L’Heure Bleue de Guerlain a 100 ans !

 

120133-04-05-GUERLAIN-HauteParfumerie_02 Les parfums n’ont pas toujours cent ans. C’est même très rare. Il en est pourtant ainsi pour un parfum prodige, une des plus belles architectures olfactives de l’histoire de la parfumerie, L’Heure Bleue de Guerlain créé en 1912. Cent ans ont passé mais l’émotion est restée intacte.

Par une fin de bel après-midi de l’été 1911, entre chien et loup, Jacques Guerlain se promène avec son fils sur les berges de la Seine. L’heure est entre lumière et crépuscule, les bruits de Paris s’adoucissent, l’odeur des fleurs emplit l’air. Le ciel se teinte presque entièrement d’un bleu particulier, plus foncé que le bleu du ciel. Un phénomène physique que l’on appelle « la brunante », causé par la diffusion Rayleigh. Dans cette heure bleue, Il sembla à Jacques Guerlain que tout était en accord dans une harmonie merveilleuse. « Je ressentais quelque chose de si intense, que je pus seulement l’exprimer par un parfum », dit-il. Et ce parfum sentimental ne pouvait porter qu’un seul nom, poétique et intrigant : L’Heure Bleue. La clé du trouble laissé par ce parfum se trouve déjà dans son nom.

l'heure bleue0001-RET En effet, de cet instant de douceur et de sérénité en jaillit l’inspiration. L’esprit de Jacques Guerlain vagabondait dans ces moments de plénitude, intensément romantiques. C’était la Belle Epoque. Une période bénie de paix et de croissance qui permettait le développement d’une vie artistique foisonnante. Paris, ville urbaine et moderne, était le centre de cette vie brillante et légère. Tous les artistes s’y retrouvaient. La population optimiste et insouciante profitait de ces temps bénis, flânait dans Paris et sortait le soir : réceptions mondaines, spectacles, dîners chez Maxim’s ont façonné le mythe de la Belle Epoque. Ce XXème siècle naissant est tendre et cynique, brillant et pathétique jusque dans ses débordements. A la manière des héroïnes des romans de Marcel Proust, créatures sensuelles et vaporeuses, les femmes ressemblaient à des fleurs, perdues dans des ruches de fanfreluches. Corsetées, boutonnées, lacées, chevelure abondante, elles ont l’allure de libellules et sont les muses de cet Art Nouveau, qui les transforme en lianes diaphanes et irréelles. Leurs couturiers s’appellent Doucet, Paquin ou encore Poiret. Ils les entraînent vers des horizons lointains, vers cet Orient rêvé, où avec indolence elles s’abandonnent à une langueur certaine.

Et pourtant, la Belle Epoque s’épuise et touche à sa fin, le monde devient fou, la guerre gronde. Jacques Guerlain raconte avoir ressenti cette catastrophe imminente, dont il avait eu la prémonition. Il l’exprima ainsi : « Le soleil s’est couché, pourtant la nuit n’est pas encore tombée. C’est l’heure incertaine. Dans une lumière du bleu le plus profond, tout – le bruissement des feuilles, le clapotis de la Seine – semble exprimer un amour, une caresse, une infinie tendresse. L’homme est soudain en harmonie avec le monde des choses, dans un moment du temps : le temps d’un parfum ».

Jacques Guerlain était alors parfumeur depuis plus de vingt ans. Il admirait les peintres impressionnistes dont il collectionnait les œuvres. Comme les touches successives de couleurs varient en fonction de la lumière sur une toile impressionniste, les notes olfactives de ses parfums jouent sur la peau les mesures d’une partition singulière.

page 39 L'Heure bleue Alors qu’il sentait le trouble qui envahissait le monde, il voulut rendre un hommage vibrant à sa femme, Lily Guerlain, dont l’allure et la beauté le fascinaient et lui déclarer sa flamme par un parfum unique. Son bonheur était serein, son amour d’époux comblé par la naissance de ses fils. Il lui fallait immortaliser cet amour dans un parfum, afin qu’il dure toujours et en dépit de tout. Lily Guerlain le reçut à la manière d’une offrande, vouée au culte de la passion amoureuse. Elle porta L’Heure Bleue toute sa vie, comme sa signature invisible, son aura.

