L’EXPO A NE PAS MANQUER

Grassse 003 Vous faites un tour en Grasse ? C’est l’occasion de visiter le  Musée Provençal du costume et du bijou de Fragonard.

Fans de mode,  d’histoire, de la région, ou simples curieux ?  C’est pour vous.  
Gratuite, cette expo nous replonge dans l’histoire de la Provence  d’après la Révolution Française. Vous découvrirez  l’importance économique de cette région à cette époque et durant  deux siècles :  il n’existe alors pas une, mais de multiples  Provence.
OU ? L’exposition, gratuite, se trouve dans  l’hôtel particulier 
de Clapier-Cabris, aux portes du centre historique de Grasse.
Dès l’entrée, la demeure nous renvoie plus de deux siècles en 
arrière : à la réception, un mur d’une vaste pièce aux plafonds 
hauts dévoile une inscription d’un tribunal révolutionnaire. Ce 
bel édifice fut en effet le lieu choisi par les cocardiers pour juger 
13 aristocrates…
Le ton est donné et le voyage peut commencer.
Grassse 004 SUIVEZ LE GUIDE… Tout au long de la visite, l’esprit curieux  découvre les  vêtements et bijoux portés par les femmes du peuple  de la première moitié du 18e s. à fin 19e,, avec un descriptif 
détaillé pour chaque objet. Au-delà de simples «chiffons», il  s’agit là d’une belle leçon d’histoire.
Le vêtement y démontre des fonctions cachées : durant ces 150 ans,  il suffisait d’un coup d’œil à la tenue pour déterminer  l’origine sociale et géographique. La Provence étant alors une 
vaste province recelant des caractéristiques géographiques et  culturelles très diverses.
Grassse 010 Ainsi sont expliquées les coutumes vestimentaires des femmes de la  petite bourgeoisie, mais aussi celles de la bastidane, soit  l’habitante d’une bastide, grande maison dans la campagne, où  travaillaient plusieurs employés. Femme d’un propriétaire foncier,  celle-ci était assez aisée, et ses vêtements se devaient de traduire cette richesse.
L’artisane, encore privilégiée quoique moins fortunée, portait  elle des vêtements copiés sur ceux de la bastidane, mais avec des  tissus de qualité inférieure.

