Five O’Clock Au Gingembre de Serge Lutens

triofauvesroyaux_lutens.jpgEn janvier 2008, Serge Lutens nous a présenté son dernier opus olfactif : Five O’Clock au Gingembre. Comme à chaque fois, je me rends aux Salons du Palais Royal, le coeur en fête et le nez affûté. Il faut se préparer à découvrir le nouvel effluve. Un échauffement sensoriel qui devient un rituel, afin de mériter le moment et le lieu au sein de ce que Jean Cocteau appelait « la Muraille de Chine au coeur de Paris ». C’est là, dans les Jardins du Palais Royal, que Serge Lutens a voulu en 1992 ouvrir sa boutique qui ressemble à des salons, des lieux de vie, où l’on se rencontre et partage la passion d’une belle parfumerie, aux matières nobles et oubliées. Une parfumerie d’auteur et inspirée. L’endroit est un tabernacle, précieux et à l’esprit du maître des lieux. Le jour du lancement, on vous y attend, on vous propose un thé aux flaveurs du parfum dernier né, que vous découvrez et que l’ on vous raconte. Ecouter, sentir et ressentir ce parfum qui se déploie langoureusement dans l’air. Un five O’clock, tel qu’on en rêve. Délicieux comme un pain d’épices que l’on dégusterait sur la peau au coin du feu et une tasse de thé à la main. Sensualité des épices, chaleur du bois que conforte une pointe de chocolat noir. Un travail d’orfèvre comme à son habitude et pourtant Serge Lutens nous confesse de sa voix feutrée qui appelle les confidences, que le gingembre n’avait pas sa préférence. Un luxe d’initiés, prétend-il, et comme dirait le renard au Petit Prince de Saint-Exupéry : pour aimer, il faut apprivoiser. (Eau de Parfum, 50ml, 79 euros)

Laissons la parole à l’artiste, qui de sa plume alerte nous embarque pour un nouveau voyage.

« Le premier verre de vin, les premières huîtres, le premier gingembre laissent un souvenir inoubliable de « jamais plus ! ».

Notre monde est composé d’images que nous associons à l’idée de plaisirs, d’élévation. Le chic, l’élégance sont indissociables de l’idée de précieux réservée aux connoisseurs. Le gingembre, racine stimulante dit-on ; quel ennui, non ?

En Angleterre bien sûr, au manoir, à l’heure du thé, présenté dans la sublime argenterie, servi dans les porcelaines noires de Wedgwood… Et là, on découvrira l’étrange goût fumé de ce confit poivré… le gingembre, tel qu’il se doit ! Le goût ne serait-il pas lié aux situations rêvées ou vécues comme telles ? On dit Rolls-Royce n’est-il pas ? Elle est noire évidemment, roule lentement. En hiver, c’est mieux ! Les deux composantes de son nom sont-elles séparables ? On ne dit pas « Rolls » n’est-ce pas ? !

C’est moche ! Qu’en penserait Sir Royce ?

L’illusion de toucher à l’unique, à l’ultime naît aussi du contexte par lequel on pourrait le vivre. On ne s’élève pas par l’argent. Certains raffinements invisibles appartiennent à la sensibilité. Ils se partagent en affinités et sont plus magiques lorsque enfermés d’exceptionnel. C’est à ce prix que certains êtres rares ou à sa recherche pourraient ainsi se reconnaître. »

Serge Lutens

 

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1 commentaire

Classé dans Notes de coeur

Une réponse à “Five O’Clock Au Gingembre de Serge Lutens

  1. Jeremy

    Bonjour Elisabeth,

    merci pour cette tres interessante info… J’ai hate d’aller le sentir..

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