L’Heure Bleue fut en effet le dernier élan romantique de ces temps crépusculaires, le dernier parfum de la paix, qui sonna le glas d’une époque révolue, ainsi que le Titanic qui avait sombré le 16 avril 1912, emportant avec lui toute une société en déclin. Jacques Guerlain exprima sa passion au travers de ce parfum fleuri-oriental, dans la lignée du terriblement innovant Origan de Coty, créé en 1905 mais quelque peu brutal.

Avec équilibre et douceur, L’Heure Bleue allie les notes poudrées de l’iris et gourmandes de la vanille mariées au musc, à la chaleur de l’œillet et de l’anis, lui donnant un velouté sensuel très particulier. Les notes de tête, délicatement fraîches, sont un accord audacieux de bergamote et d’anis. Les notes de cœur, épicées, fleuries et grisantes, allient l’œillet, le néroli, l’héliotrope à la rose de Bulgarie et la tubéreuse. Sur ces notes nostalgiques du souvenir, persistent en fond, troublantes et poudrées l’iris, la violette, mais aussi la vanille et l’infusion de musc. Le musc est bien ce qui caractérise L’Heure Bleue et qui fait de lui un parfum de peau. Posé en proportions importantes, il lui assure un tombé charnel, une volupté particulière, celle d’un amour accompli dans la sérénité.

Ce parfum magnifiquement architecturé est aussi le premier parfum Guerlain à contenir des aldéhydes. Féminin et délicat, L’Heure Bleue est pourtant capable de se répandre avec volume et puissance. C’est bien son paradoxe, à la fois tendre et sensuel, délicat et intense, maîtrisé et bouillonnant, secret et flamboyant. Un parfum qu’il est si difficile de définir et si aisé à retenir. On ne l’oublie pas ! Désuet pour certain, moderniste pour d’autres. Thierry Wasser dit de lui aujourd’hui « qu’il a une mécanique d’une telle délicatesse, qu’il ne souffre aucune altération ». Il se compare à un velours, parant la peau d’une femme et envoûtant les hommes. Ne vous fiez pas à ses airs timides, L’Heure Bleue a des pouvoirs magiques, qui ensorcellent les cœurs !

 

ENVELOP7 7-5A la manière de l’aquarelle peinte par Clément Serveau (1886-1972) représentant les quais de Seine face à Notre Dame de Paris, qui servit à une publicité de l’Heure Bleue, ce parfum reste symbolique des temps heureux et raffinés de la Belle Epoque. La prémonition de Jacques Guerlain fut juste. La Première Guerre mondiale éclata en août 1914 et la mobilisation générale fut décrétée par le Gouvernement Français. Jacques Guerlain partit au front, dont il revint blessé à l’œil. Etait-ce lui qui avait demandé que des mouchoirs imbibés d’Heure Bleue, le parfum de sa femme dont il était séparé par la Guerre, furent distribués aux poilus des tranchées pour leur remonter le moral et leur apporter une présence féminine invisible mais réconfortante ? En tous les cas, ce talisman reste l’une des métaphores les plus poétiques de la parfumerie.

l_heure_bleue_halo GP OK Son flacon fut dessiné par Georges Chevalier chez Baccarat et appartient à l’Art Nouveau. L’épaulement curviligne du flacon aux lignes sensuelles et les virgules taillées dans le verre s’inscrivent dans ce mouvement artistique, caractérisé par la sinuosité des lignes, qui rappellent les courbes féminines. Son bouchon évidé, dit « au cœur renversé », ou encore « chapeau de gendarme », évoque le sentimentalisme de cette fin de siècle. Ce flacon fut réalisé par cinq verriers : Pochet et du Courval, Baccarat, St Gobain – Desjonquières, les Cristalleries de Nancy et les verreries de Romesnil. Il avait aussi servi aussi à contenir le parfum Fôl Arôme en 1911, comme il en était souvent l’usage à l’époque.