Grassse 007 La paysanne avait, elle, surtout  besoin d’une tenue pratique pour travailler aux champs. Son costume  était donc simple et résistant, de couleur foncée pour éviter que  les taches ne se voient.
Ainsi, toutes ces femmes s’inspiraient de la couche sociale  supérieure, et les aristocrates les plus fortunées des seigneuries  copiaient elles-mêmes la mode en vigueur à la cour.
DES POUPEES POUR RECOPIER LA MODE DE LA COUR
A l’époque, point de magazine pour être tenue au courant de la  mode, mais des poupées qui portaient des costumes de Versailles puis  Paris circulaient en province, permettant ainsi de dupliquer les 
dernières tenues des courtisanes.Plusieurs régions affirment leur style dès le XVIIème siècle :Arles bien sûr, mais aussi Marseille et ses alentours, qui impose le  costume maritime, et Aix-en-Provence, rayonnant du Var à la haute  Provence.
Grassse 008 Au fil des pièces du musée, les tissus, eux, invitent à l’exotisme.
C’est l’époque des premiers voyages en Inde et en Orient.
Ces  voyages orientaux ont une influence  énorme, dès le XVIIIe siècle, 
sur les arts décoratifs  et la mode dans toute l’Europe, du  mobilier ou de la vaisselle aux parures et costumes. Les coquettes  provençales, déjà férues de motifs floraux, affectionnent alors 
particulièrement un tissu de coton dénommé l’ «indienne».  Ce  style de tissu imprimé s’orne de motifs cashemire et persans. Et de  façon générale, de nombreux détails fleurissent sur les tissus  provençaux : des fleurs stylisées, des cashemire, mais aussi des  oiseaux, des motifs japonisants (éventails) ou égyptiens (papyrus, 
lotus…). Au départ importé, ces tissus sont fabriqués à Marseille dès la 
fin du XVIIe. Puis, de manufactures locales produisent mousselines et 
indiennes en coton ; la laine, le chanvre, et la soie  apparaissent 
aussi pour des utilisations plus spécifiques. Parallèlement à Lyon, 
Avignon et Aix cultivent les vers à soie pour devenir de grands 
centres de production de ce tissu. Au XIXe siècle, le taffetas 
devient monnaie courante pour les costumes de ville.
LES DIFFERENTS VETEMENTS
 Grassse 006 Au fils des salles, les mannequins montrent jupes et jupons, 
composés d’une ou plusieurs épaisseurs selon la saison et la  classe sociale. Si les chemises et les corsets sont plus intemporels,  le corsage, réservé aux bastidanes et paysannes, et le fichu et le 
châle, sont l’emblème du costume provençal. Sans oublier la coiffe, qui se porte à Arles à la«chanoinesse», entourant gracieusement le visage, jusqu’à la fin de l’ancien 
régime, ou la « courduro », coiffe en tulle brodée ou simple 
percale fine, répandue dans toute la Provence. Enfin, capes et 
visites (des capes courtes à larges pans sur l’avant, pour se 
protéger du froid) sont fermées par des boucles argentées en forme 
de feuilles, fleurs ou main. La robe de mariée exposée, datant de 1843, raconte qu’à  l’époque, la promise était en vêtements de couleur. Ce jour–
là, le marié offrait à sa femme le clavier d’argent, symbole du 
pouvoir domestique, où l’on suspendait les clés de la maison. Sur 
ce clavier, la partie visible, appelée crochet de ceinture, en fer, 
laiton argent ou parfois en or, était décorée de motifs en forme de 
cœur ornés de fleurs.
  LES BIJOUX
 croix_badine_grenats Le milieu du XVIIIe voit aussi le développement des premiers bijoux 
régionaux, une caractéristique que la Provence partage avec la riche 
région de la Normandie, où montrer sa réussite est de bon ton.
Ainsi, vous découvrirez une belle collection de boucles d’oreilles 
dénommées poissardes, en or et émail de la fin 18e  Ces boucles 
assez voyantes, des anneaux  oblongs décorés d’un médaillon, 
étaient les bijoux des Marseillaises, leur nom dérivant ainsi des 
poissonnières de la ville qui aimaient montrer leurs bijoux !
Parmi les nombreuses croix exposées, certaines, comme la croix 
Capucine, avec cinq cônes creux garnis au sommet de pierres dures 
(quartz) ou précieuses (diamant), se trouvent essentiellement en 
Provence. Arles se distingue avec la croix maltaise, inspirée du 
sigle de l’ordre de Malte. Là encore, un bel exemplaire en or et 
émail se laisse admirer, parmi une multitude d’autres croix, 
boucles de cape, et autres broches. Le temps de l’exposition, on se surprend à se rêver  femme  provençale d’une autre époque.
Notre tenue ? –pourquoi pas ce jupon en boutis blanc brodé de motifs Grassse 009
animaux, avec par-dessus un  joyeux corsage aux motifs du jardin, qui 
cambre la ligne, protégé d’un fichu de mousseline, sans oublier le 
long châle en cashemire rapporté de Chine. Nos oreilles se parent 
d’une jolie paire de poissardes dorées, relevées d’émaux bleus. 
En ce temps-là, la coquetterie et le raffinement du détail 
n’avaient décidément rien à envier à notre mode actuelle !
Garance

Musée provençal du Costume et du bijou,
hôtel de Clapiers-Cabris, 2 rue Jean ossola, 06130 Grasse.
Tél : 04.93.36.44.65.
Jusqu’au 24 janvier 2009, exposition « des fleurs et des étoffes ».
ET AUSSI, NE MANQUEZ PAS ….
Profitez de votre passage à Grasse  pour (re-?) découvrir le Musée 
International de la parfumerie, qui ouvre ses portes, après quatre 
ans de travaux, le 18 octobre Prochain. Pour sa rénovation, le musée 
double sa surface, de 3500m2. Avec des collections d’exception, de 
l‘antiquité, du moyen-âge, et des périodes modernes et 
contemporaines : pas moins de 50 000 objets des cinq continents, dont 
le fameux coffret de voyage de Marie-Antoinette. Et aussi des mises 
en situations des diverses techniques industrielles. Ou encore une 
section du Musée qui regarde vers l’avenir. Avec un thème autour 
de la mondialisation, du marketing et des nouveaux marchés. Pour les 
historiens, et tous les amoureux du parfum.
On vous en dit plus à la fin du mois.

Garance
http://www.museesdegrasse.com

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2 Commentaires

Classé dans Backstage

2 réponses à “L’EXPO A NE PAS MANQUER

  1. senga

    Merci pour ce bel article qui donne envie de faire un tour en Provence pour avoir le plaisir de voir cette exposition…

  2. L’Abbaye des Prémontrés, centre culturel régional de Lorraine à Pont-à-Mousson, présente tout l’été une magnifique exposition  » Jardin des senteurs -Parfums de cristal  » où l’on peut admirer, entre autres, les géants de cristal de la Trilogie de Baccarat, designer Federico Restrepo, parfums : Christine Nagel.

    Ils sont présentés ensemble au public pour la première fois.

    À découvrir sur le site.

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