BALENCIAGA PARIS par Jean-Luc Suchet

bale Jean-Luc Suchet , journaliste et ami de longue date, me rejoint ponctuellement sur le blog, pour vous parler parfums. Un sujet qu’il connaît bien depuis le temps, où il fréquente les différents lancements de la profession. C’est le magazine Marie-Claire qui lui offre son premier poste, au service mode. Ensuite, ses collaborations écrites majeures avec, notamment Vogue Hommes International, 20Ans, Max, Ohla ! et La Tribune et Moi seront essentiellement centrées autour du secteur de la beauté et, en particulier, des parfums.

Début avril 2010, sort aux éditions Robert Laffont le livre : Cure de santé par Henri Chenot, auquel il a largement collaboré. Aussi, quand il m’a proposé d’écrire sur le dernier Balenciaga, que j’aime autant que lui, j’ai sauté de joie ! Une marque mythique, un créateur actuel de talent, une muse divine et une fragrance délicate, raffinée, subtile, composée par une équipe qui a eu à cœur de servir la parfumerie, en pensant à tous ceux qui l’aiment.

 

visu-balenciagaRetour très attendu de la Maison Balenciaga au parfum après des années de silence. En effet, depuis La Fuite des Heures (1949) Quadrille (1955), et surtout Le Dix (1947), tous créés du temps et par le génial Cristobal Balenciaga (1895-1972), il n’y avait rien eu ou presque. Attardons-nous quelques instants sur le style – et quel style – du remarquable couturier qui, avec Gabrielle Chanel, Christian Dior, Pierre Cardin et Hubert de Givenchy, est une personnalité ô combien majeure du monde de la haute couture de l’après guerre, du temps où celle-là donnait le ton obligé de la saison, influençait, voire ordonnait, aux riches élégantes ce qu’elle «devait» porter ou pas, du matin au soir.

 balenciagaLa patte Balenciaga est identifiable entre toute avec une silhouette parfaitement définie, plate sur le devant et légèrement bombée à l’arrière, des lignes pures, strictes, avec quelquefois des volumes sculptures surprenants par leur hardiesse, et toujours un je-ne-sais-quoi d’austère et de monacal, d’obsessionnellement mesuré et pensé. Edmonde Charles-Roux, à l’époque rédactrice en chef de Vogue, ne disait-elle pas à lors « qu’assister à une présentation d’une collection Balenciaga était comme d’aller à la messe ». Le grand prêtre ne badinait pas avec l’élégance altière qu’il maîtrisait à la perfection. A travers la rigueur, l’allure, la structure, l’équilibre, l’épure de ses éblouissantes créations, et sa vision intransigeante de la couture, M. Balenciaga a écrit un exceptionnel chapitre de l’histoire de la mode. Volontairement, il fermera sa maison en 1968.

défilé Ce n’est qu’en 1998 qu’elle renait de ses cendres et connaît un second souffle avec l’arrivée de Nicolas Gesquières aux commandes du style de la prestigieuse griffe. Une succession qui n’était pas gagnée d’avance. C’est sous sa direction qu’Olivier Polge (IFF) a composé les nouveaux atours olfactifs de la maison.

Pour cette première fragrance baptisée simplement Balenciaga Paris, réalisée sous licence avec le Groupe Coty Division Prestige, le discours est assez minimaliste. Mais le parfum l’est-il ? Pas du tout ou plutôt pas tout a fait : ni opulent, ni mièvre, ni tonitruant. De prime abord, le nez semble en pays conquis. On hume une fleur mais on hésite tout de même, est-ce un muguet, un iris, une violette, en tout cas c’est un peu poudré… Mais oui, bien sûr, nul doute, c’est une violette. Une violette chyprée selon les dires d’Olivier Polge, travaillée en sous main ou plutôt en sous bois, de manière à ce qu’elle devienne androgyne, présente mais en sourdine, comme dans certains masculins tels Farenheit (Dior) ou Grey Flannel (Geoffrey Beene). Cette belle et vraie amie connaît ici une nouvelle vie, une fraicheur inhabituelle, presque verte, loin des clichés des violettes impériales au charme suranné.

balenciaga-zoomQuelques pas plus loin, Balenciaga Paris affiche sa vraie nature, plus complexe, plus profonde, sans prendre un chemin trop sinueux. La ballade s’attarde sur un accord chypré modéré où le patchouli est tenu à distance, mais largement secondé par des notes de vétiver et de santal, là encore en demie teinte. C’est d’ailleurs en s’exprimant à minima que ce parfum trouve une tournure des plus subtiles, voire mystérieuse. Plus figuratif qu’expressif, il se laisse peu deviner. Parions tout de même qu’il renferme quelques infimes traits de jasmin sambac et d’épices douces, non revendiquées. Son sillage final a quelque chose de très crémeux, serait-ce une senteur fruitée, la pêche par exemple. Le secret reste entier. Toujours est-il que cette nouvelle fragrance sort avec sensibilité des sentiers battus et trop souvent empruntés par une kyrielle de marques qui se veulent « jeune et chic » sans en avoir l’air et la chanson.

Elle devrait combler celles qui ont été séduites par Parisienne de Yves Saint-Laurent et Infusion d’Iris de Prada. Le flacon, lui aussi, est très réussi, très Balenciaga, en alliant angle et rondeur, son aspect bombé et décalé n’est pas sans rappeler la célèbre ligne inventée jadis par le grand maître.

Steven Meisel est l’œil de la campagne publicitaire qui n’est d’ailleurs peut être pas ce qu’il y a de mieux vu, à notre avis, même avec le renfort de Charlotte Gainsbourg en tant qu’égérie.

Balenciaga Paris existe en Eau de Parfum 50 ml, 75€, et en 75 ml, 94€. Deuxdérivésl’accompagnent: un gel douche et une crème pour le corps. Le tout disponible à partir de Février dans les parfumeries agréées Balenciaga.

Advertisements

Poster un commentaire

Classé dans Notes de coeur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s