L'heure bleue Gripoix_120133-03(106) De même, comme deux apostrophes autour de la Première Guerre Mondiale, le flacon de l’Heure Bleue servit aussi à Mitsouko en 1919, qui fut quant à lui le « parfum de la paix retrouvée » ainsi que celui des Garçonnes. En 2012, son flacon emblématique est revisité en toute modernité. Il contient l’effluve bien parisien de la Petite Robe noire et les flacons des éditions spéciales, célébrant son centenaire.

Depuis, sa légende fit son chemin, inspira des artistes et fut porter par les plus belles femmes du monde, qui avouent facilement s’adonner avec fidélité à L’Heure Bleue : Catherine Deneuve, Julia Roberts, Clotilde Coureau, Mylène Farmer, Jade Jagger, Lou Doillon, Patricia Arquette parmi tant d’autres anonymes, qui n’échangeraient jamais ce parfum devenu leur premier vêtement de peau, leur pantoufle de vair, celle qui transforme vos rêves en réalité. Françoise Hardy en chanta un air, tout comme Jean-Louis Aubert.

Pour ma part, je continue de l’aimer comme au premier jour, comme la toute première fois où je l’ai porté, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Mais je fais un vœux : que l’on puisse retrouver ces bonnes vieilles teintures de musc animal, qui faisait qu’un parfum tenait si bien à la peau. Si la fée bleue pouvait m’entendre ! …

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17 Commentaires

Classé dans Notes de coeur

17 réponses à “L’Heure Bleue de Guerlain a 100 ans !

  1. Emma

    Narcisse Noir a eu cent ans l’année dernière et ce n’a pas fait couler beaucoup d’encre, pourtant vous êtes citée dans le livre Caron de Jean-Marie Marie Martin-Hattemberg. Ou est-ce que parce que Caron n’est plus un acteur important de l’industrie, vaut mieux citer Thierry Wasser et son gros mensonge à propos de la non-altération de L’Heure Bleue.
    Aucun mot donc sur l’état actuel de L’Heure Bleue, un parfum pitoyablement reformulé, au point où les auteurs de Perfumes the Guide se sont laissés allés en postant sur Now Smell This que L’Heure Bleue était aujourd’hui mort.
    J’ai testé l’extrait l’année dernière, d’emblée on remarque le manque de complexité de la formule d’origine, les notes poudrées sont devenues pratiquement inexistantes, à la place on a un musc aigrelet qui soutient l’ensemble de la composition. L’Heure Bleue n’a pas cent ans, ce n’est que son fantome qui est centenaire et je regrette votre manque d’honnêteté sur ce point!

    • elisadefeydeau

      Vous avez raison : Narcisse Noir a eu cent ans l’an dernier mais il ne jouit pas aujourd’hui de la même aura que l’Heure Bleue. Mon article portait sur l’histoire de ce beau parfum que je porte depuis de longues années. Il a été mon coup de foudre olfactif. C’est vrai, il a changé mais vous n’êtes pas sans ignorer la législation, qui n’a pas toujours bon dos, et qui touche tous les parfums anciens. Certains auteurs feraient mieux de se taire plutôt que de porter des jugements sévères, qui ne prennent pas tous les paramètres en compte. thierry Wasser fait un travail formidable, entre autre sur les infusions de musc qu’il cherche à reproduire à l’identique tout en prenant en compte les contraintes actuelles. Il a promis de jolies surprise sur l’Heure Bleue, qui renaîtra ainsi de ses cendres. Je comprends votre passion et vos propos sont donc excessifs mais ayez l’honnêteté d’avouer que même transformé, L’Heure Bleue demeure bien plus beau que beaucoup de parfums actuels. C’est en tous les cas l’avis de beaucoup de grands parfumeurs !!

