La visite de l’exposition au Grand Palais

Jeudi 13 mars 2008, vernissage de l’Exposition consacrée à Marie-Antoinette. La foule est déjà au rendez-vous et il faut même attendre avant d’entrer dans l’exposition. Marie-Antoinette, « super-star » ! Encore ! disent certains. Enfin ! s’exclament d’autres. En tous les cas, deux ans après celle de Bordeaux, cette exposition cerne au plus près le destin d’exception d’une des dernières reines de France. Personnage mythique autant par la dimension émotionnelle d’une personnalité multiple que par sa trajectoire brisée, Marie-Antoinette continue de fasciner. Sa vie commence comme un conte de fées et finit en cauchemar. La mise en scène exceptionnelle de Robert Carsen a cette dimension théâtrale qui nous entraîne dans le vécu de la Reine. On ne se contente pas de voir, on vit, on jubile et même on frémit dans les derniers moments de ce parcours de tragédie.  

Dès l’entrée de l’exposition, Marie-Antoinette encore enfant, nous accueille au sein de sa famille. Elle danse et semble nous inviter à profiter des plaisirs de la vie. Née en 1755, elle n’était pas destinée à régner, mais les hasards de la politique européenne en décideront autrement. Pourtant, à l’observer sur ses portraits d’enfant, elle est déjà très souveraine et semble avoir conscience de sa destinée. Une dignité naturelle qui la caractérise déjà. La petite archiduchesse d’Autriche épouse l’héritier de la couronne de France le 16 mai 1770. La jeune fille a reçu une éducation artistique soignée : elle dessine, joue sur scène, chante et danse. Dans le « cocon » de la famille impériale, son goût s’est formé, suivant l’exemple de sa mère, au milieu des laques orientales, de la porcelaine asiatique et française, des objets montés, des collections de vases de pierres dures que l’on peut admirer.

À Versailles, la dauphine Marie-Antoinette est adulée. On célèbre sa beauté et sa vivacité. Devenue reine, l’intérêt porté à sa personne et à ses goûts s’exacerbe. Attentive aux modes et aux idées nouvelles, soucieuse d’échapper à « l’étiquette », la jeune reine s’invente un cadre de vie raffiné à l’extrême. Elle évolue dans ses choix artistiques, décoratifs et musicaux. Première « mécène » du royaume, elle suscite le développement d’un style qui demeure aujourd’hui associé à son nom. Que de merveilles à admirer !

La scénographie prend alors toute son ampleur et se divise en deux scènes de théâtre, l’une diurne toute en délices champêtres, air frais et chants d’ oiseaux. L’autre nocturne, toute en artifices et faux-semblants comme cette vie que la Reine jouait à Trianon, en oubliant de la vivre dans la réalité de sa fonction.

marie-antoinette-a-cheval-par-brun.jpgPuis, viennent les dernières années de sa vie dans un espace qui se réduit progressivement jusqu’à l’ultime image de Marie-Antoinette, celle fixée par David avant l’échafaud. De ses heures sombres, de cette vie cousue de malheur, naît le mythe de la femme. Il est étonnant de remarquer à quel point et avec quelle modernité, Marie-Antoinette est soucieuse de son image, en joue et s’en sert dans le Royaume comme vecteur de communication. La miniature de François Dumont « Marie-Antoinette et ses enfants au pied d’un arbre » est émouvante par l’intimité de la scène familiale mais se veut aussi un manifeste de la nature vertueuse et bonne de la souveraine. Madame royale, la main soutenue par Marie-Antoinette, s’applique à graver sur le tronc d’arbre les mots : « Soyez à tous leur mère. » Mais aussi, ce jeu à double tranchant se retourne contre elle, au point d’en perdre la maîtrise et de retourner l’opinion contre elle. Un sujet bien d’actualité ! …

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Souhaitons juste qu’en 2008, la Reine retrouve ses « 200.000 amoureux » qui l’avaient accueillie lors de son entrée dans Paris en 1770 ! Et même davantage. En tous les cas, cette exposition partage avec sa royale égérie le sens du raffinement et du goût. Un vrai délice, dont on se délecte !

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Cerise sur le gâteau, à votre sortie de l’exposition, la roulotte de Ladurée vous attend pour vous proposer des petits macarons ! La Reine était certes gourmande et ne les aurait pas reniés, même si les macarons ne se présentaient pas sous cette forme, inventée par le fondateur de la Maison Ladurée au XIXème siècle. Mais peu importe les anachronismes, pourvu que l’on se régale ! Plus de deux cents ans après, Marie-Antoinette continue de faire vendre, comme en témoigne aussi la boutique très bien achalandée de l’exposition !

Cette exposition est coproduite par la Réunion des Musées Nationaux et l’Etablissement public du musée et du domaine de Versailles.

Commissaires
Pierre Arizzoli-Clémentel, Directeur général, Etablissement public du musée et du domaine de Versailles
Xavier Salmon, adjoint au chef de l’Inspection générale des musées de France, Paris

Scénographie
Robert Carsen

Informations pratiques

Ouverture
Tous les jours, sauf le mardi.
Horaires
De 10 h à 22 h, jusqu’à 20 h le jeudi (fermeture des caisses : 45 mn avant).
Adresse
Galeries nationales du Grand-Palais
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Accès
Métro Franklin-Roosevelt ou Champs-Élysées-Clemenceau

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