippie », aux notes pommes verte ou patchouli, et des provocateurs comme Opium, Must ou autres futurs Poison…

Ombre Rose est une composition florale subtile, dominée par l’iris d’Italie, rehaussée de notes fruitées et poudrées avec le miel et la vanille, la pêche et l’ylang-ylang. Elle se reconnaît à ses notes nettes, impeccables et rassurantes, comme celle des boîtiers de poudre de riz.
Le flacon, d’inspiration art déco, est la réminiscence d’une époque luxueuse, où l’on se maquillait avant de sortir à saint-Germain des près.

D’abord lancé aux Etats-unis, ce parfum connaît là-bas un succès phénoménal, avant de conquérir la France. Il rencontre ensuite des avatars, dus à une mauvaise distribution.

Ombre_Rose_Coffret_Parfum Bonne nouvelle, depuis deux ans, Jean-Charles Brosseau le relance avec sa formule originale de 1981, élaborée à nouveau par Givaudan, et sur une distribution sélective.

A son honneur, soulignons que ce parfum des années 80 ( Nancy Reagan ne sortait pas sans lui), a inspiré une génération de poudrés très féminins : Trésor de Lancôme, Classique de Gaultier et Flower by Kenzo sont ses dignes héritiers.

Vous ne le connaissez pas encore ? Imaginez une houppette géante vous poudrer de rose, de musc et de vanille.

Alors, prête à jouer les élégantes de la belle époque ?

Plus d’infos sur www.jcbrosseau.com

Garance

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Coup de projecteur sur les parfums de rentrée : Tendre Jasmin, Secret d’Essences, Yves Rocher.

 

Bienvenue dans les coulisses !

Dans cette rubrique, je vous fais part des coulisses des nouveaux parfums, de ce qui se dit lors de leurs lancements et qui ne se retrouve pas toujours dans les articles.
Bonne lecture !

secrets d'essence Cette collection particulière, « Secret d’essences », revisite les classiques de la belle parfumerie. Après la rose, l’ambre et l’iris, ce quatrième opus a été mené par le nez de chez Firmenich, Jacques Cavallier, auteur de  l’Eau d’Issey, d’ Issey Miyaké ou plus récemment de Midnight Poison de Dior ou d’Elle de YSL.

Je vous confie ce qu’il m’a raconté pour élaborer Tendre Jasmin

-L’inspiration de Jacques Cavallier :

champs de jasmin « Je suis un enfant de Grasse et je voulais retrouver l’odeur des champs de jasmin à 6 h du matin, présente mais encore légère. Car le jasmin peut être très puissant : pour éloigner les moustiques, ma mère observait la coutume grassoise de poser trois fleurs de jasmin le soir sur ma table de chevet. Leur odeur était si tenace qu’elle me réveillait en pleine nuit. Pour ce nouveau parfum, je cherchais un jasmin léger, destiné aux femmes qui portent un parfum du matin au soir, lui demandant fraîcheur et présence, sans tomber dans l’opulence.

bis jamsin Je me suis souvenu du vent de Grasse, qui souffle de la mer jusqu’au-dessus de Cannes, apportant une fraîcheur unique au jasmin matinal, sans être écoeurant, animal.

Ce défi a été possible grâce à une technologie inédite à Firmenich (en cours de brevet) : le jasmin est lumineux, entouré de fleur d’oranger et suivi d’un fond de mimosa poudré et crémeux, pour un sillage délicat.

Le saviez-vous ? Le Jasmin Sambac est la variété indienne avec laquelle les Indiens parfument leurs temples. Il faut 5 millions de fleurs pour faire un kilo d’extrait.

Garance

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Backstage : dans les coulisses d’un lancement de parfum

Pour cette rubrique, il me fallait une tête bien faite et des jambes qui courent partout et aussi une belle plume. Pourquoi ? parce qu’ il s’ agit de vous faire entrer dans les coulisses d’ un lancement de parfum et que seule une journaliste peut le faire. Aussi, je suis heureuse d’ accueillir dans cette rubrique Garance, dont j’ apprécie le talent et l’ enthousiasme et qui porte un regard original sur le parfum. Vous la retrouverez régulièrement sur ce blog mais déjà, elle vous a écrit quelques mots sur son parcours olfactif.

Bonjour, je m’appelle Garance, et je suis journaliste beauté.
-L’odorat est un sens qui me guide depuis toujours et je suis ravie de vous faire part de mes découvertes olfactives grâce à mon métier.

Voici mon portrait en senteurs :

Jmousse de chêne ’ai traîné mes Kickers dans la forêt de Rambouillet et mon paysage olfactif d’enfance est un mélange de terre mouillée, d’odeurs de sous-bois et de champignons, souvenirs des cueillettes automnales en famille. J’avoue une fascination pour le feu de cheminée, aux effluves si différents selon la sécheresse du bois ou l’ajout de pommes de pin. Le lendemain matin, la douce odeur de cendre précède celle de l’herbe, humide de la rosée.

chien Laurence J’ai aussi une attirance pour des odeurs moins nobles, comme celle, grasse et animale, des poils de mon défunt berger allemand, tout comme celles d’une écurie :

En bonne cavalière, rien ne me met plus en émoi que l’odeur du box, mélange de paille, poussière et … crottin, ainsi que celles de la sellerie avec ses émanations de cuir et d’ onguents divers. ML6XCAI756STCA6MCN1TCAMP155WCAV37V92CAJ04PE5CA06PZWTCAW122KCCAAE4RH1CAKG4B05CA8E8TXACAEWIYRGCA4narine de cheval Lorsque je brosse mon cheval, ses poils dégagent un parfum tenace, encore plus attractif l’hiver, lorsqu’ils sont longs et que la poussière poudre le tout. D’ailleurs, faites le test et sentez un cheval : passez sa crinière sous votre nez, elle sent très différemment de sa robe, beaucoup plus animale…

cheval Pour autant, Paris et ses effluves me charment tous les jours: au gré de mes déplacements, j’ai les narines en alerte, des repères rassurants ponctuant ma journée. Tout d’abord, la note chaleureuse du café sur le zinc peuplé du matin, mêlée à celle d’encre et de papier de mon quotidien, réveille mes sens. Puis je m’engouffre dans le métro, sur un quai où deux lignes se croisent. Assez curieusement, la ligne 6 (Boulogne -Austerlitz), aux rames anciennes, a un parfum très différent, et bien plus agréable, de la ligne 8( Balard-Créteil) située sur le quai opposé.

Parsi Il m’arrive de piétiner derrière un groupe de touristes sur les Champs-Elysées ou rue saint Honoré ; je m’amuse alors à identifier les sillages de J’adore, n° 5 et autres Shalimar. Quand, au détour d’un carrefour embouteillé, les rémanences de pollution me communiquent l’énergie de la Capitale. Paris est mille odeurs.

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