      • Jean Loup

        Votre réponse à Emma est parfaite.J’ignore quelle dent elle a contre Guerlain et Thierry Wasser en particulier mais elle étale sa hargne à travers différents blogs.
        Je suis convaincu que si Wasser n’aborde pas les altérations que nous constatons sur les parfums historiques de la maison c’est par égard pour ses confrères qui ont fait ces reformulations avant son arrivée.
        Je suis optimiste et j’attends avec impatience sa réécriture de l’Heure Bleue et des autres chefs-d’oeuvres de Jacques Guerlain.
        J’ai beaucoup apprécié votre passionnant livre sur les parfums.

      • elisadefeydeau

        Merci Jean Loup pour votre commentaire modéré, respecteux du travail d’autrui et optimiste ! Merci aussi pour l’appréciation que vous avez de mon livre. Cela me touche ! Et vive l’Heure Bleue !

      • Michaël

        Je suis d’accord avec vous Elisabeth, Malgrès les reformulations obligatoires (hélas), l’Heure Bleue reste un très beau parfum.

  2. Ping : L’heure Bleue centenaire | L'actualité Parfum

  3. Michaël

    Je travaille en parfumerie, j’ai recherché dans mes archives testeurs les extraits de l’Heure Bleue. J’ai retrouvé un vapo tout or qui doit avoir 15 ans et un carré plus récent. J’ai essayé les 2 sur mes poignets et demandé à mes collègues de les sentir… Celui qui à 15 ans a eu un succès énorme. Il est beaucoup charnel, plus chaud, plus animal…Plus… vivant. Contrairement au récent qui fait plus "propre".
    Depuis quelques temps, les 100 ans de l’Heure bleue m’ont donné l’envie de le redécouvrir et peut-être le porter. C’est chose faite, j’ai adopté ce merveilleux parfum. La redécouverte de cet ancien extrait m’a convaincu… J’espère que Thierry Wasser arrivera à redonner toute son âme à l’extrait… Vive l’Heure Bleue encore pour 100 ans ;)

    • elisadefeydeau

      J’ai également un ancien vapo de l’Heure Bleue, conservée de mes anciennes réserves ! je ressens tout ce que vous exprimez et en retrouve aujourd’hui la sensualité vibrante dans l’extrait. J’ai hâte aussi de sentir la version de Thierry Wasser. Bien à vous

  4. Ping : Aurore, Zénith et Crépuscule pour l’Heure Bleue | L'actualité Parfum

  5. J’ai beaucoup apprécié votre article et j’aimerais partager avec vous quelques réflexions, si vous le voulez.
    Les reformulations obligent les parfumeurs, jour après jour, a "réinventer" les classiques, un travail difficile et frustrant… cela dit, j’ai l’impression que les indications de l’IFRA constituent une bonne excuse pour baisser les coûts et la qualité d’un jus au profit d’un marge supplémentaire…ou d’une modernisation préconisée par l’équipe marketing …
    Donc, j’apprécie la difficulté du travail de TW mais je me demande si le souci principale de Guerlain c’est vraiment et toujours le respect du parfum original.
    Deuxièmement, avec tout mon amour pour cette vénérable maison, je trouve un peu dommage que le centenaire d’une fragrance si emblématique ait été fêté en sourdine – ou mieux: en toute exclusivité, avec un prix très sélectif. Il n’y a pas beaucoup de maisons qui peuvent se vanter d’avoir, parmi ses offres, une fragrance qui souffle les cent bougies: ce centenaire aurait pu être une occasion unique et magnifique pour relancer une fragrance qui est relativement (in)connue hors la France et donner un immense prestige à la maison.
    Je trouve le commentaire d’Emma intéressant aussi, mais je crois que c’est naïf de croire que Guerlain soit un one-man (Thierry wasser) ou un one-women (l’aimable Mme Delacourte) show. Guerlain fait partie du group LVHM, donc les décisions sont d’avantage prises par les membres de ce group du luxe, avec un driver puissant dans l’équipe du marketing… les singles personnes n’ont, à mon avis, qu’un pouvoir décisionnel très relatif…
    p.s. Excusez-moi d’avance pour les fautes d’orthographe, je suis une Guerlanophile (preocupée et) Italienne…

  6. Julien

    Emma a écrit un message poli, et je préfère 1000 fois ses insinuations malveillantes à trop de complaisance.

