Opium – Yves Saint-Laurent (1977) part 2

medium_opium_kate_2003  Vous pouvez retrouver la partie 1 ici

Opium commence comme un épicé fleuri auquel est ajoutée une dimension orientale puisque la Chine était le thème de la collection de Saint-Laurent à cette époque. L’interprétation chinoise réside dans l’harmonie réalisée par la combinaison du bouquet épicé floral avec une note très fraîche et une base très chaude. Une association remarquable des contraires que Saint-Laurent définit ainsi : « Opium un parfum sensuel, capiteux et mystérieux, est un mélange oriental qui combine les bois odorants, des épices mordantes et les plus douces des fleurs avec de la myrrhe. »

La révolution consista aussi à augmenter la concentration de ce parfum jusqu’à des niveaux encore jamais atteints en France pour les parfums de prestige, contrairement aux parfums américains qui étaient conçus pour tenir toute la journée. Les françaises, surprises par sa ténacité, trouvèrent à Opium beaucoup de punch et le reçurent comme une autre grande innovation d’Yves Saint-Laurent.

La préparation de la présentation fut une partie de bravoure dans laquelle Yves Saint-Laurent exprima toute sa légendaire créativité. L’idée de départ restait l’inro du samouraï, pièce ancienne en bois laqué, que le designer Pierre Dinand interpreta. Mais, la vraie laque aurait coûté une fortune et l’objet fut recopié dans un Nylon magnifique. Yves Saint-Laurent ajouta une cordelette et un gland noir, changea les caractères du logo, ceintura le goulot d’un bracelet or. Autant de modifications brillantes et s’inscrivant à merveille dans l’univers Saint-Laurent mais ô combien coûteuses à réaliser. Tout rappelait l’Impératrice de Chine.

En octobre 1977, Opium  était lancé en France puis étendu à l’Europe. La réaction s’avéra extraordinaire. Opium était un événement : comptoirs pillés, vols de camions. Et cela en dépit du prix élevé d’Opium, volontairement positionné dans le sélectif, aux côtés des parfums les plus chers comme Joy de Patou ou Bal à Versailles de J. Desprez. Opium venait renforcer l’image « exclusive » de Saint Laurent dans les parfums de luxe. Aux États-Unis, Opium fut lancé dans le même positionnement en septembre 1978 et de façon brillante. Une soirée mémorable de lancement fut orchestrée sur le navire Pekin qui mouilla au port de South Street à la pointe de Manhattan. Oriflammes de soie pourpre, orchidées blanches, lanternes chinoises, coussins épais, flots de champagne, buffets somptueux et prolifiques au son de musique disco, de ballets orientaux et chinois. Opium  fut l’objet d’une énorme controverse organisée par les activistes des ligues anti-drogue. Des manifestations qui firent un « coup de pub » involontaire au parfum et qui en augmentèrent les ventes déjà importantes. Les esprits se calmèrent peu à peu et l’on cessa d’associer le parfum à la drogue.

En s’offrant un flacon d’Opium, la femme accède à un paradis artificiel dans lequel elle brise tous les tabous, se libère et s’évade. Elle vit une vision orientaliste d’amour, d’enchantement et de mode. Cette vision paradisiaque est pour Yves Saint-Laurent celle qui est au coeur du triomphe du parfum. La femme entre dans le faste et le sacré, se nourrit d’opulence et de sensualité afin d’atteindre un nouvel état d’être, spirituel et absolu.

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Classé dans Parfum culte

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