ESCALE AUX MARQUISES, DIOR par Jean-Luc Suchet

 

 Mise en page 1Et s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été

La pluie est traversière, elle bat de grain en grain

Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin

Et par manque de brise, le temps s’immobilise

Aux Marquises…, chantait mélancoliquement Jacques Brel.

C’est dire si l’atmosphère dans cet archipel n’est probablement pas aussi paradisiaque qu’on l’imagine, même si elle doit être très inspirante. Cette troisième Escale des Parfums Dior fait suite à celles à Portofino (très réussie dans son genre) et à Pondichéry. Il est probable que marquise renvoie davantage à l’univers rêvé, très XVIIIème s., de Monsieur Dior qu’à ces lointaines contrées. Pourquoi pas. Je n’ai jamais très bien saisi l’intérêt de ces escales qui ont plutôt tendance à lorgner du côté eau de Cologne, et, dans ce registre, les Cologne Dior ont un tempérament nettement plus inspirant (voir mon post du 21 mars). A force de vouloir voyager, on finit par faire du sur place tant ce registre demande, certes de la finesse mais pas de réels atermoiements en termes olfactifs.

03_Escale_aux_MarquisesEntre une escapade aux Marquises ou au Mont Saint-Michel, j’hésite forcément en ces temps de volcans éruptifs. Ce n’est pas la fleur de tiaré, le prétexte à ce nouveau voyage, qui risque de me faire changer d’avis. Et, pour elle, il n’est pas question que je prenne un ticket tant elle me rappelle les émanations d’un lave vaisselle en cycle terminal. Pourtant, je l’avoue, elle n’est sans âme. Peut être est-elle trop régressive, trop solaire, trop associée au parfumage des produits pour la bronzette. Très peu de créations la revendiquent ou osent l’assumer pour de vrai, si ce n’est: Tiaré Mimosa, Aqua Allégoria, de Guerlain; Songe de Annick Goutal; Ombre Bleu de Jean-Charles Brosseau; Azurée de Estée Lauder. Serait-elle une mal aimée, une parente pauvre que l’on n’ose à peine montrer, ou attend-elle, dans l’ombre, sa revanche et une reconnaissance sans appels, mais méritées. Sait-on jamais…

Pour ce qui est de Escale aux Marquises, la fleur de tiaré n’est pas, heureusement, dans une phase ascensionnelle. Il n’est d’ailleurs là pas question de lui laisser prendre trop de place par rapport aux agrumes. Je trouve le départ très citronné, très frais, très simple, très propre, très Cologne en somme. Quelques aériennes touches d’épices, girofle et muscade, déposent leur discret cachet et apportent une certaine sensualité. C’est au final que l’on discerne un peu, très peu, la présence de la fleur de tiaré. Présence doucereuse, probablement associée à du musc blanc afin de donner du sillage et la fameuse impression de propre qui fait fureur actuellement. L’ensemble est agréable, rondement mené, un brin lascif, pas du tout à déposer ou à conseiller à la nuque d’un homme. Sous des airs légers et discrets, cette eau disponible uniquement en vapo – pourquoi pas en splash ?- cache bien ses effets, même s’ils sont mesurés.

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1 commentaire

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Une réponse à “ESCALE AUX MARQUISES, DIOR par Jean-Luc Suchet

  1. Amusante revue de parfum, notamment pour le clin d’oeil déguisé à ‘Mont Saint Michel’.
    Octavian Coifan sur son blog 1000Fragrances voit lui aussi une réminiscence des eaux de cologne Mont Saint Michel, une collection parfumée proposée par Henkel, mais vendue… en supermarchés.

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