    Le vrai malentendu, c’est qu’Ema vous attaque sur votre manque d’esprit critique.
    Or quand on voit à travers votre billet, on comprend.
    Votre motivation est d’oublier les polémiques actuelles, pour trouver du réconfort dans le passé.
    On le sait tous, les grands parfums classiques ont été très abimés par des régulations disproportionnés sur les allergène, et le sont encore. Par la cupidité, aussi.
    Pour quelqu’un de sensible comme vous, je comprends ce qu’il y a d’attristant et de lourd dans la situation actuelle. Elle nous force à parler d’IFRA et de reformulation à chaque post!

    N’est-ce pas la motivation cachée de ce billet très documenté? (bravo!)
    Vous parlez de l’heure bleue d’avant, de son inspiration imaginaire et poétique.
    Vous faites revivre à grand renfort de documentation ce passé révolu.
    Et vous ajoutez une réserve sur le musc actuel.

    Mais je comprend aussi Emma.
    Vous avez laissez l’ambiguïté des propos de Thierry Wasser. Si le parfum "ne souffre aucune altération", il faut comprendre que dans la bouche de Thierry Wasser cela signifie "il est impossible de vider l’heure bleue de toute sa magie".
    Dommage que le tout-venant comprenne "l’heure bleue n’a jamais été reformulé". Emma a cru que vous souteniez l’omerta.
    Vous auriez du ajouter un bémol aux propos de Thierry Wasser.
    Vous avez aussi titillé sa méfiance conspirationniste : votre billet trop académique rappelle les billets du blog de l’autre VRP Guerlain, la directrice artistique Sylvaine Delacourte. Quand elle ne noie pas le poisson par des billets trop techniques et fouillis, c’est de la pub déguisée Guerlain qu’elle fait à longueur de colonne.
    Aussi, vous utilisez 2 images commerciales directement issue de son blog. (des outils internet permettent aujourd’hui la traçabilité des images)
    Et il suffit de cela pour donner l’impression que vous êtes de mèche avec Guerlain.

    /!\ Elisabeth, je vous en prie, faite attention.
    Que votre manque d’esprit critique ne confine à la malhonnêteté intellectuelle!
    Vous êtes une auteure spécialiste du parfum, votre indépendance votre objectivité et votre liberté de paroles devraient être votre bien le plus cher!
    Vous êtes quelqu’un d’éclairé, on ne vous pardonnera pas des mensonges par omission. N’attendez pas les commentaires pour évoquer enfin l’existence des reformulations, dites le au moins une fois nettement dans le texte, ainsi que ce que vous avez au fond du cœur. (Car Sylvaine Delacourte, aussi, faisait un blog impersonnel)

    Le message d’Emma était poli.
    Et la vérité est parfois moche, mais il ne faut pas la taire pour autant.
    Vous ne pouvez pas d’un côté vous parfumer de l’ancienne version, et de l’autre induire en erreur la nouvelle génération de passionnés.
    C’est par générosité, par un esprit de partage, que les anciennes formules resteront archivées, et certains naturels non-rentable encore produits.
    Par la mystification, ces parfums d’antan finiront de mourir en silence, ils ne connaîtront pas de lendemain.
    On ne peut pas se permettre de perdre la prochaine génération.

