Archives mensuelles : juin 2008

Les 40 ans de Mai 68

 

Mai Le joli mois de Mai s’en est allé et avec lui le cortège des souvenirs. Sous les pavés la plage et les jeunes dans la rue ! Un idéal qui fait rêver encore notre jeunesse en plein fantasme de cette époque, où il était interdit d’interdire. Les parfums de Révolution sont pour certains toujours là : Eau Sauvage (1966) avait annoncé la tendance des eaux fraîches et de la mixité…. involontaire mais aussi Miss Balmain (1968), Calandre de Paco Rabane(1969), Chamade de Guerlain (1969), Chanel N°19 (1970) ou Rive-Gauche d’Yves Saint-Laurent (1971) sans oublier Charlie de Revlon (1973), premier parfum « sociostyle » américain mettant en scène une working girl délurée et affirmée ! Sur ce phénomène autant sociétal qu’olfactif, j’ai eu l’occasion d’être interviewée pour le Figaro Madame « Parfums de Révolution » par Marion Louis (édition du 17 mai 2008 www.lefigaro.fr/madame) et aussi de m’exprimer dans une vidéo sur mai 68 produite par Osmoz, dont je vous donne le lien !

http://www.osmoz.fr/statique/fr/osmoz/video/68.swf

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Les Exclusifs de Chanel : Sycomore

 

sycmore En 1930, Mademoiselle Chanel en rêvait déjà de ce parfum de bois authentique et noble. Elle créa un parfum à épaules tombantes et petite tête ronde, abrité d’un étui de bois clair et elle lui donna le nom de Sycomore. Un arbre légendaire, altier et séculaire. Son parfum vécut moins que l’arbre qui l’inspira. Mais comme Chanel met le temps en bouteille, son histoire restait à réécrire avec des mots neufs, dont Jacques Polge, gardien vigilant du patrimoine olfactif, a le secret. La mémoire épouse l’imagination et c’est bien le mystère de Chanel.

arbre Les Exclusifs de Chanel racontent cette créativité qui fut celle de Gabrielle Chanel et du parfumeur Ernest Beaux. Cet onzième opus de la collection dessine un tronc sec et majestueux, puissant et poussant ses racines dans la terre. La ligne d’un beau bois, que ne découragent ni l’aridité du sol ni les tempêtes du vent. Une force hiératique à l’image de Gabrielle Chanel, tenace dans sa conviction de démoder ce qui ne lui convenait pas. Comme elle fit naître la féminité la plus absolue parce que troublante du masculin, Jacques Polge travailla le luxe dans la simplicité androgyne. Il dit : « Je n’ai pas cherché à faire un parfum ni à composer. Juste à travailler une note boisée. J’avais envie de quelque chose sans nuance; enfin sans autres nuances que celles qu’apportent les essences. » Le vétiver est donc au coeur de ce travail et apporte une vibration racée. On la sent sortir de terre, livrer sa complexité olfactive, irradier de tout son feu. Son parfum terreux, fumé et balsamique enveloppe la peau d’une chaleur subtile. Une sécheresse aristocratique qui se ressent dans la simplicité absolue de sa ligne. Juste une pointe de santal pour en ajouter au mystère sacré. un faufilage épicé de cyprès, de genièvre et de baies roses vous chatouille le nez délicatement, sans enlever la vigueur initiale. C’est magique, troublant et sublime. Un très bel exercice de style qui est plus qu’un parfum, un véritable enchantement d’une noblesse absolue.

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