    Ayez ce courage. Il ne vous coûtera pas grand chose, vous ne serez pas la première à l’avoir.
    Bises <3 Julien

    • elisadefeydeau

      Bonsoir Julien, Merci de votre long message et de vos conseils. Tout d’abord, je tiens à vous dire que je ne lis pas le blog de Sylvaine Delacourte, non pas parce que cela ne m’intéresse pas mais par manque de temps ! les images que j’ai utilisées viennent du CD que Guerlain joint au DP !est-ce pour autant que je suis "de mèche" avec Guerlain ? Au travers de mon blog, je ne cherche pas à exercer mon sens critique à tout prix, je le sais assez aiguisé, mais je préfère informer, éclairer, partager des recherches avec vous. L’article sur l’Heure bleue était davantage tournée sur le passé qu’axé sur le présent. Il ne m’appartient pas de juger les marques, ceux qui ont aussi le courage d’agir et de créer. Certes, je déplore les nouvelles normes imposées par Bruxelles et je trouve dommage que les parfumeurs ne s"unissent pas assez pour combattre ces diktats et défendre leur métier. Mais vous savez, la réalité économique est bien cruelle. Avoir des idéaux est une grande chose, vivre le quotidien des marques en est une autre. Et puis, la critique est aisée, l’exercice l’est beaucoup moins. Cependant, Merci de continuer à vous exprimer, c’est important pour l’industrie qu’elle vous entende et qu’elle ne s’endorme pas sur des vieux lauriers !Quant à mon sens critique, je sais l’exercer en privé et lors de mon travail auprès des marques. Et du courage, j’en ai à chaque ouvrage que j’écris ! Je vous souhaite le meilleur en parfum !

  7. Julien

    Votre billet n’éclaire personne, au contraire il apporte beaucoup de confusion.
    Même moi qui connaissait ces histoires, j’ai été emporté par ce flôt d’informations.
    Le tout-venant n’est ni informé, ni éclairé. L’essentiel y est même occulté.

    L’heure bleue actuel est nettement différent de l’ancien. C’est comme ça depuis quelques années.
    Or vous entretenez la confusion entre l’ancien et l’actuel tout le long de 13 paragraphes dithyrambiques!
    Emettre une réserve sur l’antique teinture de musc au 14ème paragraphe, c’est trop peu.
    Votre billet n’est pas coupé du présent, il paraît pour le centenaire de l’heure bleue. Il allait de soit de comparer l’ancien et l’actuel. Guerlain va en profiter pour promouvoir l’actuel, sans informer ses clients, en jurant ses grands dieux aux clients qu’il est fidèle à l’original.
    Or le chef-d’oeuvre c’est l’ancien. L’actuel est un gentil parfum.

    Comment voulez-vous protéger l’heure bleue si vous mettez sur le même plan l’ancien et l’actuel.
    Les gens concluront qu’il a toujours été un gentil parfum. On ne cherchera jamais à ressusciter ce chef d’oeuvre.
    Comment voulez-vous que les protestations contre les réglementation prennent du poids, si vous en dissimulez l’impact?

    Ne pas critiquer. D’accord c’est possible. On peut présenter des éléments d’information sans trancher ou même commenter.
    Mais là vous occultez. C’est une forme d’auto-censure. Comprenez-vous à quel point c’est contre-productif?
    Vous sciez gaiement la branche sur laquelle vous êtes assise.

    Dans la réponse que vous m’avez fait, vous déployer des trésors de politesse. Vous êtes donc assez diplomate pour exprimer des "retenues". Des vraies. GrainDeMusc sait le faire, tout le monde sait le faire!
    Il suffisait d’écrire "l’heure bleue actuel n’est plus fidèle à l’original, mais reste un joli parfum".

    A quoi bon avoir un blog si on n’y partage pas son opinion personnel? Le vecteur principal des blogs reposent sur leur facteur humain!
    J’accorde peu d’importance aux images promotionnelles Guerlain, ça fait juste un peu "présentation produit". Une photographie de votre flacon aurait été plus touchant. Vous saisissez la nuance.

    Un esprit éclairé garde ses idéaux à l’esprit pour faire le meilleur compromis. Il ne s’agit pas d’écarter l’idéal au profit d’un compromis pragmatique, ils forment un tout, un dialogue.
    Je vois vos compromis, je vois les compromis de certaines marques et professionels, mais je ne vois pas vos idéaux.
    Si l’idéal est comme l’étoile du soir qui nous guide, je ne vous vois pas pointer dans la bonne direction!

    A l’idéal vous répondez la fatalité. Je crois que vous vous faites du mal inutilement.
    Vous devriez vous rassurer. L’espoir et l’inspiration sont là, plus féconds que vous ne l’imaginez.
    Déjà, nous -les passionés- avons encore notre flacon de l’heure bleue, le vrai. Ce sont les clients actuels qui ne savent pas ce qu’ils ratent. *
    Ensuite, en tant que spécialistes, vous êtes derrière le rideau de cette dure réalité : anciens flacons, accès aux matières premières, connaissances et savoir-faire, reproductibilité. Plus on est spécialiste, moins on est frappé.
    Enfin, il faut bien comprendre que ces vagues de régulation, ouvertement excessive, ne sont jamais que les crises d’acnée d’une Europe en pleine adolescence. Dans le futur les choses reviendront à plus de normalité, de sagesse, et d’harmonie. Si… si vous et moi arrêtons de dire qu’il ne s’est rien passé.
    Car en attendant, personne n’a été forcé de vendre son âme, ou sa langue. Les législations idiotes et les mauvaises pratiques commerciales sont à critiquer pour ce qu’elles sont.

  8. mdebray

    Hâte d’être demain car l’Heure Bleue sera sous mon sapin…
    Merci pour votre bel article.

  9. Bonjour,

    je me permets juste de réagir aux différents commentaires. Je suis sophie du blog mybluehour, et comme vous le savez je suis une addict de l’heure bleue.
    Moi aussi je déplore les reformulations actuelles qui me font rechercher sans cesse des versions vintage de l’hb. Cel fait qq années maintenant que l’edt est l’ombre d’elle meme, mais l’hb en edp était très correcte jusqu’en 2010. De nouvelles restrictions ont sans doute encore dû appauvrir la formule de l’hb récemment puisque depuis fin 2011 je trouve aussi l’edp changée dans le mauvais sens du terme, m’empechant ainsi de racheter mon parfum favori et je vis ainsi sur mes reserves de vintage qui baissent dangereusement. et c’est vrai aussi que l’extrait a perdu de sa complexité.
    Cela étant dit, je tiens juste à souligner, pour l’avoir vu en direct, les efforts de thiery wasser et de sylvaine delacourte pour essayer de maintenir la beauté de leurs parfums malgré les directives ifra et le rouleau compresseur LVMH. Ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens du bord, et ne sontje pense pas responsables des changements. Ils sont vraiment passionnés et sincères et on peut au moins reconnaître ça, car c’est important quand meme de le savoir. Après malgré toute leur ferveur, ils ne pevuvent inventer des matières interdites. ca doit d’ailleurs être très frustrant de travailler dans ces conditions.
    Maintenant j’entends partout que Thierry Wasser ouvre le débat et en parle publiquement et ‘espère que ça portera ses fruits pour faire retrouver à l’hb comme aux autres parfums reformulés un peu de leur aura d’antan!

    En attendant je vais m’envelopper d’un nuage d’heure bleue vintage pour supporter ces temps enneigés!

    Sophie.

  10. En décembre dernier, dans un séphora ou nocibé, j’ai entendu une conversation entre un client et une vendeuse: le client cherchait un poudré pour une personne âgée, de préférence un guerlain. La vendeuse n’a pas mentionné l’heure bleue une seule fois et a orienté le client vers je ne sais plus quelle parfum récent… J’ai trouvé ça un peu lamentable!

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